En français, le mot soupe renvoie aujourd’hui à un plat plus ou moins liquide que l’on prépare en général avec du bouillon et des légumes. Cela n’a pas toujours été le cas puisque autrefois, il désignait la tranche de pain que l’on trempait. C’est d’ailleurs pour ça qu’on dit “mange” et non “bois ta soupe !”. Est ce que le mot japonais shirumono (汁物) décrit la même chose ou la logique est totalement différente ?

Analyse et définition du mot shirumono

Shirumono s’écrit en kanji 汁物 où 汁 signifie “jus/suc”. Cela peut être celui de la viande (nikujû 肉汁) ou encore du fruit (kajû 果汁). Dans tous les cas, on a l’image d’un liquide qui a du goût et qui est comestible. Le deuxième kanji 物 (mono) est là pour indiquer “appartient à la catégorie de“. Ainsi, shirumono désigne la catégorie des plats composés principalement de jus ou de suc. C’est pourquoi on a tendance à traduire cela par soupe, misoshiru (味噌汁) devenant en français “soupe miso”.

Cependant, il faut quand même garder à l’idée que les shirumono font référence uniquement à la cuisine japonaise. On les distingue en général des suimono (吸い物 “choses que l’on aspirent/sucent”) qui elles accompagnent plutôt le sake. C’est pourquoi on y trouve en particulier du poisson (voir sakana). En autre différence, on peut noter que les suimono ont une couleur quasi transparente alors que c’est plus varié pour les shirumono. Dans tous les cas, il arrive que les japonais eux même fassent la confusion donc ce n’est pas grave si vous vous trompez. ^^

Shirumono à droite avec la soupe miso et suimono au crabe et tofu à gauche avec un liquide presque transparent.

Afin d’apporter un peu de confusion à tout ça, on a importé de l’anglais le mot soup qui a donné en katakana sûpu (スープ). Car oui, pour les potages et autres soupes occidentales, cela convenait mieux. Aujourd’hui, ce dernier a gagné la partie puisqu‘il recouvre dans son sens large tous les types de soupe. A l’usage, les restaurants proposant de la cuisine japonaise privilégieront tout de même les termes shirumono et suimono. Ouf ! 😀

Sources : ja.wikipedia (généralités)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.