Sumôtori (相撲取り) : le lutteur de sumo et ses appelations

Comme vous étiez nombreux à me demander la fonction “favoris”, je l’ai remis en place ce matin mais cela a nécessité de revenir à l’ancienne version de l’application. J’espère qu’elle fonctionnera bien chez tout le monde. :S

Le sumo, c’est un sport. Cependant, ses pratiquants sont tellement caractéristiques de par leur corpulence que dans le langage courant, il arrive qu’on dise “regarde, c’est un sumo”. Sacrilège ! 😀
Mais ce qui m’a par contre surpris, c’est de lire dans cet article que le terme sumôtori (相撲取り) n’était pas très employé par les japonais et qu’il était même un “manque de respect”. Vraiment ?

Origine du mot sumôtori et comparaison avec les autres appellations

Sumôtori s’écrit en japonais 相撲取り et je vais m’attarder plutôt sur le suffixe tori (取り). Il surprend en effet car on ne le retrouve pas pour les autres sports de combat. Au judo, on dit judôka (柔道家) et au karate, c’est karateka (空手家). Cela s’explique principalement par le fait que la pratique du sumo était à l’origine un rituel religieux. Et vu qu’on combattait pour les dieux, c’est le verbe torikumu (取り組む) “affronter/lutter” qui était le plus adéquat. Avec ka (家), on est plus proche de “pratiquant”. Cela s’est abrégé en tori et les lutteurs de sumo ont ainsi été désignés par le mot général sumôtori.

De nos jours, “faire un combat de sumo” se dit toujours sumô wo toru (相撲を取る). C’est pourquoi le mot le plus explicite pour désigner le lutteur de sumo est sumôtori, il n’y a pas de débat là dessus. C’est ce qui explique sans doute pourquoi il a été importé en France. Cependant, il est d’une part assez long et il a peut être un côte trop terre à terre. On lui préfère ainsi le terme rikishi (力士) littéralement “personne puissante” qui est certes plus vague (il ne renvoyait pas forcément aux sumôtori autrefois) mais peut être plus noble. C’est celle en tout cas qui est officielle vu qu’elle a été choisie par l’association officielle japonaise (nihon sûmo kyôkai 日本相撲協会).

Pour autant, est-ce vraiment malpoli de dire sumôtori ? Je serais plus nuancé là dessus. Ma femme n’était pas vraiment d’accord avec ce constat en tout cas, elle m’a simplement dit que rikishi plus court passait mieux à l’oral.  Par ailleurs, comme le mentionne l’auteur de l’article que j’ai cité, osumô-san (お相撲さん) semble être l’appellation orale la plus courante. Ça donne un petit côté affectueux avec une teinte de respect. ^^

Sources : zatugakuunun (différences entre les termes), detail.chiebukuro (à propos du verbe toru)