Sans trop qu’on sache toujours pourquoi, il y a certains mots qui s’exportent bien à l’international. On a par exemple le français (sentiment de) “déjà-vu”(デジャブ dejabu) ou encore l’anglais “bye-bye” (バイバイ baibai). En japonais, si on excepte les termes culturels comme les noms de plats, les arts et le sport, il arrive aussi que des mots soient empruntés tel quel. On va voir aujourd’hui le cas de 津波 (tsunami) qui méritait bien son article lui aussi.

Étymologie du mot tsunami et début de son utilisation à l’étranger

津波 est composé logiquement du kanji de la vague 波 (nami) car il s’agit à chaque fois d’une vague. La grande question est maintenant de savoir pourquoi on a choisi 津 qui signifie “port” et non pas “côte” ou “bord de mer” par exemple. D’une part, il faut savoir que bien que 津 désigne tout comme 港 (minato) le port dans son sens “endroit où se réunisse des bateaux”, il renvoie plus largement aussi à la côte/rivage (岸 kishi). C’est pourquoi beaucoup de noms de lieux japonais situés en bord de mer finissent par le kanji 津. Mais il existe une autre raison plus intéressante : quand la mer est très agitée pour des raisons climatiques, le rivage est touché mais aussi évidemment les bateaux situés aux larges.

Avec un tsunami toutefois, il n’est pas rare que seul le port soit touché. Cela expliquerait donc ce choix de 津 afin de préciser que “seuls les bateaux qui se trouvent au port” sont vraiment impactés par la vague. On trouve dés 1611 des écrits en japonais sur cette “vague portuaire”, ce qui montre que déjà à l’époque, on avait remarqué qu’elle n’était pas tout à fait normale. En français, on avait pour habitude d’employer “raz-de-marée” qui regroupait beaucoup de phénomènes de submersion marine. Mais comme à l’instar de l’anglais tidal wave il était trop imprécis, on a décidé d’officialiser tsunami en 1963.

Cela ne correspond pas à l’année à partir de laquelle on a commencé à utiliser en Occident puisque sa popularisation remonte à 1946. Le premier avril, un tsunami de grande ampleur a frappé les Îles Aléoutiennes en Alaska et c’est lors de cet événement qu’on a prononcé à haut et fort le terme à Hawaï (où il y avait beaucoup de japonais). Celui-ci a tellement marqué les esprits par sa puissance (on n’explique apparemment toujours pas pourquoi les vagues étaient si hautes) que le mot a perduré.

Autre source : ja.wikipedia (étymologie et généralités), futura-sciences (illustration)

 

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.