Le japonais dans tous les sens

Chichi (父) : le père et sa hache de pierre

Hier, au Japon comme en France, c’était la fête des pères. Je le précise car pour la fête des mères, c’est la plupart du temps deux semaines plus tôt au pays du soleil levant. Et donc pour les pères, on appelle ça en japonais 父の日 (chichi no hi littéralement “jour des pères”). Aujourd’hui,  je vais donc m’intéresser au mot 父 avec dans un premier temps une petite analyse du kanji pour ensuite finir sur son usage.

Analyse du kanji de chichi et usage du mot aujourd’hui

Le kanji 父 est assez simple puisqu’il comporte seulement 4 traits. Pourtant, il est classé parmi les 会意文字 (kaii-moji), c’est à dire qu’il est composé de deux pictogrammes ou plus. Par exemple, c’est le cas de 休 (repos/se reposer) que l’on peut interpréter comme “homme (人) adossé à un arbre (木)”. Pour 父 maintenant, la partie en dessous serait un dérivé de 手 (la main) et celle du dessus de 斧 (ono, la hache de pierre). Ainsi, l’image du père serait celle d’un individu brandissant une hache de pierre. Hey ho, il fallait bien quelqu’un pour aller à la chasse ! 😀

Ne me demandez pas à quoi correspondent les symboles à droite… :S. Source : http://huusennarare.cocolog-nifty.com/blog/2015/07/post-f7a4.html

De nos jours, chichi est probablement le terme le plus “générique” pour dire “père”. Il peut ainsi s’utiliser dans un sens figuré, pour le père d’une invention par exemple ou encore le précurseur d’une mode. 近代言語学の父 (gendai gengogaku no chichi) : le père de la linguistique moderne. Par contre, il faut faire attention à son utilisation lors des relations sociales. Si vous parlez de votre père à un ami, 父は看護師だ (chichi ha kangoshi da “mon père est infirmier”) est parfaitement correct. A noter qu’il est interchangeable avec 父親 (chichioya) dans ce contexte.

Par contre, lorsqu’on s’adresse à son père directement, on utilise une autre appellation plus familière comme とうさん/お父さん/パパ (tôsan/otôsan/papa). On pourrait penser que le “-san” (suffixe indiquant le respect) sonne trop formel mais comme le respect ça va de soi au Japon pour un enfant envers son parent, il n’y a aucune connotation particulière. On ne peut pas en tout cas l’assimiler au français “père” (“bonjour père” par exemple :p). Et pour le père d’un ami, on fait comment ? Eh bien un suffixe de respect s’imposant, “ton père” se traduira souvent en japonais par (あなたの)お父さん [(anata no) otôsan]. Ainsi, otôsan signifie à la fois “papa” (lorsqu’on s’adresse à quelqu’un de sa famille) et “ton/son/leur père” lorsqu’on parle d’un père autre que le sien à une personne tierce. Vous suivez ? ^^

Résumons

父 (chichi) : “mon père” (lorsqu’on parle à une personne tierce) ou les pères d’une manière général (fête des pères)

父親 (chichioya) : “mon père” (lorsqu’on parle à une personne tierce)

パパ (papa)/とうさん (papa) : “papa” (lorsqu’on s’adresse à son propre père ou à une personne de sa famille)

お父さん (otôsan) : “papa” (lorsqu’on s’adresse à son propre père ou à une personne de sa famille) ou “ton/son/leur père”  (lorsqu’on mentionne le père de son interlocuteur ou d’une personne tierce).

Sources : Gogen-allguide (formation du kanji), detail.chiebukuro (à propos de l’usage de chichi)

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4 réponses

    1. Oui ce que je voulais dire dans la légende, c’est plutôt de me demander d’expliquer le lien entre l’ancienne graphie et celle actuelle. Je me suis mal exprimé ^^.

  1. Eh bien un suffixe de politesse s’imposant, “ton père” se traduira souvent en japonais par (あなたの)お父さん (anata no otôsan).
    > c’est pas un prefixe plutôt ?

    1. Merci pour ce commentaire, j’ai réécrit la fin de l’article du coup pour ajouter un peu de clarté. Je m’étais un peu emmêlé les pédales en assimilant politesse avec respect alors que le suffixe さん est plutôt considéré comme une marque de respect. Donc j’aurais du écrire “suffixe de respect” même si c’est vrai que le préfixe honorifique お est également obligatoire lorsqu’on parle du père d’autrui (とうさん paraîtra bizarre pour le père d’un ami). Mais là c’est plus lié au fait que とうさん est un diminutif de おとうさん (du coup, il sonne trop familier).

      Si j’ai insisté sur la nécessité d’un préfixe de respect (さん ou さま) et non du suffixe honorifique (お ou ご), c’est parce que ce dernier est pas toujours présent pour les termes d’adresse. Par exemple lorsqu’on utilise le nom d’un invididu (たなかさん “monsieur tanaka”) ou son statut (パン屋さん “le boulanger”), il n’y a pas de préfixe.

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