Mimikaki (耳掻き) : le curage d’oreille et le cure-oreille japonais

En me rendant sur le site Slate, je suis tombé par hasard sur un article abordant le mimikaki (耳掻き). Celui-ci aborde certains aspects intéressants mais mon attention s’est portée sur la traduction de “nettoyage d’oreilles”. Je vais donc expliquer pourquoi je trouve cela beaucoup trop imprécis tout en apportant des informations sur son origine.

Origine du mimikaki et émergence récente de la pratique

Mimikaki s’écrit en japonais 耳掻(か)き où mimi 耳 désigne l’oreille et kaki 掻き l’action de gratter/curer. Ce dernier vient du verbe kaku (掻く) qui lorsque employé avec une partie du corps signifie dans son sens premier “gratter (avec ses ongles)“. Et on sous entend fortement que c’est suite à une démangeaison. Ainsi, il faut bien garder en tête que mimikaki selon le contexte peut aussi avoir le sens de “grattage d’oreille“. Pour lever toute ambiguïté, on emploie plutôt mimi-sôji (耳掃除) pour le nettoyage d’oreille en général.

Mais mimikaki, c’est avant tout l’accessoire spécifique qui permet le curage des oreilles. Celui-ci ressemble à un pic qui peut être en bambou ou en métal avec l’extrémité incurvée pour l’extraction du cérumen. Ce “cure-oreille” aurait pour origine le kanzashi (簪) qui est un ornement assez long et fin porté dans les cheveux par les femmes. Bien qu’il remonte assez loin aux alentours du 12ème siècle, c’est le noble Takahashi Tonan qui aurait eu l’idée vers 1720 d’en faire un cure-oreille. Pas de rapport avec une geisha imaginaire donc. Par contre, il est possible que ce monsieur ait eu quelques problèmes avec sa femme par la suite… 😀

Voici ce qu’on appelle le “mimikaki kanzashi” qui possède donc une double fonction. Quel inventeur de génie ce Takahashi ! 😀

Quoi qu’il en soit, lorsqu’on parle de la coutume du mimikaki, c’est forcément en relation avec ce cure-oreille. Un peu comme on avait vu pour hamigaki qui signifie aussi bien “dentifrice” que “brossage de dents”. Par ailleurs, le ministère de la santé japonais considère depuis 2005 que le mimikaki n’est plus un traitement médical. C’est pourquoi depuis cette date, n’importe qui peut s’adonner à la pratique entraînant sa popularisation. Les boutiques spécialisées sont en général les moins chères, c’est à dire environ 1000 yen (environ 8€) pour 10 minutes. Cela vous tente ? 🙂

Sources : ja.Wikipédia (histoire et généralités), mimisoji.web (à propos du kanzashi)