Alors que les outils de traduction automatiques à l’instar de Deepl ont fait d’énormes progrès et que l’IA peut désormais être utilisée pour traduire et expliquer n’importe quel mot ou expression, j’utilise toujours pour ma part un dictionnaire électronique pour rédiger la plupart des articles sur Kotoba. Et il ne s’agit pas ici d’une volonté de “rester dans le passé” puisqu’il m’arrive aussi de passer par un LLM pour faciliter les recherches. En quoi ce type d’appareil spécialisé a-t-il encore de l’intérêt pour moi et possiblement pour vous en 2026 ?
Une réactivité qui reste incomparable
Les dictionnaires électroniques fonctionnent avec un système à clapet assez similaire à celui de consoles portables comme la Nintendo DS. En plus de réduire la place occupée par l’appareil, il y a un autre avantage : quand on l’ouvre, il est immédiatement opérationnel. Pas besoin en effet de presser un bouton, vous accédez directement au dernier dictionnaire consulté. Et comme je consulte principalement pour ma part le Nihon kokugo daijiten, j’accède à l’entrée voulue en moins de 15 secondes après l’allumage.

Mais cela ne s’arrête pas là : imaginons que j’ai envie d’approfondir un mot en consultant un autre dictionnaire. Il y a deux méthodes pour cela :
- Soit presser une touche du haut (dorée sur mon modèle) qui correspond au dictionnaire souhaité. Pas besoin de retaper le mot : la définition apparaît tout de suite.
- Soit utiliser la touche “jump”. On sélectionne ensuite le mot et on choisit l’un des dicos enregistrés dans l’appareil (le Petit Royal fr→jp par exemple). C’est un peu plus fastidieux puisqu’il y a deux étapes supplémentaires, mais on s’y fait avec un peu d’expérience.
Il est aussi possible avec la fonction “かんたんサーチ” (kantan sâchi = “recherche rapide”) de rechercher dans tous les dictionnaires à la fois. Par exemple, ça donne ça avec 突然 (totsuzen “soudain/brusquement”) :

Si vous faites de la traduction ou que vous avez besoin comme moi de consulter différentes ressources pour faire la synthèse d’un mot, cet aspect pratique est plus que bienvenu.
Une autonomie exceptionnelle
Je sais : le critère de l’autonomie n’est pas vraiment “décisif” pour un appareil que j’utilise principalement à la maison. Après tout, il suffit d’être un peu organisé pour ne pas oublier de le recharger. Ceci étant dit, j’ai envie de louer le mode veille extrêmement peu énergivore des dictionnaires électroniques Casio (je n’ai pas testé d’autres marques pour le moment). C’est simple : je ne change les piles qu’une fois tous les deux mois environ, et encore.
Donc quand le constructeur indique “130 heures d’autonomie” (avec des piles alcalines), il faut se dire que c’est en utilisation continue. Cela n’a rien à voir en tout cas avec un smartphone qui s’éteint tout seul après seulement 3-4 jours en veille. Si vous êtes étudiant et que vous êtes souvent en déplacement, c’est quand même un point intéressant.
Un appareil qui permet d’éviter toute distraction
Je voulais au départ évoquer le fait qu’un dictionnaire électronique n’a pas besoin de connexion internet pour fonctionner (les modèles Casio jusqu’au Data Plus 10 ne peuvent d’ailleurs pas se connecter à internet). Mais bon, on est en 2026 et à moins de se retrouver en pleine montagne, il n’est pas bien compliqué de trouver une connexion 4G/5G.
Par contre, on peut souligner le fait qu’il ne sert que pour l’apprentissage du japonais. Bon en vrai, il est aussi possible d’écouter de la musique classique avec (1 000 morceaux sont enregistrés dans la mémoire interne à partir des Data Plus 6), mais ce n’est ça qui vous empêchera d’étudier. Avec un denshi jisho, pas de notifications intempestives, pas de réseaux sociaux… Le rêve, non ? (ಥ_ಥ)
Pour ma part, afin de me mettre en mode “boulot”, j’ai parfois besoin de couper avec tout le reste. Même si ça reste compliqué dans les faits puisque j’utilise forcément mon ordinateur pour écrire les articles sur Kotoba. Argh ! (・・)
Tout n’est quand même pas parfait, j’avoue
Ce serait mentir que de vous dire que je n’utilise QUE le dictionnaire électronique pour le japonais. Il existe en effet quelques limites à avoir en tête :
- Les dictionnaires internes ont plus de 10 ans pour la plupart et il n’est pas possible de les mettre à jour. Si vous recherchez un terme récent en katakana ou qu’un mot a vu son usage évoluer récemment (genre 沼 numa par exemple), vous l’avez dans l’os.
- Un manque d’infos sur certains mots qui m’oblige à consulter le net. Récemment, j’ai été un peu embêté avec 勘違い (kanchigai) : il y avait très peu d’explications et phrases d’exemples alors que c’est un mot qu’on utilise fréquemment. Ce type de cas est assez rare cela dit.

Autrement pour les débutants, il faut composer avec une interface tout en japonais, ce qui demande un certain effort au début. Mais c’est aussi un avantage à niveau intermédiaire puisqu’on est “plongé” dans la langue japonaise pour notre plus grand bonheur.
Au passage, si vous hésitez entre plusieurs modèles de dictionnaires électroniques, n’hésitez pas à consulter mon guide dans lequel je reviens sur les différentes générations (Data Plus 3 à 10) et les séries (4800, 9800, 10000…). \(^◇^)/


