Gagaku (雅楽) : la musique de cour japonaise et son influence

Un peu de musique aujourd’hui avec un mot japonais qui bien que peu utilisé en tant que telle au Japon demeure dans le sang des nippons : gagaku. On le traduit par “musique de cour” car elle était jouée uniquement au sein de la cour impériale malgré le fait que ce soit différent de nos jours.

Analyse du mot gagaku et petite histoire

雅楽 est composé du kanji 雅 (ga) signifiant “la grâce, l’élégance” et du kanji 楽 (gaku) qui signifie “le plaisir, la musique”. D’où son utilisation dans la cour, il s’agit littéralement d’une “musique raffinée”. L’origine du gagaku serait chinoise ou coréenne et aurait été introduit au Japon aux alentours du 5ème siècle. Mais c’est vraiment vers le 9ème siècle que cet art va prendre une tournure décisive au pays du soleil levant avec une réforme musicale qui limitera le nombre d’instruments. Cela aura pour effet la création de compositions purement japonaises qui se démarqueront de celles chinoises.

On y trouve 3 types d’instruments joués par des gakunin (楽人) : les percussions dagakki (打楽器) avec surtout des tambours comme le taiko (太鼓), les instruments à vent kangakki (管楽器) tels que le shô (笙) qui est un orgue à bouche et les instruments à cordes gengakki (弦楽器) comme le gakubiwa (楽琵琶) qui est un luth à quatre cordes.

Influences du gagaku sur le japonais et situation actuelle

Il existe plusieurs expressions japonaises encore employées de nos jours qui tirent leur origine du gagaku. C’est le cas par exemple de 八多羅 (yatara) qui désigne à l’origine le rythme de la musique quand il devient confus et diffus, ce qui donne un effet de désordre. D’où la nuance aujourd’hui d’excès avec ce mot, yatara ni okane wo tsukau (やたらにお金を使う)  “utiliser l’argent avec excès/n’importe comment”. Il y aussi le verbe uchiawaseru (打ち合わせる) qui viendrait du fait que les instruments de percussion dagakki donnent le tempo au début du concert, ce qu’on appelait l’uchiawase. Par extension, uichiawaseru a pris le sens de “se concerter”, pendant une réunion par exemple.

Actuellement, même si le gagaku a perdu un peu de ses lettres de noblesse, on le retrouve néanmoins lors des matsuri (fêtes traditionnelles) ou même dans certains restaurants, on ne peut donc nier qu’il continue à influencer les compositeurs japonais d’aujourd’hui. Voir la discussion entre Nobuo Uematsu et Kōichi Sugiyama datant de 1993.

Sources : ja.wikipedia, gogen-allguide