Prononciation du japonais

Avant toute chose, je m’excuse pour la panne de serveur qui a eu lieu ce samedi matin entre 00h00 et 8h20 environ. Cela m’a contraint de vous prévenir par une notification vers 9h00 qui elle même était un peu ratée (j’avais écrit un court message qui n’était pas lisible).

Mais abordons sans plus attendre le sujet qui nous intéresse, à savoir la prononciation du japonais. Bien qu’il existe déjà un article Wikipedia assez détaillé sur le sujet, je vais avant tout essayer de vous présenter tout ça avec des explications simples qui seront accompagnées de pistes audio. Car même si les descriptions théoriques sont très belles, encore faut-il bien comprendre comment cela rend dans les faits !

1) Les voyelles phonétiques japonaises

En japonais, les voyelles phonétiques se comptent à l’aide d’une seule main car elles ne sont que cinq. Pour information, on en dénombre seize en français ! Du coup, prononcer le japonais ne pose en principe que peu de problèmes pour les francophones. Cela ne veut pas dire que parler un japonais naturel est du gâteau pour autant car il y a aussi d’autres paramètres qui rentrent en jeu comme le rythme et l’intonation. Trêve de bavardages, voici donc nos cinq voyelles :

a , i, u, e, o. Enfin ça, c’est la manière où on les transcrit en alphabet romain que l’on appelle communément rômaji. Il faut juste savoir que le « e » se prononce comme un é/è et que le « u » entre notre « u »et « ou ». Sauf dans certains cas par exemple quand la terminaison d’un verbe se finit par su où il est muet (excepté quand on veut insister dessus dans un langage très soutenu). Voici quelques exemples pour que vous compreniez :

Comme vous pouvez le constater, on n’entend pas le u dans desu et le e ressemble au è de mère. Pour kubi par contre, on entend distinctement le u qui es plutôt proche de notre ou . Enfin pour karate, vous remarquerez que le e s’entend comme le é de bébé. Je n’ai pas trouvé de règles précises concernant la distinction entre é et è en japonais. Il n’existe pas d’opposition entre ces deux sons de toute façon dans la langue nippone donc les japonais n’en ont tout simplement pas conscience.

Les voyelles longues (ou accentuées)

Dernière chose : l’accentuation. En japonais, sauf rares exceptions (fin d’un verbe à l’infinitif par exemple), quand un « u » (う) est placé derrière un « o » (お) ou un autre « u », il va accentuer ce dernier. C’est à dire que le son va s’en trouver allongé et on met à l’écrit un chapeau (ô) ou un trait vertical (ō) pour l’indiquer. De la même façon, un « i » (い) allonge un « e » (え) lorsqu’il est placé après. On ne met cependant pas d’accent en général dans ce cas et on transcrit « ei » en rômaji. Voici encore une fois quelques exemples :

Pour le mot gakusei, vous remarquerez qu’on n’entend quasiment pas le son « u » e que le « e » est allongé contrairement à karate. J’ai choisi sinon kûkô car il faut bien accentuer chaque voyelle ce qui est un bon exercice. Enfin, dorobô n’a que le dernier ô d’accentué ce qui n’est pas forcément évident à déceler. On passe maintenant aux consonnes ! 🙂

2) Les consonnes japonaises

Tout comme les voyelles, les consonnes japonaises ne posent pas trop de problème en général pour un francophone. Sauf peut être le « h » qui est aspiré comme en anglais et la more fu où le « f « se prononce comme si on soufflait une bougie. Voici quelques exemples :

J’ai choisi ici furansu (France) pour vous montrer qu’un su final ne se prononce pas forcément « ss ». Les deux autres qui sont hon (livre) et aho (abruti/idiot) posent en général quelques problèmes, surtout le premier. Lorsque c’est un français qui le prononce, ça ressemble souvent au « onne » de « bonne » ou à un « on ne ». C’est un peu entre les deux selon moi même si ça varie en fonction des régions du Japon encore une fois.

Pour les autres consonnes, il faut simplement retenir les règles suivantes :

  • le « sh » (exemple : shûkyô) se prononce comme le « ch » de chat.
  • le « ch » (exemple : shichimenchô) se prononce comme le « tch » de atchoum.
  • le « g » (exemple : megane) se prononce toujours comme un le « g » de gâteau. Enfin, il peut être nasalisé ce qui s’entend comme un « ng » mais ça dépend des régions donc n’y accordez pas une grande importance.
  • le « r » (exemple : karasu) est plus proche de notre « l » que de notre « r » français. geL’opposition l/r n’existe pas en japonais, ce qui leur pose quelques problèmes quand ils apprennent notre langue.
  • le ん « n » (exemple de hon au dessus) se prononce comme un « m » quand il se trouve devant un « p », « b » ou « m ». Moi j’ai été habitué à toujours le transcrire avec la lettre « n » en rômaji mais certains préfèrent le « m » comme pour gambaru (がんばる) afin d’indiquer que cela se prononce bien avec le son « m ».

Pour les trois premiers mots, vous devriez entendre le son « m » et non le son « n ». Pour genki par contre, cela ressemble davantage à un « n ».

Les consonnes doubles

Dernière chose : il arrive fréquemment que l’on trouve des consonnes doubles avec la présence en japonais d’un petit tsu (っ). En rômaji, on écrit simplement la consonne deux fois (shokki, nippon, kusshôn…). Il faut dans son cas retenir son souffle avant la prononciation de la consonne qui suit le tsu. C’est assez important car le sens peut s’en trouvé complètement changé en cas d’oublie. Tenez, écoutez :

Shoki (初期) signifie première période/phase alors que shokki (食器) « vaisselle/couverts ». Attention à bien faire la différence entre une voyelle longue et le doublement d’une consonne. Kûki (空気) signifie ici « air/ambiance » alors que kukkî (クッキー) le « cookie ».

Conclusion

Voilà ce que cela donne donc dans les grandes lignes pour la prononciation du japonais. Il existe bien évidemment quelques irrégularités comme la particule ha (は) qui se prononce « wa » tout comme le ha de konnichiha (こんにちは). Celles-ci sont plutôt rares cependant !
Je conseillerai en tout cas pour ceux et celles qui se lancent dans l’apprentissage du japonais d’oublier rapidement les rômaji pour plus d’efficacité. Si je les utilise sur ce blog, c’est avant tout pour que les articles soient compréhensibles par tout le monde :).

Ah oui, je n’ai pas abordé l’intonation car cela s’apprend surtout naturellement selon moi. Et puis je me répète mais cela dépend encore une fois de la région dans laquelle on se trouve. La preuve avec le mot hashi (箸 « baguettes ») prononcé par sept japonais différents :

Sources : ja.forvo.com (excellent site participatif où vous trouverez pour chaque mot une plusieurs voix différentes), livre Parlons Japonais A1 édité par PUG (ouvrage bien fait que j’aurais tendance à recommander pour les débutants)

4 commentaires

  1. Parfait !
    Je revois mes bases tout en lisant un article, on peut pas rêver mieux ! Juste une question, je pensais pour ma part que le う qui accentuait un autre うou un お se trouvait derrière et non pas devant ?
    ☆Cordialement☆ 

    • Merci pour votre commentaire. Vous avez parfaitement raison, c’est moi qui confond toujours devant/derrière quand je parle de lettres/mots. Je n’arrive jamais à m’y faire ! Ah ah. J’ai corrigé du coup 🙂

  2. pierrette

    Merci beaucoup je ne sais pas si je vais continuer longtemps le japonais mais pour le moment j’ai envie d’en savoir davantage avec les Ghibli etc..

  3. pierrette

    Par contre j’ai un souci avec aéroport international l’audio pas facile,

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