Murasaki (紫) : des plantes violettes qui forment des villages

S’il y a bien une couleur où on n’est jamais d’accord, c’est le violet. Lorsque ça se rapproche de la couleur de la violette, pas de problème. Mais dés que ça varie un peu, on hésite rapidement avec le bleu sans parler de l’indigo. En anglais, il y a en plus purple (Pourpre ? Violet ?) qui vient s’ajouter à la bataille. Comme si ça ne suffisait pas ! 😀
Nous allons voir aujourd’hui le cas du japonais murasaki (紫) qui lui au moins possède une étymologie poétique. Hop !

Étymologie et significations du mot murasaki

Murasaki s’écrit en kanji 紫 que l’on peut diviser en deux parties : la clé du fil 糸 en bas et l’idéogramme 此 en haut. Ce dernier serait la forme simplifiée de 茈, une plante chinoise donnant une pigmentation proche du violet. 糸 symboliserait ainsi le tissu sur lequel on appliquait une teinture. Et quand le kanji a été importé au Japon, on l’aurait appliqué à une autre plante japonaise cette fois : le murasaki. En gros, le mot existait déjà avant l’importation du kanji.

Cette plante a pour particularité d’avoir ses fleurs poussant en bande ou plus poétiquement, en villages. Ce qui aurait donné murasaki où mura (村) désigne le village et saki (咲き du verbe saku) la floraison. Une autre explication est muresaki (群れ咲き) où 群れ = groupe/bande. Cependant, il existe un problème : ses fleurs sont le plus souvent blanches. En fait, c’est le pigment que l’on obtient de sa racine qui est violet.  Aujourd’hui, afin de faire la distinction, on désigne plutôt la plante avec le terme murasakika (ムラサキ科 Boraginacées où 科 signifie “famille de”).

Les fameuses racines du murasaki à gauche de couleur plutôt pourpre mais qui donnent du violet au final.

Wikipedia indique que le murasaki tendrait davantage vers le rouge que la couleur de la violette. Pour cette dernière, sumireiro (菫色 où 菫 sumire = violette) conviendrait mieux. Néanmoins, son usage est beaucoup moins fréquent. Par ailleurs, le violet a longtemps été associé au rang le plus élevé au Japon (12 échelons, le bleu étant second). C’est ce qui pourrait expliquer pourquoi on a choisi de nommer murasaki le shôyu (sauce soja) durant l’époque d’Edo. Car bien que sa couleur soit davantage orangée que violet, il était très précieux en ces temps-là (8 fois plus cher que le sel).

Sources : gogen-allguide (étymologie), Wikipedia (généralités), Jack8.at (à propos du shôyu)

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2 réponses

  1. Pour le coup les boraginacées c’est la famille de plante à laquelle appartient le murasaki qui en français s’appellerait plutôt grémil (pourpre ?)[L’espèce n’existant pas en Europe d’après wikipedia, pas sûr qu’elle ait vraiment un nom français ].
    Après recherche il y a un truc marrant sur le nom scientifique de cette plante : Lithospermum erythrorhizon, qui semblerait vouloir dire “grémil à racines rouges” et non à racines violettes… Comme quoi les goûts et les couleurs…

    1. Oui, en fait boraginacées est la traduction de ムラサキ科 (“famille de la murasaki”). Cependant, j’ai l’impression que murasaki en lui même est assez vague et peut renvoyer à plusieurs plantes différentes. C’est pourquoi je n’ai pas voulu prendre de risque en indiquant “boraginacées” mais j’aurais du préciser je pense.
      Par contre, la couleur de la fleur n’a apparemment rien à voir. Elle est le plus souvent blanche comme celle que j’ai mis en illustration mais peut se rapprocher du bleu/Violet/pourpre. Et par rapport à la racine, ce n’est apparemment pas sa couleur (plutôt rougeâtre il est vrai) qui a de l’importance mais le pigment qu’on en extrait. J’avais mal compris ce point et je vais corriger l’article du coup !

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