Définition des giseigo
Les giseigo (擬声語) constitue l’une des classes d’onomatopées de la langue japonaise. Comme l’indique le kanji 声 (“voix”, koe), elle regroupe les mots imitant directement la voix humaine, mais également les cris des animaux. En exemple classique, on peut citer l’onomatopée ワンワン (wan wan) qui est l’aboiement du chien (“ouaf ouaf” en français).
Pour info, le mot 擬声語 est celui qui est le plus ancien en japonais (1904) pour décrire les onomatopées. C’est pourquoi il incluait au départ les 擬態語 (gitaigo, 1914) alors que ces derniers n’imitent pas de son. Aujourd’hui, il y a une nette distinction nette entre les deux termes, même si la page Wikipédia générale sur les onomatopées a pour titre 擬声語.
Exemples détaillés de 擬声語
Si les giseigo ne sont pas vraiment propres au japonais, on peut dire qu’ils sont particulièrement variés. Il y en a d’ailleurs souvent plusieurs pour un même animal : toujours à propos du chien, celui-ci fera キャンキャン (kyan kyan) s’il est furieux. Chez l’homme, on trouve aussi des nuances pour plusieurs émotions :
- Le rire qui peut être discret (クスクス kusu kusu, à ne pas confondre avec le couscous !) ou sonore (ゲラゲラ). 子供たちがゲラゲラ笑っている (kodomotachi ga gera gera waratte iru) : les enfants rient bruyamment.
- Les pleurs qui peuvent aussi être silencieux (シクシク), bruyants (エーン een/ウワーン uwân), voire carrément insupportables (オギャー ogyaa, typique du bébé qui hurle). 彼女は静かにシクシク泣いていた。(Kanojo ha shizuka ni shiku shiku naite ita) “Elle pleurait en silence”.
Toujours concernant les émotions justement, il n’est pas toujours facile de distinguer un giseigo (擬声語) ou d’un gijôgo (擬情語) qui décrit pour sa part des sensations internes (sans son donc). Par exemple, いらいらする (ira ira suru) décrit l’irritation sans bruit (gijôgo), alors que ぶつぶつ言う (butsu butsu iu) évoque un ronchonnement à voix basse (giseigo).
Giseigo ou giongo ?
Il se peut que vous trouviez des ressources qui placent les giseigo (擬声語) dans la catégorie des 擬音語 (giongo). En fait, si on part du principe que 音 (“bruit”) a un sens plus large que 声 (“voix”), cela se tient. Cela dit, il est plus courant de considérer que giseigo = sons produits par les cordes vocales des êtres vivants et giongo = autres sons (tonnerre, objet qui tombe, instruments…). C’est en tout cas ce qui est proposé dans la catégorisation réalisée en 1978 par 金田一 (Kindaichi) qui a le plus de poids aujourd’hui.
Notez au passage que pour l’un ou pour l’autre, on utilise plus souvent les katakana pour les transmettre à l’écrit. Ce n’est pas une règle absolue, mais ça se vérifie dans une grande majorité de cas. Cela vient sans doute du fait qu’on a pris l’habitude de transcrire les sons (dont ceux provenant des langues étrangères) en katakana et que c’est plus facile à repérer visuellement dans une phrase composée de kanji et hiragana.