Le mois dernier, suite à l’article de Jimmy sur mikka-bôzu, j’avais décidé de vous décrire plus en détail le mot bôzu signifiant “bonze” et par extension “chauve”. Et l’un d’entre vous m’a alors demandé d’aborder les umibôzu (海坊主).  Je vais décrire brièvement dans un premier temps ces créatures folkloriques pour ensuite essayer de comprendre ce qui a pu inspirer leur création.

Description des umi-bôzu et hypothèses concernant leur origine

Comme le kanji de la mer 海 (umi) l’indique, 海坊主 fait directement référence à des “chauves marins“. Plus précisément à des créatures sans cheveux qui surgissent en pleine mer en général durant la nuit. Alors juste une précision à propos du terme umibôzu, il faut savoir qu’il est en fait assez large et que c’est plutôt une catégorie de yôkai (妖怪 “créature mystique”). On trouve ainsi tout un tas de descriptions et cela va d’un monstre pouvant atteindre plus de 10 mètres à un colosse de taille humaine.

De plus, bien que ses intentions soient quasiment toujours néfastes pour l’homme (il adore détruire les navires apparemment !), on observe là encore des variations au Japon en fonction de la région. Dans le nord-est, on a par exemple pour coutume de donner en offrande aux dieux le premier poisson pêché. Si cette règle n’est pas respectée, un umibôzu apparaît pour détruire le bateau et s’emparer du capitaine. Dans la région de Miyagi, on dit qu’il peut même se transformer en belle femme pour tromper les hommes. Décidément, il a tous les vices !

Ce qui est intéressant, c’est que le umibôzu se retrouve dans d’autres cultures et notamment au Danemark avec le sea monk. Et apparemment, on pense depuis le 19ème siècle qu’il s’agissait tout simplement d’un calmar géant. Comme celui-ci peut atteindre plus de 5 mètres avec ses tentacules, c’est assez plausible. Il existe d’autres hypothèses comme celle d’un dauphin joueur, un orque agressif ou encore une grosse baleine. Enfin, cela pourrait être un phénomène naturel comme un gros nuage ou une vague scélérate. Mais vu que le umibôzu aime apparaître la nuit, difficile de le distinguer ! 😀

Il a en tout cas réussi à s’infiltrer dans la culture populaire japonaise car on le retrouve dans de nombreux mangas : City Hunter, Naruto, Gintama, Lovely Complex… Ainsi, il fait encore beaucoup parler de lui même de nos jours. 🙂

Sources : Ja.Wikipedia (description et généralités), Detail.Chiebukuro (hypothèses)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture à laquelle elle fait partie.