Sekkaku (折角) : après tout le mal qu’on s’est donné !

Voici un adverbe japonais bien pratique à l’instar de sasuga, j’ai nommé sekkaku (折角). Très employé, il est en général associé à l’effort mais n’a pas vraiment d’équivalent en français. Regardons tout d’abord sa définition puis les cas dans lesquels on l’utilise souvent.

Définition du mot sekkaku

折角 est composé des kanji 折 signifiant “plier, casser” et de 角 qui signifie ici “la corne/l’antenne”. Il existe plusieurs hypothèses quant à son origine dont une que je vais présenter ici. C’est l’histoire d’un intellectuel chinois nommé shu un (朱雲) qui a réussi à l’emporter dans une discussion philosophique sur goroku (五鹿). Il faut savoir que ce dernier était très fort et qu’il n’avait jamais perdu.

C’est pourquoi on lui aurait dit pour plaisanter shika no tsuno wo otta ne ! (鹿の角を折ったね). C’est à dire “tu as fait plier la corne du cerf hein !“. De là serait né 折角 avec donc l’idée derrière d’une action qui est le fruit de nombreux efforts.
Si on regarde dans un dictionnaire japonais, on s’aperçoit que sekkaku s’emploie surtout comme adverbe. Voici ses deux sens principaux :

  • “exprimer un sentiment de regret quand les efforts et attentes sont vains”. Exemple : Sekkaku tanoshimi ni shite ita noni kyanseru sarete shimatta. (せっかく楽しみにしていたのにキャンセルされてしまった) “Alors que je l’attendais impatiemment (et ça na pas été chose facile), cela a finalement été annulé.”
  • “faire quelque chose après avoir surmonté diverses difficultés, s’être forcé ou avoir fait des efforts. Expressément. Exemple : Sekkaku kite kureta n dakara yukkuri shite ikinasai. (せっかく来てくれたんだからゆっくりしていきなさい。) “Vu que vous vous êtes donnés du mal pour venir (vous êtes venu expressément), prenez votre aise.”
Sekkaku, on se repose nous !
Sekkaku dakara, on se repose nous !

Situations où sekkaku est employé et nuances

Avec ces deux phrases d’exemples, vous remarquerez que sekkaku peut déboucher sur un sentiment négatif (suite à une annulation, événement imprévu…) ou quelque chose de positif (réconfort après effort). Dans tous les cas, on se réfère à un “effort” qui peut être vain ou non.

Si j’ai mis le mot “effort” entre guillemet, c’est que celui ci reste très relatif. Il ne faut donc pas toujours prendre sekkaku au pied de la lettre, on l’utilise souvent par politesse. Pour la deuxième phrase d’exemple, le locuteur ne sait pas si ses invités ont eu à surmonter des difficultés ou non. C’est donc simplement une convention de dire ça dans ce genre de situation. Cela a notamment pour but d’indiquer qu’on essaye de se mettre à la place de l’autre.

Par ailleurs, il arrivera parfois que cet adverbe soit assez proche de tsuide (ついで “à l’occasion”). Dans un cas où on se ballade et qu’on tombe sur un cinéma par exemple, on pourra dire sekkaku dakara (せっかくだから “vu qu’on est arrivé jusque là…”). Ce qui équivaut presque à tsuide dakara (ついでだから “vu que c’est sur notre route !”).

Sources : gogen-allguide (étymologie), kotobank (dictionnaire japonais)

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