Maitta (参った) : alors là, on peut dire que j’ai perdu…

Depuis la reprise de Kotoba en début août, je n’ai pas abordé avec vous d’expressions employées spécifiquement à l’oral. Et pourtant je les affectionne particulièrement parce qu’elles sont directement utilisables pour peu que vous communiquiez en japonais. Aujourd’hui, il s’agit d’une expression particulièrement utile que j’ai choisi : まいった (maitta). Je vais comme d’habitude faire une petite analyse pour ensuite donner des exemples en la comparant à d’autres expressions similaires.

Analyse de l’expression maitta et signification

Maitta s’écrit la plupart du temps en hiragana まいった mais vous pouvez aussi la trouver sous la forme 参った. J’ai été surpris au début en découvrant le verbe 参る (mairu) puisque pour moi, il sonne surtout comme un 謙譲語 (kenjôgo). C’est à dire “langage de modestie” qu’on utilise en général pour parler de ses propres actions en se plaçant plus bas que l’interlocuteur. Il signifie alors en fonction du contexte 行く (iku “aller”) ou 来る (kuru “venir”). Sauf qu’à l’origine, mairu signifie “se rendre/reconnaître sa défaite” et c’est pour ça d’ailleurs qu’il est devenu par la suite un kenjôgo. Car on s’incline devant son interlocuteur en lui reconnaissant un statut supérieur.

Quoi qu’il en soit, l’expression maitta renvoie plutôt au sens de “admettre sa défaite”. D’ailleurs au départ, on l’utilisait surtout apparemment dans les sports de combat comme le judo et le kendo. Vous l’aurez deviné, c’est lorsqu’on se retrouve dans une situation critique où on est obligé d’admettre sa défaite. On crie alors “maitta ! pour éviter de se faire broyer davantage. 😀
Ce qui est intéressant, c’est que cette expression est rentrée dans le langage courant avec donc un sens élargi. C’est à dire dans un cas de figure où on se sent impuissant et qu’on a envie de le dire. まいったなあ、この渋滞には (maitta naa, kono jûtai ni ha) : ah cet embouteillage, qu’est ce que c’est embêtant

Scène culte de Dragon Ball Z ou Goku admet sa défaite face à Cell en plein milieu du combat.

Par ailleurs, il existe une autre expression similaire qui est 困った (komatta). Elle provient du verbe komaru (困る) signifiant “être embêté/embarrassé”. On a donc davantage ici un sentiment d’embarras face à une situation déplaisante mais pas désespérée non plus. La belle mère qui débarque à l’improviste par exemple ! ^^.
On peut donc la traduire par “fait chier!/putain!/et merde !”, ce qui est aussi le cas avec maitta. Et zut, voilà que je deviens grossier maintenant… oO

Sources : Kotobank (dictionnaire japonais), detail.chiebukuro (différences maitta/komatta)

 

2 réponses

  1. bonjour j’avais toujours entendu “ma ikka” grace a vous vela donne un sens plus concret. j’aurais voulu connaitre la différence dans ce cas avec “負けた”. par ailleurs est-ce un ateji dans carotte 人参 ?

    1. Alors bonnes questions déjà. Pour le “ma, iikka”, cela existe vraiment et cela s’écrit en japonais ま、いいっか.
      Le sens est assez différent puisqu’on emploie cette expression pour dire “allez, ça fait rien/je laisse passer pour cette fois/si ça lui fait plaisir…”
      Donc lorsqu’on est plutôt contrarié mais qu’on met de l’eau dans son vin en gros. Par exemple, un mari qui achète un instrument de musique coûteux. Sa femme est contrariée en voyant le prix mais ce dernier a l’air heureux avec, elle dit “ま、いいっか”. C’est une situation que j’ai trouvée sur le net ici : https://eikaiwa.dmm.com/uknow/questions/1422/

      Pour 負けた, cela veut dire simplement “avoir perdu” (au passé) et on le dit davantage après coup. Du style “ah, j’ai perdu…”. Alors que 参った, c’est plus dans le sens “je me rends/j’abandonne”. Et à l’exception des sports de combat, cela peut être lors d’une partie d’échec ou de shôgi où on peut deviner l’issue de la partie en calculant à les coups à l’avance. Bref, les deux indiquent une défaite après, c’est juste qu’ils ont un emploi légèrement différent.

      人参, j’avais fait un article dessus (ninjin). C’est effectivement un ateji je pense (car il ne se prononce pas “jin” d’habitude) mais il a un sens radicalement différent dans ce contexte. Comme beaucoup de kanjis polysémiques c’est difficile de lui attribuer une idée précise tant son sens à évoluer au fil de l’histoire. C’est pour ça que je précise toujours “ici” quand je parle du sens d’un kanji, car dans un autre contexte, ça peut être toute autre chose. C’est pourquoi on ne conseille pas d’essayer de retenir les kanjis un à un (avec tous leurs sens et leurs prononciations) mais plutôt directement dans des mots.

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