Le japonais dans tous les sens

Shamisen (三味線) : la luth à trois cordes… de chats ?

Si vous avez lu le roman Geisha d’Arthur Golden, vous devriez être familier avec le shamisen. Cette “luth à trois cordes” était en effet très populaire dans le milieu à l’époque d’Edo. Quelles sont les particularités de cet instrument quelle est sa place au Japon aujourd’hui ?

Origine et particularités du shamisen

Shamisen s’écrit en kanji 三味線 ce qui donne littéralement “saveur de trois cordes”. Il ne faut pas y avoir un sens caché. Ce mot aurait en effet dérivé du terme jabisen (蛇皮線) qui est également une luth à trois cordes surtout utilisée à Okinawa. La principale différence est que le shamisen a sa caisse de résonance recouverte de peau de chats ou de chiens tandis que pour le second, c’est de la peau de serpent jabi (蛇皮).

Oui, vous n’avez pas rêvé : de la peau de chien ou de chat ! Pourquoi ? Et bien parce qu’à l’époque (autour du 17ème siècle), ces animaux étaient facilement trouvables un peu partout et que leur peau permettrait une résonance intéressante. Si on utilisait celle de vache par exemple, la sonorité s’en trouverait complètement changée. Mais ça pose aujourd’hui des problèmes de société au Japon même pour des raisons évidentes. Pour information, on utilise uniquement de la peau importée aujourd’hui.

Mais revenons sur le shamisen en lui même : à l’instar de la guitare, il est particulièrement efficace pour accompagner les chants. Comme c’est un instrument à cordes, “jouer du shamisen” se dit en japonais shamisen wo hiku (三味線を弾く). Mais cette phrase à également une signification radicalement différente: “aller dans le sens de l’interlocuteur“. En quelque sorte, on s’adapte à lui tout comme la luth accompagne le chanteur. Mais c’est souvent dans un but peu reluisant : flatterie, tromperie… :S

Ils font du chat mi-scène. Bon c'est nul mais il fallait que ça sorte... :S
Ils font du chat mi-scène. Bon c’est nul mais il fallait que ça sorte… :S

Le shamisen aujourd’hui au Japon

Pour les raisons que j’ai évoquées plus haut, il est d’une part devenu difficile de se procurer notre luth à trois cordes. Car si on veut reproduire un son authentique, on est obligé de tuer des animaux directement ou indirectement. Malgré tout, on trouve encore de nos jours des passionnés et c’est le tsugaru shamisen (津軽三味線) qui semble être le plus populaire. Il est en effet plus facile d’accès que celui traditionnel, réservé avant tout au kabuki (genre de théâtre japonais).

Il existe ainsi une compétition organisée tous les ans ou des musiciens viennent tour à tour à tour faire un solo. On découvre ainsi une autre facette de cette lutte qui n’a plus besoin de voix. Si vous vous rendez dans des quartiers animés de Tokyo tel que Ikebukuro, il pourra arriviez que vous tombiez sur des musiciens de rue munis d’un tsugaru shamisen. Voici un duo d’artistes géniaux qui allient musique et humour :

Sources : matome.naver (à propos de la peau des chats), ja.wikipedia (généralités)

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2 réponses

  1. Bonjour Guilhem,
    Sympathiques et instructifs ces petits articles ! Petite question SVP si à tout hasard vous aviez le temps : j’aime beaucoup l’illustration avec les chats qui jouent du shamisen, auriez-vous la possibilité de m’indiquer la source ou l’auteur de cette image ?
    Cordialement,
    Pauline

    1. Alors l’auteur de cette illustration est Utagawa Kuniyoshi (https://fr.wikipedia.org/wiki/Utagawa_Kuniyoshi) et celle-ci du nom de 猫のけいこ (neko no keiko = “leçon de chats”) a été créée en 1841.
      Voici une description traduite par Deepl depuis le japonais (désolé si c’est pas parfait oO) :
      “”Neko no keiko” est une peinture en éventail (uchiwa-e) représentant un chat dans la pratique du joruri, une forme d’habillement populaire chez les hommes à la fin de la période Edo. | Le motif du kimono du chat est une image cachée représentant uniquement les aliments préférés du chat, il y a donc aussi le plaisir de découvrir ce qui est caché. |Uchiwa-e était l’un des styles de l’Ukiyo-e, dans lequel les images étaient frottées sur du papier carré en forme d’uchiwa, qui était ensuite effectivement collé sur un cadre en bambou. |Les Uchiwa-e qui ont été utilisés à des fins pratiques n’ont pas survécu, mais ceux qui ont été reliés comme des livres d’échantillons de dessins existent encore.”
      Source : https://media.thisisgallery.com/works/utagawakuniyoshi_16

      Bonne journée ! 🙂

      Guilhem

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