Voici un mot japonais que tous les français apprennent en général très vite : kubi (首). Pourquoi ? Et bien parce qu’on a tendance à le traduire par « cou » qui est assez ressemblant phonétiquement. Mais cette traduction n’est t-elle pas trop simpliste ?

Evolution et définition de kubi

Kubi s’écrit avec le kanji 首 qui peut signifier tantôt le coup tantôt la tête/le meneur. On le retrouve ainsi dans les mots shui (首位 « en tête/à la tête de ») et shuryô (首領 « chef/meneur). On estime en réalité que ce kanji désignait au départ le cou et la nuque. Ce n’est qu’après l’introduction de la décapitation qu’on lui aurait attribué le sens de « tête ». Car un cou coupé correspond à une tête. Oui c’est glauque, mais c’est scientifique ! 😀

Aujourd’hui, le mot kubi fait référence au cou dans son sens concret. Kubi ga kayui (首がかゆい) : mon cou me gratte. Il faut cependant garder en tête (et ce n’est pas un jeu de mot !) qu’il peut être le “cou” d’une autre partie du corps. Par exemple, tekubi (手首 “cou de la main” ) signifie « poignet » et ashikubi (足首 “cou du pied”) « cheville ». Par analogie, il peut être la partie supérieure d’un objet. Bin no kubi (ビンの首) : le col de la bouteille.

Le cou au Japon, c’est aussi très sensuel. 🙂

Expressions usuelles avec le mot kubi

Aujourd’hui, notre mot du jour se retrouve dans beaucoup d’expressions avec toujours les sens de “tête” et “cou”. Lorsque quelqu’un s’est fait virer, on dit que « sa tête a volé » (kubi ga tonda 首が飛んだ). On lui préfère cela dit la formule moins équivoque kubi ni suru/naru (首にする/なる) : licencier/être licencié. Elle est assez rigolote traduite littéralement (faire/devenir un cou) d’autant plus qu’elle peut se contracter en kubi ! . En fonction du contexte, cela peut donc vouloir dire “viré !” ou bien “ton cou !”.

Lorsqu’on est perplexe devant un fait difficile à croire, on peut avoir recours à l’expression kubi wo hineru (首をひねる). Littéralement « tordre son cou ». On a l’image de quelqu’un qui désapprouve en tortillant son cou. Amusant non ? 🙂

Sources : kotobank (dictionnaire en japonais), Wikipedia (généralités)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.