Dans un précédent article, je vous avais parlé du verbe yaku (焼く) signifiant “brûler/cuire”. Dans un autre encore plus ancien, j’avais aussi parlé du mochi (餅), cet “amas de riz gluant”. Aujourd’hui, c’est leur fusion dont il est question avec le mot yakimochi (焼餅). Littéralement “mochi grillé”, pourquoi celui-ci signifie t-il aussi “jalousie” ?

Origine du mot yakimochi et définition

Yakimochi possède deux principales écritures : 焼餅/焼き餅 et ヤキモチ. Si vous tapez la première dans Google Images, vous tomberez sur des photos de mochi grillés. Par exemple, ce genre d’illustration :

Hmm, deux bons mochi grillés au barbecue… 😀

Par contre, si vous avez recours aux katakana ヤキモチ, c’est la jalousie qui est cette fois-ci illustrée. Cette variante en katakana est en réalité plus récente puisqu’à l’origine, il n’y avait aucune ambiguïté : yakimochi, c’était le mochi grillé à l’instar du yakizakana (焼き魚 “poisson grillé”). Comment expliquer cette évolution ?

Eh bien le verbe yaku signifie aussi “jalouser” lorsqu’on l’écrit avec le kanji 妬 (妬く). Mais pourquoi mochi alors ? Probablement parce que kimochi (気持ち) veut dire “humeur/sensation/émotion”. Ainsi, yaku kimochi (妬く気持ち ) aurait donné yakimochi (妬き持ち). A priori, il n’y aurait donc pas vraiment de rapport avec notre fameux mochi (餅) à la base. Même si certains pensent qu’un mochi grillé ressemblerait à un visage jaloux.

Avec un peu d’imagination, on peut obtenir n’importe quoi ! 😀

Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas ici de n’importe quelle jalousie puisque c’est celle qui se rapporte aux sentiments amoureux. Par ailleurs, yakimochi renvoie à l’image d’une jalousie légère qui s’apparente au capriceKawaii yakimochi (かわいいヤキモチ) : une jalousie “gentillette/mignonne”. Pour la vraie de vraie, c’est plutôt le mot shitto (嫉妬 avec le 妬 de 妬く) qui est employé. Elle est en effet davantage teintée de haine et va au delà du partenaire. Mais je ne vous en dis pas plus, on verra ça dans un prochain article ! 🙂

Sources : Gogen-allguide (étymologie), yokata-kenichi (différences avec shitto)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.