Wagamama (我儘) : l’égoïsme d’agir selon ses envies

Wagamama, en voilà un mot intéressant. Il a l’air un peu enfantin comme ça et on est pas très loin de la réalité. Car ce qu’il désigne est l’égoïsme ou encore le caprice propre aux enfants. Comment s’emploie t-il ? Les japonais sont-ils réellement capricieux ?

Analyse et significations de wagamama

Wagamama s’écrit en kanji 我儘 mais on le retrouve souvent en hiragana わがまま. 我 signifie “le moi” et 儘 “tel quel/comme”. L’idée qui en ressort est “d’agir comme on pense/selon ses envies”. C’est donc une forme d’égoïsme quand cela intervient dans la sphère public car on ne prend pas l’avis des autres en compte. Cela peut également s’apparenter à des caprices car il s’agit souvent d’une volonté soudaine et irréfléchie.

Vous l’aurez compris, cela ressemble beaucoup au caractère d’un enfant gâté. On dit d’ailleurs wagamama na kodomo (わがままな子供) “un enfant capricieux”. Et comme les adultes sont parfois des grands enfants qui n’en font qu’à leur tête, wagamama est également employé avec eux. Attention toutefois car cela est relatif : le simple fait de ne pas écouter ses parents est souvent décrit comme un “comportement capricieux” wagamama na kôi (わがままな行為). Cela ne nous indique pas si c’est légitime ou non d’où les traductions possibles “obstiné/entêté” qui sont plus neutres.

Notre mot du jour s’utilise par ailleurs comme un nom. Wagamama wo iu (わがままを言う) : dire des caprices/parler en égoïste. Un terme bien pratique en somme qu’on peut ressortir dans toutes les situations 🙂

Le shiba inu, c’est le maître en matière de wagamama, cherchez pas… 😀

Les japonais ne seraient pas un peu wagamama par hasard ?

Je ne me risquerai pas à qualifier un peuple entier avec un seul adjectif mais la question est tout de même intéressante. On pourrait la poser autrement : la société japonaise ne favorise t-elle pas l’émergence d’individus qui agissent comme des enfants gâtés ?

On avait déjà vu avec l’article sur les fils aînés (chônan) que l’éducation joue un certain rôle. Un enfant qui a toujours été le centre du monde va agir comme un roi en société, avec une attitude souvent détestable. Dans un pays où l’indice de fécondité est de seulement 1,40 enfants par femme (chiffres de 2015) et dans lequel on procrée de plus en plus tard, les enfants uniques sont de moins en moins rares. Ils restent cependant minoritaires (environ 15%), n’exagérons donc pas le phénomène.

Mais il existe un autre domaine qui fait débat : la relation vendeur/client. Au Japon, on dit que “le client est dieu”. Ca veut dire ce que ça veut dire : il peut théoriquement se permettre tous les droits. Aujourd’hui, j’ai d’ailleurs été témoin d’une scène cocasse au restaurant : une femme d’environ 50 ans était excédée d’avoir attendu 15-20 minutes que son plat soit servi. Et elle n’a pas hésité à le faire savoir au serveur d’un ton méprisant. A force d’habituer le client à un service irréprochable et à sens unique, n’en fait-on pas un être ingrat incapable de voir plus loin que le bout de son nez ?

Sources : kotobank (dictionnaires en japonais), excite.co.jp (à propos des enfants uniques)

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