Le japonais dans tous les sens

Dorobô (泥棒) : le voleur et son bâton boueux

En observant certains mots japonais en kanji, on a parfois envie de se dire “ce sont des ateji (当て字)”. C’est à dire des kanjis sélectionnés sur le tard (alors que le mot existait déjà) soit pour leur sens, soit pour leur prononciation. Pour mayutsuba (眉唾) par exemple, on ne considère pas que ce sont des ateji car ils étaient employés dés la naissance du mot. Est ce aussi le cas pour dorobô (泥棒) dont les kanjis ne font pas vraiment penser au sens de “voleur” ?

Étymologie du mot dorobô et signification actuelle

Dorobô s’écrit le plus souvent en kanji 泥棒 littéralement “bâton (棒) boueux (泥)”. Il existe aussi la variante 泥坊 où 坊 est utilisé ici comme suffixe avec le sens de “personne”. C’est le cas par exemple dans le mot kechinbô (けちん坊 “radin/pingre”). Quoi qu’il en soit, on aurait affaire ici à des ateji. On pense en effet que la prononciation dorobô serait dérivée d’un autre terme comme toriubau (取り奪う “prendre en ôtant”). Tout simplement parce que l’usage des kanjis 泥棒 est assez récent (19ème siècle) par rapport à la naissance du mot. Ils auraient ainsi été sélectionnés principalement pour leur prononciation.

On pourrait aussi penser que le bâton correspond en fait à la matraque du policier… ^^

C’est pourquoi il ne faut pas chercher d’hypothèses farfelues liées au sens des caractères. Non, cela ne viendrait pas d’un voleur qui s’enduirait le visage de boue pour ne pas être reconnu et qui utiliserait un bâton/une barre de fer. 😀
Par ailleurs, dorobô est vraiment un terme familier qui est probablement le plus large pour désigner un voleur. Cela peut être ainsi un enfant voleur de bonbon comme un cambrioleur de banque. Pour le vrai malfrat/brigand/bandit, on utilisera plus spécifiquement tôzoku (盗賊) qui possède des kanjis bien plus spécifiques (盗 = voler,  賊 = pirate).

De plus, dorobô renvoie également à l’acte de voler (le vol). D’où son association avec suru (faire). Hito no mono wo dorobô shite ha ikenai (人の物を泥棒してはいけない) : il ne faut pas voler les affaires d’autrui. On va conclure avec le proverbe tanin wo mitara dorobô to omoe (他人を見たら泥棒と思え). Littéralement “méfie toi des autres en pensant que ce sont des voleurs”, il est similaire à “méfiance est mère de sûreté”.

Bon j’avoue que moi au Japon, j’ai tendance à me relâcher un peu sur ce point. Je laisse en effet souvent la clé sur la bicyclette en la garant par exemple. :S

Sources : yuraimemo (étymologie), kotobank (dictionnaires japonais)

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