Yahari (矢張り) : ah, j’en étais sûr, venant de lui…

Voici un mot de vocabulaire japonais qui vous sera utile et que les japonais utilisent à toutes les sauces : yahari (矢張り). Souvent très difficile à traduire, cet adverbe signifie dans les grandes lignes “comme prévu”. Mais comment expliquer la présence du kanji de la flèche et dans quels contextes employer ce mot ?

Explications sur les kanjis de Yahari et définition

矢張り est composé du kanji de la flèche 矢 (ya) et du kanji 張 (ha) qui signifie “étirer, allonger”. En réalité, il ne faut pas chercher de sens là dedans : yahari très souvent employé à l’oral s’écrivait au départ en hiragana. On a décidé par la suite d’ajouter des kanjis qui collaient avec la prononciation. On appelle ça des ateji (当て字). Dans les faits, on trouvera ce mot la plupart du temps écrit en hiragana, c’est à dire やはり.

L’origine de cette expression étant incertaine, abordons sa définition à partir d’un dictionnaire japonais. On obtient deux sens principaux :

  • 1)予測したとおりになるさま。Ce qui se passe comme prévu.
  • 2)さまざまに考えてみても、結局は同じ結果になるさま。 Quand on arrive au résultat initial même après diverses réflexions.

Voyons maintenant comment ça se passe dans la vie de tous les jours.

Usage de Yahari en situations concrètes

On peut remarquer qu’à chaque fois, on fait appel à sa propre expérience personnelle ou au sens commun pour utiliser ce mot. Yappari kare ha mata furareta n da. (やっぱり彼はまたふられたんだ。) . Il s’est encore fait plaquer (comme d’habitude/ c’était prévisible). Ici, on a utilisé la variante oralisée yappari qui peut aussi devenir yappa (やっぱ). Par ailleurs, le mata (また “encore”) est presque superflu parce que yappari indique déjà qu’il est coutumier du fait.

Allez, c’est pas si grave de se faire plaquer… :S

Il arrive parfois que la nuance qu’il indique soit difficile à rendre naturellement en français. Du coup, ne pas traduire est parfois la meilleure solution. Rikô na yô de mo yahari kodomo ha kodomo da (利口なようでもやはり子供は子供だ) “Même en apparence futé, un enfant reste (est finalement) un enfant”. Dans cette phrase, on se base sur le sens commun (un enfant ne peut raisonner comme un adulte) pour affirmer ce qu’on dit.

Enfin, lorsqu’on hésite entre plusieurs choix pour revenir sur celui initial, yahari est fréquemment employé. Par exemple, au moment de choisir son plat au restaurant. Yappari oyakodon ni shimasu. (やっぱり親子丼にします。). Je choisis finalement/en fin de compte un oyakodon. Ici, on suppose que le locuteur a en premier lieu pensé à l’oyakodon. Il a ensuite hésité avec d’autres plats pour finalement revenir en arrière. Le japonais, la langue des détectives ? 😀

Sources : detail.chiebukuro (étymologie), dictionary.goo (dictionnaire japonais)

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