La poitrine, c’est techniquement selon le Larousse la “partie du tronc entre le cou et l’abdomen”. C’est également un terme plus élégant et neutre que “seins” et l’expression “avoir une belle poitrine” n’accuse d’aucune ambiguïté. Cela ressemble étrangement au japonais mune (胸) qui contient bien ces deux notions. Mais que symbolise t-il d’autre ?

Origine du kanji de mune et image renvoyée

Mune s’écrit avec le kanji 胸 lorsqu’il décrit la partie du corps humain correspondant à la poitrine (même définition en japonais). Celui-ci est composé de la clé 月 (chair) que l’on retrouve dans la plupart des organes : 肺 (hai : poumon), (hara : ventre/abdomen)… L’idéogramme à droite est un peu plus complexe à analyser. Plusieurs sources que j’ai trouvées indiquent qu’il s’agirait d’une poitrine avec une croix au milieu. Cette croix était apparemment gravée uniquement sur les morts afin d’éviter qu’un mauvais esprit ne vienne s’infiltrer dans le corps. :S

Image tirée du site Huusenn

Quoi qu’il en soit, il existe une dimension spirituelle avec mune puisque dans la plupart des expressions usuelles, il a le sens de “pensées/esprit/âme“. Par exemple, mune ga itamu (胸が痛む) a un double sens. Littéralement “avoir mal à la poitrine”, elle peut en effet vouloir dire “s’inquiéter énormément” ou encore “avoir pitié de”. C’est l’esprit qui souffre ici devant une situation insupportable. Dans la même logique, mune ni kiku (胸に聞く) signifie “interroger sa conscience”.

C’est donc une place d’unité centrale que l’on réserve à cette partie du corps. Il faut savoir qu’on ne savait pas autrefois que ce rôle était plutôt réservé au cerveau. Mais la langue s’en fiche parfois des avancées scientifiques, non mais ! :D.
Et puis ne vous inquiétez pas, mune n’est pas toujours ambigu. La proposition mune ga ookî desu ne (胸が大きいですね) n’a par exemple aucun rapport avec le fait d’avoir de “grandes pensées”. Je vous laisse donc déduire de quoi il s’agit ! ^^

Sources : 47news.jp (à propos du kanji 胸), ja.wikipedia (généralités)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture à laquelle elle fait partie.