Définition des gitaigo
Si on part du principe que les onomatopées doivent évoquer un son, les gitaigo (擬態語) n’en font pas partie. Ceux-ci décrivent en effet des états, des manières, des sensations ou des actions sans “son” réel. Ils s’opposent donc aux 擬音語 (giongo) et aux 擬声語 (giseigo) qui évoquent tous les deux des sons. De fait, on devrait plutôt parler de “mots mimétiques” pour les gitaigo, même si j’emploie volontiers “onomatopée” à titre personnel.
Pour la petite histoire, les gitaigo étaient considérés à l’origine comme une sous-catégorie des giseigo, ce qui peut créer une certaine confusion. De nos jours, c’est la classification proposée par Kindaichi Haruhiko (金田一春彦) en 1978 qui a le plus de poids. À savoir deux grandes catégories (擬音語 giongo “onomatopée de son”/擬態語 gitaigo“onomatopée d’état”). Dans chacune d’entre elles, on trouve des sous-catégories (擬声語 giseigo “onomatopées de voix”, 擬情語 gijôgo “onomatopées de sensation” et 義容語 giyôgo “onomatopées sur l’état externe”).
Là où c’est un peu complexe, c’est que les gitaigo sont aussi une sous-catégorie des gitaigo dans la classification de Kindaichi. Et quand il est question de cette sous-catégorie, on se réfère aux mots qui évoquent l’état d’éléments inanimés (textures, mouvements, effets visuels…). Les exemples qui vont suivre correspondent à celle-ci. Vous suivez ? ^^
Exemples de 擬態語
Premier élément notable : la plupart des gitaigo s’écrivent habituellement en hiragana, même si le choix du syllabaire reste assez libre pour les onomatopées en général. Voici quelques exemples emblématiques :
- きらきら (kira kira) : qui brille/scintille (diamant…). 湖が月光できらきらしていた。(mizuumi ga gekkô de kira kira shite ita.) : “Le lac brillait sous le clair de lune.”
- ふわふわ (fuwa fuwa) : qui est doux/moelleux au toucher. ふわふわしたクッション (fuwa fuwa shita kusshon) : “un coussin moelleux”.
- ぐちゃぐちゃ (gucha gucha) : qui est dans un sale état (écrasé, mouillé…) par rapport à celui initial. 卵がぐちゃぐちゃにつぶれた。 (tamago ga gucha gucha ni tsubureta.) : “Les œufs ont été complètement écrasés.
Remarques : on peut utiliser les gitaigo comme des adverbes, mais aussi comme des adjectifs et des noms verbaux (avec する notamment).
Gitaigo ou giongo ?
Sans même prendre en compte les deux autres sous-catégories mentionnées précédemment (擬情語 et 義容語), il faut avoir conscience qu’il n’est déjà pas toujours simple de distinguer les giongo (“mots imitant des sons”) des gitaigo (“mots imitant un état”). L’exemple le plus souvent cité est どきどき/ドキドキ (doki doki). Est-ce le bruit des battements de cœur ou bien l’état d’excitation associé ? On peut lever en partie l’ambiguïté à l’écrit grâce aux katakana/hiragana, mais c’est forcément imparfait.
On peut également citer le cas de どんどん/ドンドン (don don) qui peut désigner des bruits répétés (tambour…) ou bien une progression plus ou moins rapide. Gardez ainsi en tête que ce système de catégorisation a de toute façon des limites et qu’une même onomatopée se retrouve souvent dans plusieurs catégories.