Yôchien (幼稚園) : une école maternelle ou un jardin d’enfants ?

En France, bien que l’école maternelle ne soit pas obligatoire, la quasi totalité des enfants de 3 à 6 ans y sont scolarisés (selon le ministère de l’éducation). On aurait en effet tort de s’en priver car elle est d’une part gratuite et d’autre part prépare au CP. Au Japon, son équivalent semble être la yôchien (幼稚園). En quoi diffère t-elle de chez nous ?

Origine du mot yôchien et état des lieux au Japon aujourd’hui

Yôchien s’écrit en kanji 幼稚園 où 幼稚 signifie “puéril/enfantin” et 園 “jardin”. C’est pourquoi la traduction littérale la plus proche est “jardin d’enfants”. Ce mot est d’ailleurs une traduction direct de l’allemand kindergarten et daterait de 1876. Nous allons voir que ce n’est pas anodin car le système éducatif japonais s’est surtout inspiré de celui allemand durant cette période.

La première similarité avec le système allemand est que la yôchien n’est pas obligatoire et payante. Au Japon, selon les chiffres de 2012, le coût moyen annuelle est de 132 000 yen dans le public (environ 1000€) et 340 000 yen (environ 2600€) dans le privé. Et oui, ce n’est pas rien, surtout surtout lorsque l’on sait que les écoles privées sont majoritaires (63% environ). De fait, en 2013, seuls 54,8% des enfants de 6 ans étaient scolarisés en yôchien. Les autres vont en crèches hoikuen (保育園) qui proposent des horaires plus flexibles avec une absence de vacance scolaire.

Exemple d’une yôchien privée au Japon (Takakura Kindergarten).

A ce sujet, il faut savoir qu’il n’existe pas une différence énorme entre les yôchien et les hoikuen au Japon. En principe, seules les premières sont de “vrais” écoles avec des enseignants qualifiés. Mais l’école maternelle au Japon vise davantage a socialiser les enfants qu’à les préparer à l’école primaire. C’est pourquoi depuis 2006, on tend vers une uniformisation des deux systèmes. Et celle-ci porte un nom : kodomo-en (子供園) littéralement “jardin d’enfants” (encore ! :D). L’objectif est d’obtenir des yôchien avec les avantages des hoikuen, c’est à dire des horaires flexibles. Etant donné que les femmes actives sont de plus en plus nombreuses au Japon, c’est la solution qui semble la plus réaliste. A suivre !

Sources : home.hiroshima (PDF très complet sur le système éducatif japonais), benesse.jp (coût de l’école maternelle au Japon)