Sekihan (赤飯) : du riz rouge, pour quoi faire ?

Comme vous le savez déjà, au Japon et dans la plupart des pays asiatiques, le riz est un aliment essentiel. Et afin de varier les plaisirs ou encore dans un but symbolique, on trouve toutes sortes de préparations et de variétés. Un peu comme nous avec nos quinze mille variétés de pain ! ^^
Aujourd’hui, je vais m’intéresser à un plat assez populaire et trouvable partout : le 赤飯 (sekihan). 

Prononciation de sekihan (forvo.com)

Analyse du mot sekihan et consommation

赤飯 est composé kanji 赤 “rouge” désignant l’aspect rouge du plat donné entre autre par les haricots azuki et du kanji 飯 signifiant de manière large “repas” mais qu’il faut prendre ici sous le sens de “riz”. Je vous ramène à l’article sur kome où on avait vu que ご飯 (gohan) pouvait signifier “riz cuit”. En parlant de riz cuit justement, la cuisson pour fabriquer du sekihan diffère de celle du riz blanc classique. On utilise en effet une variété de riz différente et un peu plus gluante appelée もち米 (mochigome voir l’article sur mochi). Pour info, il s’agit du うるち米 (uruchigome) pour le riz blanc.

Le mochigome à gauche se reconnaît à sa couleur blanche et le uruchigome à droite à sa couleur transparente. Eh oui, ce n’est pas du riz blanc qui donne du riz blanc… :p

Cette illustration est à nuancer puisqu’il arrive souvent qu’on mélange le mochigome avec un peu uruchigome pour préparer un sekihan. Car sinon, cela devient trop gluant. Il est à noter aussi que d’une manière large, on utilise le mochigome pour le おこわ (okowa). Il s’agit d’une appellation générale pour les plats à base de riz mélangé avec des céréales, champignons ou autre condiments où on range en principe le sekihan. Donc si vous avez un 炊飯器 (suihanki rizeuse) et que vous voulez préparer du sekihan, il faut choisir la fonction おこわ. Mais avant, il faut bien faire bouillir les azuki à la casserole. Oui oui, comme dans le (bon) film Les Délices de Tokyo mais un peu moins longtemps cela dit. 😀

Concernant l’aspect symbolique de ce riz rouge maintenant, on trouve différentes interprétations. En ce qui concerne la religion, on estimait apparemment que la couleur rouge était efficace pour faire fuir les 邪気 (jaki “esprit malicieux”) et ainsi laisser présager un futur meilleur. C’est ce qui expliquerait pourquoi on consommait ce plat surtout lors des calamités autrefois. De nos jours, c’est un peu l’inverse vu qu’on mange en principe du sekihan lors d’événements heureux (mariage, anniversaire, naissance…). Les temps changent ! 🙂

Sources : Ja.Wikipedia (généralités), recipe.rakuten (recette avec une rizeuse)