Dentô (伝統) : la tradition, qu’est ce que ça veut dire au Japon ?

On aime bien associer tradition et Japon, il faut dire que celle-ci est particulièrement visible. Temples, kimonos, arts florales… tout ça appartient ainsi au dentô (伝統). Qu’est ce que ça signifie vraiment et que pensent les japonais des arts du spectacle traditionnels aujourd’hui ?

Dentô : définition et portée

伝統 s’écrit avec le kanji 伝 “transmettre” et 統 “général/les bases”. On obtient ainsi “transmission de ce qui est fondamental”. Si on regarde dans un dictionnaire japonais le mot dentô, on peut trouver ce genre de définition “ensemble de pensées, coutumes, manières ou encore arts qui sont transmis depuis un certains temps à travers les époques au sein d’une société ou d’un groupe d’individus”. C’est donc très vaste et vague à la fois !

Ce qui est traditionnel dentôteki (伝統的) n’est pas toujours visible, cela révèle même souvent du domaine de l’inconscient. Un peu comme le compositeur Nobuo Uematsu qui a reproduit la sonorité du shamisen (luth japonaise à trois cordes) sans le vouloir. Mais plus généralement, les manières comme faire un ojigi (courbette) ou tout simplement la façon de penser japonaise peuvent relever du dentô.

Avec la mondialisation, on peut cependant remarquer que des pseudos traditions japonaises ont été créées souvent dans un but peu glorieux. On appelle ça les tsukurareta dentô (創られた伝統) littéralement “traditions fabriquées”. Par exemple, le edo shikuza (江戸しくざ) qui serait une prétendue “gesture” datant de l’époque Edo (1603-1867) remonte en fait aux années 1980. Attention donc à ne pas tomber dans le panneau car dire que quelque chose est traditionnel est assez vendeur au final.

Les arts du spectacle traditionnels japonais ont-ils toujours la côte ?

Les nihon dentô geinô (日本伝統芸能) sont des arts du spectacle traditionnels comme le rakugo (histoire humoristique)  ou le kabuki (forme de théâtre) qui dateraient du 17ème siècle. On a réalisé sur internet un sondage en 2015 avec pour première question “citez les arts du spectacle traditionnels pour lesquels vous avez de l’intérêt”. Ce sont le rakugo (29,2%) et le kabuki (19,8%) qui sont en tête mais l’important n’est pas là : 53,9% des personnes interrogées ont répondu “aucun en particulier” !

On se doute que si plus de la moitié ne sont pas intéressés, le nombre qui les regarde se réduit encore. C’est effectivement le cas puisque seuls 31,6% disent avoir regardé des spectacles traditionnels à la télé ou sur scène durant l’année écoulée. Si par contre on demande si ces arts doivent perdurer, 73,1% répondent “oui”. Ce contraste peut paraître surprenant mais je pense que si on posait ce même genre de question en France, les résultats ne seraient pas vraiment différents. On aime effectivement dire “il faut protéger les traditions !” mais dans les faits, on oublie vite celles qui n’ont plus vraiment de sens dans le monde contemporain.

Sources : kotobank (dictionnaire en japonais), lifemedia.jp (sondage)

 

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