Zayaku (坐薬・座薬) : le suppositoire, cela se prend assis ?

Selon Le Larousse, un suppositoire est une “forme médicamenteuse destinée à être introduite par la voie rectale”. Bien qu’il existe diverses hypothèses quant à son étymologie, la plus probable est suppositum qui signifie en latin “placé dessous”. En japonais, la logique semble un peu différente puisque zayaku (坐薬) signifie littéralement “médicament assis”. Pourquoi ce choix ?

Analyse du mot zayaku et image au Japon

Zayaku peut s’écrire en kanji de deux manières différentes : 坐薬 ou 座薬. Si vous vous souvenez bien, j’avais déjà abordé le cas du kanji 坐 (position assise) avec le mot zazen (坐禅). Comme celui-ci ne fait pas partie de la liste des jôyô kanji établie en en 1981, on doit en principe utiliser 座 à la place. Cependant, bien que pour zazen, on utilise majoritairement aujourd’hui le kanji 座, il existe une résistance avec zayaku. Un peu comme nos réformes de l’orthographe ou certains changements (comme oignon –> ognon) ont eu du mal à passer. Ainsi, sur les emballages de suppositoire, vous trouverez le kanji 坐 encore aujourd’hui.

Il est inscrit 坐剤 (zazai) avec pour mention à côté のまないこと “ne pas boire”.

Comme vous pouvez le voir sur la photo, il est écrit 坐剤 (zazai) qui possède le même sens que 坐薬 (zayaku). Les kanji 剤 et 薬 désignent en effet respectivement “substance” et “médicament”. Le premier est ainsi légèrement plus scientifique et on utilise davantage zayaku dans le langage courant. La grande question est maintenant “pourquoi le kanji 坐 ” ? Ne riez pas, elle revient souvent sur le net japonais ! Avec la fameuse légende de la grand mère qui ne comprenant pas comment le prendre l’aurait avalé en s’asseyant au préalable… :S

En fait, c’est parce qu’il serait difficile d’insérer un suppositoire lorsqu’on est debout. Si on plie un peu les jambes, c’est un peu plus simple. J’avoue que cette explication ne me convainc pas forcément et je pense que c’est plus une question de honte qu’autre chose. On aurait pu choisir un kanji plus explicite ! 😀
Il faut savoir qu’au Japon, le suppositoire est finalement plutôt récent (début du 20ème siècle). Et s’il a mis du temps à être “introduit”, c’est parce qu’il s’insère par la voie rectale, chose qui semble encore difficile pour beaucoup de japonais. Le thermomètre est un bon exemple, c’est toujours sous les aisselles au Japon ! 🙂

Source : detail.chiebukuro (discussion sur le refus de prendre un suppositoire)

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2 réponses

    1. Effectivement, je suis revenu à mes anciens démons en traduisant automatiquement nomu par boire. Ah ah. Pour l’anecdote, c’est en troisième année de licence qu’un prof nous avait fait la remarque. “Vous savez, même des verbes qui vous paraissent évident comme nomu ne le sont pas forcément”. Et c’est lui qui avait suggérer “gober” justement. Je trouve personnellement que c’est un peu dommage qu’on ne s’attarde pas davantage sur le vocabulaire à l’université, on nous donnait des listes de mots à apprendre bêtement par cœur. Et lors de l’examen à l’oral, on avait un exercice qui consistait à donner la traduction de plusieurs mots prononcé les uns à la suite des autres par la prof. Ca nous encourageait encore une fois à apprendre des traductions par cœur sans rien approfondir…

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