Ohashi (お箸) : les baguettes, un pont relié à la bouche

Savoir utiliser des baguettes pour manger, c’est une étape essentielle pour s’intégrer au Japon. Ohashi est le mot que l’on utilise communément pour les désigner. Quelle est son origine et que signifie vraiment cet ustensile pour les japonais ?

Origine du mot Ohashi

お箸 fait partie de ces mots où l’on utilise le préfixe honorifique o- pour les désigner. C’est le cas par exemple de okane (l’argent) et ocha (le thé). Si on retire ce préfixe pour le mot qui nous intéresse, on obtient hashi qui peut aussi vouloir dire “pont” (橋) ou encore “extrémité” (端). En fait, ces trois significations seraient liées car on utilise les extrémités de la baguette pour manger et celles-ci servent de pont entre la bouche et les doigts. Il existe donc une hypothèse qui dit que 箸 (baguettes) est un dérivé de 端  (extrémités) et 橋 (pont).

Les baguettes au Japon, c’est sacré !

Commençons par une anecdote : il y a quelques années, ma correspondante m’avait offert des baguettes directement du Japon (on peut en trouver en France aussi). Je m’étais amusé à jouer un rythme en les tapotant sur mon bureau quand je me suis aperçu qu’elle était outrée. Il existe plusieurs raisons qui pourraient expliquer cette incompréhension : d’une part, les baguettes gardent une dimension sacrée pour les japonais, on pensait autrefois que “dans les baguettes un dieu loge” (お箸に神様が宿る ohashi ni kamisama ga yadoru). Les utiliser de cette façon est donc un “sacrilège”. D’autre part, il est généralement mal vu au Japon de détourner la fonction initiale d’un objet par respect pour son créateur.

Les baguettes, c’est fait pour manger, mais pas que. Les japonais naissent et finissent avec elles. Car lors de l’enterrement, après la crémation, on utilise des ohashi pour disposer les os du défunt dans une ou deux boites.
Il faut éviter par ailleurs de planter vos baguettes dans le riz car d’un côté c’est un signe de mort, et d’un autre côté, elles ne sont pas faites pour ça de toute façon : on les utilise soit pour “pincer” les aliments (つまむ tsumamu) soit pour les couper en les séparant (切り分ける kiriwakeru).

Sources : e-ohashi, detail-chiebukuro