Wana (罠) : le piège qu’on ne voit pas venir

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Le piège est un moyen très utile pour le professeur afin de briser une certaine routine de classe. Encore faut-il qu’on s’y prenne avec classe ! J’ai eu à ce sujet un professeur de math qui n’arrivait pas à contenir ses émotions lorsqu’il essayait de nous donner un problème insoluble (comme la division par zéro). Les plus observateurs répondaient donc “impossible” à chaque fois. (・w・)
En japonais, c’est en général wana (罠) qu’on emploie dans ce cas. Décortiquons-le ensemble ! 🙂

Origine du kanji de wana et usage du mot aujourd’hui

Dans le kanji 罠, il y a le composant 民 que vous connaissez probablement avec le sens “peuple” (国民 kokumin “peuple du pays” = citoyen). Cependant à l’origine, comme l’atteste les dictionnaire étymologiques de kanji tel le Shinkangorin, il aurait représenté un œil percé. On présume que c’est celui d’un esclave auquel on a ôté la vue. C’est pourquoi on suppose que 罠 s’interprète comme “filet (罒) qu’on ne voit pas (民)“. Je précise que le mot wana existait en japonais avant son association avec ce kanji et qu’il désignait en premier lieu les pièges pour animaux. Dans un premier temps, il s’agissait d’un mécanisme de forme ronde réalisé avec une corde et du bambou puis ça s’est élargi à tous les pièges.

C’est à dire le fameux “trou de loup” (落とし穴 otoshi-ana “trou dans lequel on fait tomber”), le ネズミ捕り (nezumi-tori “attrape souris”)… 罠にかかる (wana ni kakaru) : tomber dans un piège. Lorsqu’on arrive au XVIIIe siècle, notre wana prend une autre tournure puisqu’un sens figuré fait son apparition. Cela se fait en même temps que otoshi-ana et les deux permettent aujourd’hui de désigner le piège d’un professeur vicieux ou d’une personne malintentionnée. うまい話には罠/落とし穴がある (umai hanashi ni ha wana/otoshi-ana ga aru) : derrière de belles paroles se cache un piège.

Sources : Kotobank (dictionnaires de japonais), Ja.wikipedia (informations diverses)

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