A la vue de ce titre, vous vous êtes peut être dit « ah ah, c’est évident ça ! ». Oui effectivement, chacun sait qu’on est obligé de cuir le riz avant de le manger. C’est cet aspect qui a de l’importance avec notre mot du jour, kome (米) « riz ». On va voir que l’usage de ce terme dans la vie quotidienne est plus complexe qu’on ne l’imagine.

Définition de kome

Kome s’écrit avec le kanji 米 qui signifie lui-même de manière générale « riz ». On le retrouve ainsi dans les mots genmai (玄米 « riz complet ») ou encore hakumai (白米 « riz blanc »). Je ne vais pas m’étendre sur son histoire au Japon car cela prendrait du temps. Il faut simplement savoir que c’est un aliment essentiel dans la culture japonaise et chacun de ses éléments est décrit par un kanji.

En effet on emploie le kanji ta 田 spécifiquement pour la rizière (et non hatake 畑 qui correspond aux champs), momi pour le grain brut (rizon)ine pour la plante et enfin kome 米 pour le fruit. Une fois cuit, il y a plusieurs appellations en fonction de la cuisson. Par exemple kayu (粥) pour le porridge et gohan (ご飯) pour une cuisson « classique ». C’est pourquoi dans la tête des japonais, kome (ou o-kome お米 plus souvent employé)  correspond surtout au riz cru.

On peut faire la comparaison avec le français cochon/porc car on dit rarement “je vais manger du cochon”. Et bien c’est un peu pareil avec kome que l’on emploie (quand c’est possible) pour désigner le riz qui n’est pas encore dans l’assiette ( ou plutôt le bol ^^). On va voir maintenant que ce n’est pas toujours si simple !

Usage du mot kome dans la vie de tous les jours

Ce qui pose principalement problème, c’est que gohan signifie à la fois “riz cuit” et “repas”. Probablement parce qu’on mange principalement du riz aux repas. Et quand on vous demande par exemple asagohan ha nani wo taberu (朝ごはんは何を食べる Que mangez vous au petit déjeuner ?) , il vaut mieux éviter de répondre avec encore le mot gohan. Dans ce cas de figure, o-kome wo yoku taberu (お米を良く食べる Je mange souvent du riz ) est une réponse parfaitement acceptable.

Cela dépend donc du nagare (flux/cours) de la conversation. Si on vous demande ce que vous aimez manger en général et que vous répondez kome wo yoku taberu comme au dessus, cela pourrait être mal interprété. Et puis imaginons une autre situation où vous êtes à table et que vous voulez vous resservir du riz. On peut penser que gohan est trop vague mais ici, gohan no okawari (ご飯のお代わり) sera automatiquement interprété comme “fait de reprendre du riz“. Probablement parce que si on veut reprendre autre chose (soupe par exemple), on emploiera un mot plus précis que “repas”.

C’est un peu compliqué et quoi qu’il een soit les japonais se doutent bien que vous ne mangez pas du riz cru. Ce genre de faute n’est donc pas bien grave. Par ailleurs, les restaurants ont trouvé la parade en recourant parfois au mot raisu (ライス) « riz cuit ». Par exemple,  on peut vous demander pan ni shimasu ka, raisu ni shimasu ka (パンにしますか、ライスにしますか Vous prendrez du pain ou du riz ?). Donc si jamais vous ne vous voulez pas vous embêter, employez raisu et le tour est joué ! 🙂

Sources : detail.chiebukuro (discussion intéressante autour de l’usage de kome et gohan)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.