Anime (アニメ) : la production des dessins animés japonais est-elle en péril ?

Beaucoup de français passionnés par le Japon ou le japonais l’ont été grâce aux anime (アニメ). Quel jeune ne connait pas Dragon Ball ou One Piece aujourd’hui ? Il y a cependant quelque chose dont on parle beaucoup moins, c’est la condition des travailleurs dans le monde de l’animation : petit état des lieux.

Origine du mot anime et usage en dehors du Japon

Anime s’écrit en katakana アニメ, ce n’est donc pas à l’origine un mot japonais. C’est en réalité la contraction de l’anglais anglais animation (アニメーション). Celui-ci est par ailleurs assez récent vu qu’il se serait popularisé vers la fin des années 1970. Auparavant, on avait recours au mot composé terebi manga (テレビ漫画) « manga de télévision ».

Et oui, cela va peut être en faire tiquer certains mais les anime font en quelque sorte partie de la catégorie des mangas. C’était davantage évident à l’époque mais ça reste le cas aujourd’hui. Donc si quelqu’un vous reprend avec un « il fallait dire anime et pas manga », vous pourrez vous défendre. Na !

Autre point intéressant : dans les pays anglo-saxons comme en France, il est d’usage d’employer le terme anime pour désigner les productions japonaises. C’est plutôt fréquent en langues : on emprunte un mot (animation), il se transforme (anime) et s’exporte par la suite. Seulement en français, on a déjà le mot dessin animé qui est similaire phonétiquement. C’est pourquoi certains se moquent en prétextant « on dit dessin animé ». Ces mêmes personnes utilisent pourtant le mot « manga » à la place de « BD japonaise ». Étrange non ?

Voici probablement les pires dessins de l’anime Dragon Ball Super… :S

Les conditions de travail dans le monde de l’animation au Japon

Vous avez peut être vu la récente série Dragon Ball Super diffusée à la télévision japonaise en 2016. Beaucoup se sont plaint de la mauvaise qualité des dessins et on ne peut pas leur donner tort. Oui, c’était effectivement indigne d’une production japonaise de cette ampleur, c’est un fait. Mais comment l’expliquer ?

D’une part, il faut être conscient d’une chose : produire un dessin animé, ça coûte cher, très cher. Pour un épisode de trente minutes, on estime les coûts d’environ 1 à 2,5 millions de yen (82000-202 000 euros). Une saison de 13 épisodes revient ainsi à approximativement 1,8 millions d’euros. Les sponsors sont certes là pour compenser mais ça ne suffit malheureusement pas. Si l’anime n’est pas un succès, cela devient vite problématique. Difficile de prendre des risques dans ces conditions.

De fait, la situation des travailleurs et particulièrement des dessinateurs dans le secteur est précaire. On paye environ 200 yen par dessin (1,8€), pour quelqu’un en freelance. Et les entreprises qui recrutent à plein temps sont de plus en plus rares. A ce propos, il y a eu un scandale en novembre 2016 pour l’une d’entre elle (P.A. Works). La raison ? Elle payait ses employés au lance pierre. Leur meilleure paye étant celle d’octobre 2016 : 67569 yen (environ 550 euros). Oui, c’est très peu.

Bien que ce soit un exemple extrême, il n’est pas rare que les salaires soient inférieur à 100 000 yen (820 euros). Et pour un nouveau, c’est même 200-300 euros par mois en travaillant 18h00 par jour en moyenne ! On estime qu’environ 90% des apprentis abandonnent au cours des trois premières années. D’où un vieillissement inquiétant dans le secteur. Les écoles pour devenir dessinateur se vident à l’inverse de celles pour doubleurs où la concurrence est très féroce. Vers une futur réforme ?

Sources : biz-journal (conditions de travail), originalnews (interview d’un dessinateur japonais), wikipedia (généralités)

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