Rikôdâ (リコーダー) : l’enfer de la flûte à bec au Japon

S’il y a bien un instrument qui parvient à traumatiser les enfants, c’est bien la flûte à bec rikôdâ (リコーダー). Rassurez vous, les japonais n’y coupent pas : c’est même pire pour eux ! Après un petit point de vocabulaire autour de ce formidable instrument, on va s’intéresser à son enseignement au Japon.

Définition de rikôdâ et vocabulaire associé

Rikôdâ s’écrit en katakana リコーダー et vient de l’anglais recorder. Et oui, ce mot ne veut pas seulement dire magnétophone mais également flûte à bec. C’est vrai mais uniquement en anglais, faites attention : il y a une petite différence en japonais avec rekôdâ (レコーダー) pour les magnétos. Pour ceux qui n’auraient pas remarqué, on passe de ri à re.

On utilise par ailleurs le verbe fuku (吹く « souffler ») pour les instruments à vents. Rikôdâ wo fuku (リコーダーを吹く) : jouer de la flûte à bec. On distingue deux types principaux au japon :  la version Soprano (ソプラノリコーダー) destinée davantage aux petits doigts et la version Alto (アルトリコーダー).

la flûte à bec alto se trouve en haut et celle soprano en bas. C’est surtout une différence de taille !

L’enseignement de la flûte à bec à l’école au Japon

C’est lors des jeux olympiques de 1936 à Berlin que le rikôdâ a eu un écho certain au Japon. Les japonais sur place se sont dits « wow, cet instrument n’est pas cher à fabriquer et on fait des progrès rapidement… enseignons le à nos écoliers ! ». L’idée de base semble plutôt bonne et on a fait pareil en France.

Il existe même d’autres arguments en faveur de la flûte à bec : on peut la transporter et y jouer partout, elle est solide… Seulement voilà, contraindre un enfant d’apprendre un instrument, c’est assez contradictoire. Dans gakki (楽器 « instrument »), on a le kanji 楽 qui signifie « plaisir ». Sauf que pour beaucoup d’écoliers, il est bien difficile de le trouver ce plaisir, l’aspect créatif étant inexistant.

Car que l’on soit en France ou au japon, on joue bêtement ce qu’on nous demande après avoir appris par coeur. L’évaluation porte uniquement sur le nombre d’erreurs. Nobuo Uematsu, un célèbre compositeur de jeux vidéo japonais est assez critique envers cette manière d’évaluer à l’école (voir le lien sur son interview). Son interlocuteur (Koi Sugiyama) propose même une remise en question des professeurs et du ministère de l’éducation.

D’autant plus qu’au Japon, on commence l’apprentissage dés le CE2/CM1 avec la flûte Soprano. Au collège, on passe à la version Alto. Cela ne fait qu’ajouter de la confusion aux élèves japonais qui finissent pour beaucoup désabusés. Résultat:  ils sont très peu à jouer d’un instrument une fois adulte. Vers une réforme inespérée ?

Sources : a.excite.co.jp (pourquoi on apprend la flûte a bec a l’école), chukogames.com (interview de 1993 avec Uematsu traduite en français)

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