Le corps, qu’est ce que c’est ? Jetons un coup d’œil au Larousse : “partie matérielle d’un être animé”. Cette “partie matérielle” peut soit être interne (“avoir mal dans tout le corps”), soit être externe (“avoir le corps couvert de blessures”). Voit-on les choses de la même façon avec le mot de vocabulaire japonais karada (体) ?

Evolution du mot karada et usage contemporain

Karada s’écrit habituellement avec le kanji 体 qui serait la forme (très simplifiée) de l’ancienne écriture . On peut y distinguer la clé de l’os 骨 sur la gauche et il semble qu’il signifiait pour simplifier”formation de beaucoup d’os”. Quoi qu’il en soit, il ne désignait que l’enveloppe externe du corps par opposition au mi (身) “la chair”, logement de l’âme. Peu à peu, cette distinction a fini par disparaître, karada signifiant aujourd’hui le corps dans son ensemble. Ce qui inclut donc la partie interne.

D’ailleurs, Karada peut également s’écrire 身体 (aussi prononcé shintai). La petite nuance apportée est que ce dernier recouvre forcément la totalité du corps. Alors que 体 dans certains contextes peut désigner uniquement le tronc (sans jambe ni tête). C’est pourquoi dans une lettre, on écrit plutôt pour l’écriture 身体 jugée plus polie. O-karada wo taisetsu ni (お身体を大切に) : Prenez soin de vous (de votre corps/santé).

 

Dans beaucoup de cas, on traduit karada par santé (健康 kenkô) et il peut également faire référence à la force/énergie physique (体力 tairyoku). Au moment de se quitter, les japonais disent très souvent karada ni ki wo tsukete ne (体に気をつけてね). C’est à dire “faites attention à votre santé/à ne pas en faire trop“. Et quelque chose qui est “bon pour le corps” (karada ni ii) est par définition bon pour la santé.

Ah oui, dernier petit point : si vous êtes grand et plutôt costaud, il y a des chances qu’on vous disekarada ga ôkî (体が大きい). Cela diffère un peu de se ga takai (背が高い) où l’on parle uniquement d’une grande taille sans faire référence à l’ossature.

Source : gogen-allguide (étymologie), Chigai-allguide (différences entre 体 et 身体)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.