Hakoiri musume (箱入り娘) : c’est ma fille et elle ne sortira pas de cette boite !

L’image du père qui n’accepte pas de voir sa fille chérie prendre son envol est assez répandue un peu partout. Mais quand c’est la famille dans son ensemble qui s’obstine à vouloir conserver la “pureté” de leur princesse, cela peut devenir comique. Au Japon, on a une expression toute faire pour ces cas particuliers : 箱入り娘 (hako iri musume). Vous allez voir, ça vaut son pesant de cacahuètes et ça s’est même transformé en un jeu de société !

Origine du mot hakoiri musume et images renvoyées aujourd’hui

On va procéder dans l’ordre : 箱入り (hakoiri) est un mot apparu vers la fin du 17ème siècle et signifie littéralement “mis à l’intérieur (入り iri) d’une boite (箱 hako)”. Il s’agissait simplement d’un objet quelconque et aujourd’hui encore, on peut dire par exemple 箱入りのチョコレート (hakoiri no chokorêto) “des chocolats placés dans une boite”. Mais assez rapidement, cela a dévié vers le sens de “bien précieux dont on ne veut pas se séparer“. En même temps, si on place un objet dans une boite, c’est aussi pour ne pas le perdre. Cela facilite d’ailleurs le travail des voleurs qui n’ont pas à chercher bien loin ! 😀

C’est par la suite avec cette idée de bien précieux qu’apparaît pour la première fois l’expression 箱入り娘 (hakoiri musume) vers 1740. Il s’agit donc de la fille (娘) qu’on garde en lieu sûr et qu’on ne sort quasiment jamais dehors pour la préserver. Peu après vers 1770 est apparu dans la même logique 箱入り息子 (hakoiri musuko) “le fils placé dans une boite”. Il y a même un film un peu nunuche à ce sujet qui s’appelle 箱入り息子の恋 (hakoiri musuko no koi) traduit par “Blindly in Love”. Dit comme ça, on croirait presque à des témoins de Jéhovah. De ce que j’ai pu lire sur le net, cela fait surtout penser à des enfants de riche qui ont eu le luxe d’avoir une éducation ultra encadrée.

Jeu classique à gauche et version pour PC à droite. 🙂

Vu que c’est quand même injuste pour la fille concernée (qui n’a pas décidé de naître dans ce modèle familial), on a décidé de lui offrir vers 1935 un casse-tête pour la libérer. Il s’appelle tout simplement lui aussi hakoiri musume, une adaptation japonaise de l’Âne Rouge (lui aussi adapté de l’anglais Klotski). On fait simplement glisser les différents blocs de bois pour libérer le plus grand nommé ici musume. Vous auriez remarqué que la partie commence avec les parents de chaque côté (父親 = père et 母親 = mère), un bon moyen pour réviser son japonais ! Ma femme m’a sorti tout de suite 皮肉があるね (hiniku ga aru ne), c’est vrai qu’il y a une forme de moquerie quand même… ^^

Sources : Kotobank (dictionnaires japonais), Ja.Wikipedia (à propos du jeu de société)

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