Nanakamado (七竈) : le sorbier, un arbre à sept fours ?

Il est possible que comme moi, vous n’aillez jamais entendu le terme “sorbier”. J’avoue pour ma part que venant pourtant de la campagne, je ne me suis jamais passionné pour les arbres mais davantage pour leurs enfants, les 木の子( kinoko, champignons). Ceci étant, quand un mot japonais possède des kanjis surprenant, j’avoue que j’ai envie d’en savoir plus. C’est ce qu’a bien compris une lectrice en me proposant 七竈 (nanakamado) littéralement “sept fours” qui n’a pas l’air d’avoir de rapport avec le sorbier.

Analyse et étymologie du mot nanakamado

Avant d’aborder l’étymologie de nanakamado, il convient d’expliquer ce qu’est le kamado (竈). Pris dans son sens très large, il s’agit du four mais si on creuse un petit peu, c’est surtout celui traditionnel alimenté au bois ou au charbon de bois. Pour les fours électriques plus récents, on emploie plutôt オーブン (ôbun). On peut donc assimiler cela à un foyer même si comme son nom l’indique (kama = marmite, do = lieu), sa fonction première est la cuisson.

Tout ça pour dire qu’il faut donc du bois pour faire fonctionner ce four et logiquement, on se doute que celui du sorbier du Japon (Sorbus commixta de son nom latin) pouvait servir de combustible. C’est effectivement cela et l’hypothèse retenue pour l’étymologie de nanakamado est généralement 七度かまどに入れても燃え残る (nanado kamado ni irete mo moenokoru). C’est à dire “même en le mettant sept fois dans un kamado, il continue à brûler“. Après quelques petites recherches sur le sorbier, j’ai pu effectivement trouver “son bois dur et dense est excellent à brûler, tel quel ou sous forme de charbon“. C’est apparemment comme charbon qu’il était surtout utilisé au Japon.

Concernant le chiffre 7, il ne faut évidemment pas le prendre dans son sens littéral, il signifie simplement “plusieurs/maintes (fois)”. Pour l’anecdote, il existe une autre hypothèse sur son étymologie (apparemment fausse) qui est citée dans certains dictionnaires japonais : 七度かまどに入れても燃えない (nanado kamado ni irete mo moenai) : “qui ne brûle pas même en le mettant sept fois dans un kamado“. On peut présumer que cela vient d’une mauvaise interprétation de 燃えにくい (moenikui) qu’on retrouve aussi, ce dernier signifiant littéralement “qui a du mal à brûler/se consommer” mais avec le sens “qui met du temps”.

Je vous invite enfin à écouter le podcast du jour où j’aborde une dernière hypothèse fantaisiste (visible dans cet article) qui est intéressante puisqu’elle permet de parler un peu de méthode. Et pour ce qui est de “trouver” l’origine d’un mot, il en faut !

Autres sources : Gogen-allguide (étymologie), kotobank (dictionnaires japonais)

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