Mannenhitsu (万年筆) : un stylo-plume qui a 10 000 ans ?

Le stylo-plume fait partie de ces ustensiles pour lesquels on n’arrive pas à se mettre d’accord sur son appellation. Déjà dans le monde francophone, on emploie plutôt “stylo” en Belgique, ce qui fait que le stylo-bille se nomme le “bic”. En Suisse, on dirait cette fois-ci “plume”. La logique semble différente en anglais car c’est le foutain pen.
Evidemment, les japonais ont suivi cette tendance en choisissant eux aussi un terme original, 万年筆 (mannenhitsu). Pourquoi ce sens de “pinceau décamillénaire” ?

Origine du mot mannenhitsu et usage au Japon

Avant que le stylo-plume ne soit importé au Japon en 1884, il existait déjà des prémisses comme en Occident d’ailleurs. On avait ainsi 50 ans auparavant le 懐中筆 (kaichû fude “le pinceau dans la poche”) qui était un pinceau de taille réduite disposant d’une petite réserve d’encre noire. Son principal défaut est qu’il avait une durée de vie assez limitée comme la plupart des pinceaux (poils qui s’effritent avec le temps). Toutefois quand le stylo-plume (qu’on surnommait d’ailleurs “plume sans fin” à l’époque) est arrivé au Japon, on a proposé au départ une traduction littérale de l’anglais foutain pen en kanji.

Ce sont des kaichûfude à gauche.

Ce qui a donné… 針先泉筆 (shinsensenhitsu ?). On pourrait traduire ça par “plume fontaine avec une pointe comme une aiguille”. Ce genre de traduction littérale était assez à la mode à ce moment-là mais très vite, on l’a abandonné. Il fallait quelque chose qui marque davantage les esprits et la même année (1884 pour rappel), on proposa 万年筆 (mannenhitsu). Car c’est une plume qui peut tenir très longtemps, même 10 000 ans. Uniquement si on est soigneux bien-sûr, ce qui est justement le cas des japonais ! 😀

Depuis, on enseigne ce mot mannenhitsu dans toutes les méthodes de japonais qui se respectent car il est particulièrement chiant à prononcer. Quel bel exercice !
Autrement au Japon, on en exporte certes pas mal (environ 10 millions par an) mais par contre, il n’est pas si utilisé que ça. Par exemple dans l’administration, il y a même certains endroits qui l’interdisent en le considérant au même niveau que le サインペン (sain pen). Selon une enquête réalisée en 2015 sur internet à travers tout le pays (échantillon de 1000 sondés), seuls 9% des japonais interrogés affirment utiliser actuellement un mannenhitsu.

Sources : Ja.Wikipedia (étymologie et informations diverses), platinapen (à propos du kaichûfude), Nikkei (enquête de 2015)

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