Konkatsu (婚活) : ce qu’il ne faut pas faire pour se marier !

Au Japon, le mariage est toujours vu comme une nécessité lorsqu’on veut fonder une famille. Concevoir un enfant hors mariage est en effet quelque chose de très rare (on parle de moins de 2% des cas). C’est dans ce contexte que l’idée de faire toute sortes d’activités dans le but de se marier est née. Et c’est le mot konkatsu (婚活) qui est employé pour décrire ces activités.
Quelle est son origine et à quoi se réfère t-il concrètement ?

Origine du mot konkatsu

Konkatsu s’écrit en kanji 婚活 qui est la contraction de kekkon katsudô (結婚活動). Littéralement, cela donne “activités du mariage” mais il faut le comprendre comme “activités dans le but de se marier”. Il a été inspiré directement de shûshoku katsudô (就職活動) abrégé lui aussi shûkatsu (就活). Traduction : “activités pour trouver un emploi”, c’est à dire l’écriture de CV, les entretiens…

Cette comparaison étroite entre l’obtention d’un mariage et d’un boulot est évidemment sujette à de nombreuses critiques au sein du Japon même. Car en temps normal, c’est l’amour qui “devrait” conduire à un mariage et non l’inverse. Et dans le cas du konkatsu, on dresse en général des critères très précis comme l’âge et le salaire de l’individu. Comme on le ferait lorsqu’on cherche à acquérir une voiture ou un appartement en somme. Ah tiens lui, c’est une bonne affaire ! 😀

Voici une pub de konkatsu destinée aux médecins et hauts dirigeants. Du haut vol ! 😀

Si le mot konkatsu est apparu aussi tardivement (2007 selon Wikipedia), c’est entre autre parce qu’on se marie de plus en plus tard au Japon. En 1950, l’âge moyen du premier mariage était de 25,9 ans pour les hommes et 23 ans pour les femmes. Celui-ci est passé respectivement à 31,1 ans et 29,4 ans en 2015. Il existe diverses raisons à cela et la principale semble économique.

Car oui, selon une étude réalisée en 2010, les japonaises aimeraient dans l’idéal que leur conjoint gagne au moins 35-40 000€ par an. Hors, c’est le cas de seulement 4,9% des hommes âgés de moins de 50 ans. Du coup, il faut se retrousser les manches pour trouver l’homme “idéal” et konkatsu suru (婚活する “faire de la recherche de conjoint en vu d’un mariage”).

Le konkatsu, c’est quoi concrètement ?

Derrière le mot konkatsu, il existe toutes sortes d’activités précises et je vais en citer quelques unes. La première s’appelle omiai pâtî (お見合いパーティー) qui correspond à une fête composée uniquement de personnes souhaitant se marier. On remarque la présence du terme omiai qui est destiné traditionnellement aux mariages arrangés. Enfin là, c’est un peu de ça qu’il s’agit… ^^

Pour ceux et celles voulant des conseils personnalisés, il existe les fameux kekkon sôdansho (結婚相談所). Littéralement “lieu où on discute mariage”, cela fonctionne comme des cabinets de conseil. Ils proposent en général plusieurs services. On a par exemple la simple consultation avec un coach/psychologue qui vous donnera des conseils avisés. Ou encore un système comme Meetic où vous laissez votre profil (âge, salaire… :D) en espérant être contacté.

Photo provenant de l’école Hanamuko. Ça rigole pas apparemment ! 😀

Enfin, il existe même des écoles comme celle hanamuko gakkô (花婿学校 “école des nouveaux mariés”) située à Nagoya. Dans celle-ci, on organise des séminaires qui sont centrés avant tout sur la capacité à communiquer. Car avec l’émergence du mouvement #metoo, fini de foncer dans le tas ! C’est nul je sais mais ça m’a échappé… :p

Sources : Ja.wikipedia (généralités), hanamuko.com (la fameuse école)