Kôban (交番) : le poste de police à la japonaise

Le manga humoristique avec pour héros principal un policier, Kochira Katsushika-ku Kameari kôen-mae hashutsujo alias Kochikame prend fin sous peu avec le tome 200. L’occasion pour moi de vous parler des kôban, ces petits postes de polices japonais assez particuliers.

Naissance et histoire des kôban

La première apparition du mot kôban (交番) remonte à 1874. On appelait ça plus exactement des kôbansho (交番所) c’est à dire “le lieu (所) où l’on envoyait des policiers à tour de rôle (交) afin de monter la garde (番). Car jusqu’alors, les agents de la paix étaient regroupés dans des tonsho (屯所), véritables “quartiers de police”.

Voici l'entrée d'un tonsho où les policiers étaient réunis autrefois.
Voici l’entrée d’un tonsho où les policiers étaient réunis autrefois.

Cette appellation de kôbansho a cela dit rapidement été remplacée en 1881 par hashutsusho (派出所) que l’on retrouve dans le titre de notre manga. Car on a peu à peu commencé a vraiment “dispatcher” (派出) des agents de police dans tout le Japon et non simplement de les envoyer à “tour de rôle“. Le but ? Etre plus proche de la population et être en mesure d’intervenir plus rapidement en cas de conflits. On pouvait ainsi effectuer beaucoup plus facilement des enquêtes de voisinage.

En 1994, c’est finalement kôban (交番) qui est devenu l’appellation officielle. Mais cette fois-ci, ce sont les agents de police appartenant au même endroit qui montent la garde (番) à tour de rôle (交), ce qui signifie que ces postes sont en théorie ouverts 24h/24 ! On peut cependant toujours trouver des kôban où il est écrit en devanture hashutsujo. D’ailleurs, le manga Kochikame n’a pas changé de nom depuis cette date !

Voici le kôban du manga kochikame. Illutstration tirée du tome 3.
Voici le kôban du manga kochikame. Illutstration tirée du tome 3.

Les kôban au Japon aujourd’hui

De nos jours, nos petits commissariats servent avant tout à indiquer le chemin au passant ou encore à déclarer une perte ou un vol. Mais dans un pays comme le Japon où le taux de criminalité est exceptionnellement bas, le nombre élevé de kôban (6362 en 2006) pose question. A ce sujet, on assiste à un nouveau phénomène : les akikôban (空き交番) littéralement “postes vides”.

Ce sont les établissement où il n’y a aucun agent de police disponibles. Vous rentrez dedans, c’est ouvert mais… personne ! Pour pallier à ce problème, il faudrait selon une étude engager environ 30 000 policiers supplémentaires, ce qui n’est pas à l’ordre du jour. Dans tous les cas, les différents sondages dressent des chiffres évocateurs : un réalisé en 2010 révèle que seulement 27,8% des personnes interrogées affirment n’avoir jamais vu vide leur kôban de proximité !

Sources : ja.wikipedia, npa.go.jp (sondage)

2 réponses

    1. Alors la principale différence entre les deux, c’est que お巡りさん est une appellation respectueuse utilisée dans la vie de tous les jours alors que 警察官 est plus neutre (nom de la fonction).
      C’est un peu la même différence qui existe entre 先生 (appellation respectueuse envers un prof ou encore un médecin) et 教師 (métier d’enseignant).

      Ainsi, on va traduire お巡りさん par “monsieur l’agent !” lorsqu’on a un passant qui appelle un policier par exemple.
      警察官 (ou 警官), c’est plus proche de “policier” même si au final, les deux mots désignent la même personne.
      En tout cas si vous avez affaire directement à un policier japonais, je vous conseille plutôt d’employer お巡りさん. ^^

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