On s’attaque aujourd’hui à un mot/expression que l’on apprend très tôt dans l’apprentissage d’une langue. Car quand on se salut, il arrive souvent de demander “ça va ?”. Les japonais utilisent dans ce cas genki dans le langage courant. Retrouve t-on cependant la même fonction qu’avec son équivalent français ?

Analyse et définitions de genki

Genki s’écrit en kanji 元気 où 元 signifie ici “origine/source” et 気 “énergie/vitalité”. Sa définition première est ainsi “l’énergie qui est la source de l’activité produite par le corps et l’esprit”. C’est pourquoi on retrouve l’expression genki ga aru/deru (元気がある/出る) “être plein d’énergie/vitalité, être requinqué/revigoré”Ippai no kôhî de genki ga deta (一杯のコーヒーで元気が出た) : une tasse de café m’a requinqué.

Il arrive par ailleurs de le voir fréquemment sous sa forme adjectivale (en na). Genki na kodomo desu ne ! (元気な子どもですね) : cet enfant est vif/énergique ! En fonction du contexte, il peut ainsi traduire deux aspects différents mais en partie liés :

  • Soit le fait d’être vif/énergique/excité. C’est souvent le cas d’un enfant comme dans l’exemple précédent. Il s’oppose ici à l’oisiveté et l’inactivité. Ce qui n’est pas forcément signe de maladie mais peut l’être.
  • Soit le fait d’être en bonne santé, c’est à dire en pleine possession de ses ressources physiques et mentales. Il est alors antagonique à malade/dépressif voir fatigué. A priori, c’est sur quoi on s’interroge lorsqu’on pose la fameuse question genki desu ka ? (元気ですか), l’équivalent de notre “ça va/comment allez vous ?“.

Lui, il a trouvé le moyen de récupérer le genki de tout le monde !^^

Pour quelles raisons on pose la question “genki desu ka” ?

Voici une interrogation qui doit sous sembler pour beaucoup bien étrange car elle semble évidente. En effet, lorsqu’on demande à quelqu’un s’il va bien, c’est qu’on souhaite savoir si c’est le cas. Sauf qu’en règle général, c’est loin d’être le but. Il suffit d’observer ce qui se passe dans la vie quotidienne : lorsqu’on croise quelqu’un et qu’on lui dit “ça va ?”, on s’en fiche souvent complètement de sa réponse. Jakobson l’avait bien décrit, on appelle ça la fonction phatique du langage. C’est à dire celle qui sert lors de l’interaction sociale à ce que la communication passe bien.

Dans le cas du japonais, il semble qu’on retrouve le même schéma. On s’aperçoit en effet qu’une réponse n’est pas toujours formulée lorsqu’on pose la question “genki ?“. J’ajouterai également qu’on ne répondra quasiment jamais “ça va pas”. Par exemple, genki janai (元気じゃない). C’est déjà le cas en français entre nous mais ça semble encore plus probant au Japon. Car même si on ne va pas bien, on le garde pour soit afin d’éviter d’ennuyer l’autre. Il faut dire que ça jette un froid ! 😀

Sources : kotobank (dictionnaires en japonais), lang-8 (à propos des réponses à formuler après la question genki desu ka)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.