Si je vous dis le mot “pot”, vous allez normalement penser à un récipient cylindrique. On a ainsi le pot pour bébé (besoins), le petit pot toujours pour bébé (nourriture), le pot de fleur, le pot de confiture… C’est un peu la même logique en anglais sauf qu’on pense aussi aux casseroles/marmites (a “big pot” comme ils disent).
En japonais, on a eu l’idée d’emprunter ce mot de l’anglais, ce qui a donné en katakana ポット (potto). Vers quoi a t-il évolué ?

Définition du mot potto et synonyme

On va procéder par élimination pour changer. ポット, ce n’est pas un pot de fleurs (鉢 hachi). Ce n’est pas non plus un petit pot alimentaire pour bébé et encore moins un pot pour faire ses besoins (お丸 omaru). Et pas de marmite ni de casseroles à l’horizon (voir 鍋 nabe).  En fait, il semble que potto ait été importé au départ via les termes コーヒーポット (kôhî potto “coffee pot”) pour la cafetière et ティーポット (tî potto “tea pot”) pour la théière. Cela a fini par se contracter en potto et on a ainsi comme définition “pot/vase (壺 tsubo) servant à verser une boisson chaude avec une fente prévue pour”.

En français, on traduit souvent ce terme par “bouilloire” du coup car il est toujours question d’une boisson chaude. Et la fameuse bouilloire électrique Tefal présente dans de nombreux foyers japonais, c’est 電気ポット (denki potto). On ne s’en sert pas que pour le thé mais aussi et surtout pour les nouilles instantanées. Moi aussi j’en ai une, c’est dire… :D.
Autre chose intéressante : le bouteilles thermos qui ont entre autre la particularité d’isoler la chaleur peuvent aussi être appelées potto. Sauf si vous y mettez dedans une boisson froide, bien entendu.

Pour l’anecdote, ces bouteilles thermos portent l’appellation plus générale de 魔法瓶 (mahôbin). Littéralement “bouteille magique“, c’est apparemment lié au marketing de l’époque (1909) car il fallait bien trouver un terme fort pour que ça se vende. Tiens, cela me fait penser qu’il va falloir que j’écrive un bientôt un article sur 魔法 ! 🙂

Sources : ja.wikipedia (généralités)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.