Comme le mois de juin a débuté, on se retrouve pour le “mot de jeune” mensuel après yabai et dasai. Son point commun avec les précédents est qu’il possède aussi seulement trois caractères japonais, キモい (kimoi). Traduisible par “écœurant”, “dégoûtant” ou encore “répugnant”, on va voir que son étymologie est importante pour bien saisir son sens. On y va ! 🙂

Étymologie et évolution du mot kimoi

Kimoi étant un terme récent né dans vers la fin des années 1970 mais qui s’est surtout popularisé chez les jeunes 20 ans plus tard, son orthographe est plutôt libre. Soit tout en hiragana きもい, soit tout en katakana キモイ soit encore un mix des deux キモい. Les jeunes choisissent en général les deux dernières écritures. Quoi qu’il en soit, il s’agit de la contraction de kimochiwarui (気持ち悪い) qui mérite une petite analyse. Littéralement “mauvaise (悪い) disposition/humeur (気持ち)”, il renvoie en fait au départ au fait de ne pas se sentir bien. C’est très souvent lié à la nausée et quand on a envie de vomir, on peut dire ima chotto kimochiwarui (今ちょっと気持ち悪い “Je ne me sens pas bien là…”).

Et c’est ensuite par expansion qu’il a commencé à faire référence à ce qui peut provoquer le dégoût. Par exemple une couleur laide (vert kaki ? :D), une sensation désagréable (chaussette humide), une scène obscène… Et c’est ce sens précis qui a été récupéré avec kimoi. C’est à dire qu’il ne décrit que les apparences (dégoûtant/répugnant) et non un état physiologique (nausée). On peut comparer ça avec l’apparition du mot ouf en français. En effet, celui-ci ne décrit pas l’état clinique d’une personne (un fou dans un asile) mais plutôt une attitude “loufoque/déjantée”. Ah lui, c’est trop un ouf ! 😀

Et donc pour revenir à kimoi, on peut aussi noter qu’il est à l’origine de d’autres termes comme kimokowai (キモこわい “répugnant et qui fait peur”). On a aussi le fameux kimokawaii (キモかわいい “répugnant mais mignon”) qui paraît contradictoire. Mais si on regarde un joli petit carlin (voir photo du dessus), on saisit bien l’idée non ? 😀

Sources : zokugo-dict (étymologie), dic.nicovideo (explications)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.