Dictionnaires de japonais

Je vais vous délivrer un petit secret. Lorsque j’écris des articles sur Kotoba, il y a un outil que j’utilise absolument : un dictionnaire. Et j’insiste sur le déterminant « un » puisque dire « le dictionnaire » est un abus de langage. En effet, ceux-ci sont divers et variés surtout lorsqu’il s’agit d’une langue comme le japonais. Ce dossier a pour but de vous guider dans votre choix car entre les traditionnels en papier, les électroniques et ceux en ligne, il y en a du choix justement ! 😀

Avant toute chose, j’aimerais prévenir afin d’être le plus transparent possible qu’il y a des liens d’affiliations dans ce guide. Ceux-ci n’ont été placés que pour les produits que je recommande. Et vous verrez qu’ils sont en fait très peu nombreux. 😀

Sommaire :

1) Les dictionnaires papier

Protocole de test
Assimil Dictionnaire Japonais
Les dictionnaires japonais de la librairie You-Feng
Le Petit Fujy Diko
Le Dicoyama
Le Jisho 01 et 02
Dictionnaire Japonais-Français Concorde
Conclusion

2) Les dictionnaires électroniques

Test du dictionnaire électronique Ex-Word XD-R7200
Conclusion

3) Les dictionnaires en ligne

WordReference
Dictionnaire-Japonais.com
Wiktionnaire
Conclusion

4) Le dictionnaire intégré à la Kindle d’Amazon

Dictionnaire japonais-français payant de Jean-Christian Imbeault
Conclusion

Conclusion générale

1) Les dictionnaires papier français-japonais/japonais-français

Personnellement, il y a bien longtemps que j’ai arrêté de consulter un dictionnaire en version papier. Tout simplement parce qu’ils sont encombrants en plus d’être particulièrement onéreux (pour les meilleurs). Cela dit, ils ont l’avantage d’être fiables pour certains, enfin ceux réalisés par des professionnels du moins. Et si vous voulez vous plongez la tête baissée dans les études sans être distrait par un écran, ils ont leur utilité ! 🙂

Voici donc un comparatif réalisé avec les échantillons des dictionnaires que l’ont m’a envoyés. Je tiens à remercier à ce sujet Geneviève Deliry,  Ma’-chan, Cecile Levraud, Robert Ulysse Chtoulou, Francis Golly, Anne Garsuault et mon ami Aurore. Sans ces personnes, l’écriture de ce guide n’aurait pas été possible ! 🙂

Protocole de test

Afin de comparer tous ces dictionnaires sur un point d’égalité, j’ai choisi arbitrairement ces mots :

  •  sensei (先生) : comme on l’avait vu dans l’article, il s’agit d’un terme très ancré dans la culture japonaise. Il signifie certes « professeur/enseignant » dans son sens premier mais s’utilise aussi couramment comme titre pour certains corps de métiers (médecins…). Un bon dictionnaire devrait selon moi indiquer au minimum ces deux significations.
  • taijû (体重) : bien qu’on le traduit naturellement par « poids », il est important pour moi de préciser que ce n’est pas n’importe lequel. Le japonais est parfaitement clair ici, c’est uniquement celui du corps (karada 体). J’attends donc qu’un dictionnaire précise « corporel/du corps ».
  • poids : là c’est uniquement pour les dictionnaires comportant une partie français-japonais. J’ai choisi « poids » vu qu’il est polysémique et qu’il possède des sens concrets (poids d’un corps/objets, poids d’étalonnage pour balances…) et abstraits (poids d’un argument, poids des années…). C’était aussi pour vérifier si taijû était bien indiqué car il s’agit d’un mot très courant.

Pour le fun, j’avais aussi demandé si le dictionnaire contenant le mot yosoyososhii (よそよそしい « froid/distant »). Tout simplement parce qu’un dico que le dictionnaire payant de la Kindle ne le contenait pas. J’indiquerai donc juste à la fin s’il est présent ou non mais je vous expliquerai dans la conclusion en quoi cela n’a pas vraiment d’importance selon moi.

Je vous avais également demandé l’introduction des dictionnaires afin d’essayer de comprendre le but de leur écriture et le public visé. Je vais l’aborder rapidement pour certains dictionnaires lorsque j’estimerai que c’est pertinent.

Assimil Dictionnaire Japonais

Edition de 2013 à gauche et celle de 2009 (Assimil Kenerman) à droite. A priori, les changements sont minimes entre les deux. Les échantillons viennent de l’édition de 2009.

Entre nous, j’ai toujours eu un apriori négatif sur l’entreprise Assimil. J’en ai en effet l’image de méthodes pour « grand public » promettant monts et merveilles mais avec un contenu très limité. Pourtant, il faut reconnaître que ce dictionnaire Assimil japonais en a du contenu : 24 000 entrées et 135 000 mots avec attention, 35 000 exemples d’utilisation. Sur le papier, ça a l’air plutôt prometteur.

Avant de m’attaquer au dur, j’aimerais pointer un défaut plutôt gênant : la transcription hasardeuse en rômaji. Par exemple pour le mot sensei, ils ont choisi sensee. Je précise qu’il n’y a pas qu’une seule manière de transcrire en rômaji. J’utilise pour ma part la méthode Hepburn (celle qu’on voit à la fac), c’est à dire し shi ou ち chi. Avec une autre méthode comme celle Kunrei-shiki, c’est respectivement si et ti.

Cependant, malgré quelques recherches, je n’ai pas trouvé une méthode connue qui transcrit えい en ee ou encore おう en oo comme c’est le cas ici. Le principale problème de ce choix, c’est que cela peut créer la confusion. Surtout pour le えい en fait puisque avec la méthode Hepburn, c’est ei tandis que ええ devient ee. Ici, que ce soit えい ou ええ, c’est toujours ee. Donc pour un débutant qui est habitué à la graphie « conventionnelle », cela peut être gênant. Heureusement, il y a la transcription en kana à côté qui est là pour lever le doute.

Venons en maintenant au principal, à savoir les traductions et explications proposées pour chaque mot. Comme vous pouvez le voir avec sensee (pour reprendre leur écriture) en haut à droite, c’est plutôt complet. Ils indiquent en effet à la fois qu’il signifie professeur/maitre(sse) mais aussi que c’est un titre (pour les médecins et députés par exemple) et qu’il peut servir de suffixe (tanaka sensee). Les phrases d’exemple et mots composés me semblent être pertinents et correctement traduits.

On passe à la partie français-japonais avec poids sur la gauche. Déjà hasard ou non, il y a une coquille vu qu’ils ont indiqué achijuu ga fueru au lieu de taijuu ga fueru. A noter qu’il s’agit de l’ancienne édition de 2009, peut être que ça a été corrigé pour celle de 2013. Bref, on voit en tout cas qu’ils ont bien pensé à donner les différents sens concrets et abstraits de poids : ce que pèse qqn ou qqch, le poids lourd, effet pénible et importance.

Par contre, on remarque que pour le sens 1, ils proposent en vrac les mots omosa (重さ),  juuryoo (重量) et taijuu (体重). Cela oblige donc à chercher ensuite chacun des termes dans le sens japonais-français. Ainsi, lorsque l’on recherche taijuu par exemple, on a bien « poids du corps » (à droite).

Pour résumer, ce dictionnaire Assimil de japonais semble finalement très correct si on oublie ce choix concernant la romanisation. Les mots sont plutôt bien décrits avec des phrases d’exemple pertinentes. A titre personnel, j’aurais aimé avoir des petites indications d’usage à la place des rômaji. Mais bon, c’est un détail. A noter qu’il ne contient pas le fameux mot yosoyososhii. Oh… :S
Autre chose : avec ses 1280 pages, il ne tient pas vraiment dans la poche. Et oui, on ne peut pas tout avoir ! Concernant son prix, il est plutôt honnête vu qu’il est proposé à 22,90€ sur Amazon.

Les dictionnaires japonais de la librairie You-Feng

Pas d’amalgame, pas d’amalgame ! Pourtant ici, je m’autorise à en faire un. Tout simplement parce que les dictionnaires de japonais venant de cette « librairie/éditeur » ont un point en commun : ils sont tous médiocres voir mauvais ! 😀

Je vais quand même vous présenter ici les scans venant des ouvrages « Dictionnaire Thématique Japonais-Français« , « Petit Dictionnaire Japonais-Français (Avec transcription phonétique japonaise en lettres latines) » et enfin « Dictionnaire Japonais-Français & Français-Japonais (Joël Perrin/Viviane Wenqian Perrin). A chaque fois, je vais m’efforcer de respecter cet ordre dans leur description. On commence donc avec le mot sensei :

Alors un petit mot sur le dictionnaire thématique (gauche) déjà puisque comme son nom l’indique, il classe les mots par thème. L’idée paraît pas forcément mauvaise, encore faut-il que ce soit bien fait. Ici, les mots et expressions sont organisés un peu n’importe comment en plus d’être également traduits n’importe comment. Par exemple, daigaku sensei (大学先生 littéralement « professeur d’université ») est traduit par « universitaire ». Puis même le choix des mots est étrange, on n’emploie quasiment jamais shôgaku sensei (小学先生) pour la maîtresse d’école mais plutôt shôgakkô kyôshi (小学校教師) ou bien shôgakkô no sensei (小学校の先生) par exemple. Bref, on sent que cela a été fait sans véritable réflexion ni réelle connaissance de la langue japonaise.

On passe maintenant à l’ouvrage du milieu, le Petit Dictionnaire Japonais Français. On remarque déjà le choix discutable de transcrire せんせい par sensē en rômaji au lieu de sensei. Comme pour l’Assimil, je pense que cela peut créer la confusion. Mais ce dictionnaire va plus loin puisqu’il donne quelques traductions pêle-mêle (instituteur; maître d’école; professeur) sans phrases d’exemples ni indications d’usage. On remarque que c’est un peu plus complet pour d’autres mots comme sensaku au dessus mais cela reste beaucoup trop vague et succinct.

Le constat est presque identique pour le dictionnaire de droite sauf pour la romanisation qui semble bonne. Il donne lui deux traductions de plus qui sont docteur et maître. Mais bon, cela ne change rien au fait que sans indication linguistique ni exemples d’utilisation, on est un peu paumé. Il est indiqué dans la préface qu’il s’adresse « non seulement à des étudiants mais aussi à des lecteurs avertis ». On aurait aimé que les rédacteurs se mettent un peu à la place de ces étudiants justement…

Allez, on passe maintenant à taijû qui n’était apparemment pas présent dans le dictionnaire thématique. Enfin bon, vu sa médiocrité, cela ne me surprend pas vraiment. 😀

Pour ce mot, c’est déjà mieux puisqu’il est proposé « poids (de son corps) » ou bien « poids du corps ». Cela parait certes évident mais vous allez voir par la suite que ça ne l’est pas pour d’autres ouvrages. 😀
Le dictionnaire de droite indique également le pèse-personne taijûkei (体重計), ce qui n’est pas une mauvaise idée.

On arrive donc enfin à « poids » que seul le Dictionnaire Français Japonais & Japonais Français propose étant donné que les autres n’ont pas de sens français-japonais. Je mets en bonus le mot yosoyososhii qu’il est le seul à référencer parmi les trois :

Alors là, plusieurs choses m’étonnent. La première, c’est d’indiquer fundô (分銅) avant taijû. Pour info, ce fundô correspond à un objet qui est le poids d’étalonnage (500 grammes, 1 kilos…). C’est donc à priori un mot qui n’est presque jamais employé et surtout pas par un débutant. En plus de ça, l’indication « balance » est beaucoup trop vague, je n’avais pas fait le lien tout de suite pour ma part. Enfin, je n’ai pas compris non plus ce que venait faire ici jûatsu (重圧) qui correspond effectivement à la pression comme indiqué.

On aurait préféré avoir un sens plus abstrait comme le poids des arguments par exemple. En résumé, on sent qu’ils n’ont pas vraiment pensé aux apprenants, on balance des mots et hop, advienne qui pourra ! Pour le yosoyososhii, il est certes traduit correctement mais sans indication d’usage ni phrases d’exemples, ça n’a aucun intérêt encore une fois, autant avoir recours à un traducteur automatique.

Pour conclure avec ces trois dictionnaires, je dirais qu’ils flirtent entre le médiocre et le mauvais (surtout le thématique). Je ne vous les recommande donc pas malgré leur faible prix. Autant télécharger consulter un dictionnaire en ligne à ce niveau, cela vaudra mieux pour votre portefeuille. Ce qui est incroyable, c’est qu’il y a bien pire. J’ai nommé « Le Petit Fujy Diko Français-Japonais ». Accrochez vous bien, ça va secouer ! 😀

Le Petit Fujy Diko Français-Japonais Japonais-Français

Première remarque : l’éditeur de cet ouvrage s’appelle Kotoba mais je n’ai strictement rien à voir avec lui. D’ailleurs quand j’ai créé ce blog, je me suis demandé ce que valait ce dictionnaire. Là j’ai eu ma réponse et c’est… consternant.
Contrairement aux livres de la librairie You-Feng, lorsqu’on cherche ce dictionnaire Petit Fujy, on tombe en général sur des avis positifs. Malgré son format de poche, il serait très complet et facile d’utilisation. A ce sujet, je n’hésite pas à vous citer un extrait de la préface écrite par le président de Renault et de Nissan Carlos Ghosn en personne :

« Depuis 20 ans, ce petit dictionnaire élaboré par une équipe franco-japonaise s’est continûment enrichi, modernisé et adapté aux besoins concrets de ses utilisateurs. Bien pensé et astucieusement conçu, il réussit l’exploit d’être à la fois complet, simple et facile d’usage »

Je précise qu’il s’agit de la 7ème édition sortie en 2007 et qu’il en existe une 8ème aujourd’hui. Les changements concernent principalement des coquilles, considérez donc que la dernière édition est quasi identique à celle du test. Afin d’aller plus vite, j’ai regroupé les trois mots en un seul scan :

Première remarque sur la forme : en plus de proposer une romanisation bancale comme un おう devenant oo et même des accents aigus (tékubi au lieu de tekubi), ce Petit Fujy fait l’exploit de passer outre les kana en n’indiquant que l’écriture en kanjis (quand c’est possible). C’est tout simplement parfait pour le débutant cherchant à faire le plus de confusions possibles. On aurait pu cela dit faire pire en ne proposant que les rômaji ou que les kanjis. Allez, il y a encore de la marge ! 😀

Ensuite, c’est également le premier à ne pas mentionner « du corps/corporel » pour la traduction de taijuu. Après tout, c’est évident quand on connait les kanjis, hi hi ! Là encore, le débutant passe à la trappe. Franchement, je ne m’attendais pas à tomber sur un dictionnaire ne l’indiquant pas. Je m’étais malheureusement trompé.
Pour sensei maintenant, vous n’aurez droit qu’à la traduction « professeur, maître (sse) ». Le minimum vital quoi, tant pis pour les médecins et autres professions. Pour rappel, le terme sensei désignait un titre avant de signifier de manière générale « professeur/enseignant ».

On finit avec le mot poids et là stupeur, on retrouve encore le fameux fundô (écrit fundoo). Il semble que ce soit les rédacteurs de ce dictionnaire qui aient eu l’idée en premier. En effet, ceux de la librairie You-Feng avouent s’être inspirés d’autres dictionnaires. Mais ce petit Fujy fait encore mieux en ne présentant pas taijû. C’est vrai qu’en y réfléchissant bien, on aborde plus souvent le sujet des poids d’étalonnage que celui du corps humain. A noter qu’avec qu’après la mention autorité, ils proposent les mots ken’i (権威) et eikyooryoku (影響力). C’est à vous de choisir entre celui qui sonne le mieux quoi ! ^^

Cerise sur le gâteau, il n’y a même pas le mot yosoyososhii dis donc ! Evidemment c’est un détail ici. Bref, ce dictionnaire est tout simplement une honte absolue et je pèse mes mots. Ceux qui en disent du bien ne l’ont soit jamais eu en main, soit sont influencés par quelque chose. C’est en tout cas le pire de la liste avec le thématique. :S

Le Dicoyama français-japonais et japonais-français

On continue notre périple avec un dictionnaire assez méconnu qui porte le nom sympa de Dicoyama. Yama signifiant « montagne », on a donc un joli dessin du mont Fuji à l’arrière. Pourquoi pas ! 😀
Comme pour le petit Fujy, il s’agit d’un dictionnaire de poche. On va voir s’il fait mieux avec les différents mots de test :

Déjà on remarque que là aussi, le choix a été fait de faire l’impasse sur les kana (quand c’est possible). C’est probablement pour des contraintes de places mais cela reste une mauvaise idée selon moi. Le Dicoyama s’en sort un peu mieux puisqu’il adopte la romanisation « standard » (méthode Hepburn pour rappel). Celle-ci n’est pourtant pas parfaite puisque おお et おう se transcrivent de la même façon, c’est à dire ô. Donc pour celui qui n’est pas à l’aise avec les kanjis, c’est bien d’avoir aussi les kana à côté.

Sinon, je n’ai pas grand chose à ajouter si ce n’est que c’est pas terrible encore une fois. On a droit à uniquement « institueur, professeur, maître » pour sensei et ils indiquent seulement « poids » pour taijû. On trouve cela dit quelques exemples d’usage comme taijû wo hakaru (se peser) mais ça manque clairement d’explications. Et pareil concernant les traductions proposées pour poids, on a carrément omori (錘) ici qui est un terme encore plus rare que fundô. Et pas de taijû bien sûr ! 😀
Bref, je me répète mais cela ne présente aucun intérêt de référencer des mots s’il n’y a aucun exemples d’usage ni indication.

A noter qu’il a quand même le mérite de contenir notre fameux yosoyoshii en proposant aussi la traduction « froid, distant ». C’est toujours mieux que rien ! Pour résumer, il est un peu mieux que le Petit Fujy mais reste selon moi trop moyen. Ca pouvait passer avant l’arrivée d’internet mais il faut se tourner vers autre chose désormais.

Le Jisho 01 et 02 : Dictionnaire Français-Japonais et Japonais-Français

On retrouve ici un dictionnaire appartenant à la même édition que le Dicoyama, c’est à dire « Nouvelle Ecole ». Il s’agit une nouvelle fois d’un format de poche avec un dictionnaire pour le sens français-japonais (01) et un autre pour le japonais-français (02). Voyons voir s’il se démarque des autres :

Pour la partie japonais-français, il n’y a apparemment aucune différence avec le Dicoyama pour les mots sensei et taijû du moins. Par contre pour le sens français-japonais, il y a du changement. On a en effet trois entrées cette fois-ci pour poids : « lourdeur », « pour balance » et « importance ». C’est certes un peu plus explicite mais ça ne change strictement rien au final. On n’a aucune idée de la façon d’utiliser ces mots et au passage, taijû n’est même pas répertorié. Un comble quand même…

Bref, même constat que pour ses camarades, c’est médiocre/mauvais. Désolé d’être redondant, on va passer cette fois-ci à quelque chose de radicalement différent. J’ai l’honneur de vous présenter le Dictionnaire japonais-français Concorde ! 🙂

Dictionnaire japonais-français Concorde

Ce dictionnaire est totalement différent de tout ceux présentés précédemment pour une raison simple : il est prévu pour les japonais. Ainsi, son introduction et sa préface sont en japonais. Et inutile de vous dire qu’il n’y a pas de rômaji et qu’il faut au minimum connaître ses kana pour le lire. Enfin, on va voir qu’il faut même connaître les kanjis et vocabulaire de base. Donc si vous êtes débutant, vous pouvez passer votre chemin ! Voici les scans pour les mots senseitaijû et yosoyososhii :

Là vous voyez que pour せんせい (先生), c’est assez complet ! Ce que j’apprécie, c’est qu’on a les traductions « monsieur/madame/mademoiselle ». Car comme je l’avais expliqué dans l’article concerné, sensei est avant tout une marque de respect. En français, l’appellation « vous » ou encore « monsieur/madame » correspondent bien à cet effet voulu. Le problème, c’est que si on est pas à l’aise avec les indications en japonais, c’est quasiment illisible. Autre chose : on n’indique pas clairement que c’est un titre honorifique (keishô 敬称) étant donné que c’est évident pour les japonais.

Pour たいじゅう (体重), il est bien précisé « du corps » avec des phrases d’exemple à côté. Encore une fois, il faut vraiment avoir un niveau confirmé en japonais, je dirais autour du JLPT N3/N2, ce qui n’est pas rien. Pour よそよそしい enfin, on trouve des phrases d’utilisation en plus des traductions froid/indifférent/distant/peu cordial.

En conclusion, ce dictionnaire Concorde est pas mal du tout encore faut-il maîtriser un minimum le japonais. Du coup, c’est assez paradoxal mais j’ai envie de dire qu’il ne sert à rien pour nous. En effet, lorsqu’on atteint un certain niveau de japonais, le mieux est d’utiliser un dictionnaire japonais-japonais pour une meilleure compréhension. Néanmoins, si vous êtes traducteur par exemple, ça peut être toutefois utile. Car c’est pas toujours évident de trouver le mot français adéquat quand on a uniquement une définition en japonais ! 🙂

Conclusion pour les dictionnaires papier français-japonais et japonais-français

Au final, ce dossier aura mis en lumière une chose :  les dictionnaires papier de japonais pour débutants francophones sont quasiment tous mauvais. On pourra certes leur trouver comme excuse des contraintes de place et donc l’impossibilité d’être trop explicite. Cependant, c’est rarement leur seul défaut et surtout, il vaut mieux ne rien sortir que mettre un ouvrage trop vague. Surtout que depuis l’arrivée d’internet, on peut se passer des dictionnaires papiers. En particulier s’ils sont médiocres !

Un mot sur yosoyososhii : étant donné qu’il s’agit d’un terme relativement rare, j’estime que ce n’est pas très grave s’il n’est pas répertorié dans un dictionnaire pour débutant (comme le Assimil). Pour moi, le plus important ici, c’est surtout la qualité et le référencement des mots les plus employés. Cela vaut surtout pour la partie japonais-français puis qu’arrivé à un certain niveau, on se tourne vers un dico japonais-japonais. Surtout pour des mots abstraits qui nécessitent davantage de d’explications qu’une simple traduction pour être parfaitement compris.

Bref, le seul ouvrage destiné aux débutants que je trouve plutôt bon pour le moment est donc le Dictionnaire Assimil Japonais. Et croyez moi, je n’aurais jamais cru dire ça une semaine auparavant tant j’avais un apriori négatif sur cette boite. A prendre avec des pincettes du moins car je n’ai jamais eu le dictionnaire en main. Il s’en sort très bien en tout cas sur les mots de test (que je n’ai pas choisi pour lui faire plaisir, je vous jure ! :D).

On continue cette fois-ci avec les dictionnaires électroniques où je vais essayer d’être moins long ! :S

2) Les dictionnaires électroniques japonais-français et français-japonais

On entend beaucoup dire sur le net « les dictionnaires électroniques, c’est le top. Un dictionnaire papier à côté c’est naze ».
Il est vrai que les dictionnaires électroniques ont beaucoup d’avantages. Une base de données hallucinante avec des encyclopédies intégrées, la possibilité de rechercher un mot en un éclair, une absence de contrainte de place occasionnant une foison de phrases d’exemple, un format réduit… Sur le papier (désolé pour ce jeu de mot), ils sont donc impressionnants. Cependant ils ont un principal défaut similaire au dictionnaire Cordial : ils sont prévus pour les japonais.

Ça c’est rigolo mais tout le monde l’oublie ! Comme si c’était quelque chose de parfaitement évident. Hors, nous allons voir avec l’exemple du dictionnaire électronique que j’utilise que pour un débutant, c’est souvent contraignant. Car ce qui va sans dire pour un japonais ne va pas sans dire pour un français et inversement. Allez, on passe au test !

Dictionnaire électronique Ex-Word XD-R7200 Français-Japonais

Comme vous pouvez le voir, il s’agit d’un dictionnaire électronique plutôt simpliste puisqu’il ne permet pas d’écrire les kanjis au stylet par exemple. Néanmoins, le plus important selon moi est le contenu et cela varie d’un appareil à l’autre. Je vais essayer donc d’être le plus général possible dans mes explications. Pour info, le mien contient le dictionnaire français japonais « Crown 5ème édition (2001) » et le dico japonais-français « Concise 2ème édition 1995« . Ça date un petit peu ! :S

On commence donc toujours par sensei et je pense que ce dictionnaire Concise est un peu trop concis pour le coup vu qu’il n’y a aucun exemple d’utilisation pour ce mot. Mais je crois que ce n’est pas forcément étonnant vu qu’il s’adresse à des japonais. Pourquoi leur expliquer que c’est un titre ou autre alors qu’ils sont censés déjà le savoir ? Bref, il est possible que vous obteniez un résultat similaire avec les autres dictionnaires électroniques. C’était d’ailleurs pareil pour le dictionnaire papier Cordial ! 🙂

C’est au tour de taijû avec cette fois-ci des exemples d’utilisation. Si vous ne savez pas lire les kanjis de base, c’est problématique toutefois vu qu’il n’y a pas la transcription en kana ou rômaji. On note toutefois qu’ils ont bien précisé mis entre crocher « du corps » car un japonais n’est pas censé savoir qu’il n’y a pas de stricte équivalent en français. Du coup, pour ce genre de mot concret, un débutant pourra quand même si retrouver même s’il aura malheureusement du mal à déchiffrer les phrases d’exemple. On passe au sens français-japonais avec « poids » :

Et là, on voit quand même un des points forts du dictionnaire électronique. Je n’ai mis ici que les trois premiers sens concrets qu’on assigne à poids à savoir celui d’un objet (重さ、重量、目方) , le poids du corps (体重) et enfin notre fameux fundô/omori (分銅、おもり). Vous voyez que le plus rare est à la fin, ce qui est logique. On voit la différence comparé aux mauvais dictionnaires papiers qu’on a vu auparavant !  Pour info, ils donnent en tout 7 sens différents dont le poids/importance (argument), le poids/fardeau, le poids lourd/moyen (sport) et le poids atomique. Et à la fin, vous trouvez toutes les expressions usuelles comme « faire le poids/de tout son poids/ôter un poids… ». Pour ce qui est de l’exhaustivité, on ne fait pas mieux ! 🙂

Conclusion pour les dictionnaires électroniques japonais français

On a donc pu voir deux choses grâce à ce dictionnaire électronique : d’une part, ils ne sont pas vraiment prévu pour les débutants francophones. Donc il faut en être bien conscient avant d’en faire l’acquisition car si vous ne connaissez pas au moins environ 700-1000 kanjis, ça peut être gênant. En particulier pour les mots abstraits qui demandent davantage d’explications. Mais également ceux très culturels comme sensei dont l’usage est évident pour les japonais mais moins pour nous.

D’autre part, si vous maîtrisez bien le japonais, ils sont un outil très précieux. Vu leur exhaustivité, c’est vraiment l’idéal si vous cherchez un mot précis comme « poids moyen » dans le sport ou une expression usuelle. En tout cas le mien m’aide parfois beaucoup lors de l’écriture d’un article !
La prochaine partie va concerner les dictionnaires en ligne qui ont tendance à s’améliorer petit à petit. Regardons ça de plus près !

3) Les dictionnaires en ligne japonais-français et français-japonais

Il ne faut pas se voiler la face : comparer aux dictionnaires anglais-japonais, les dictionnaires en ligne français-japonais prévus pour les francophones font piètre figure. Très souvent, ils sont d’ailleurs directement traduits depuis l’anglais. Cela fait donc japonais –> anglais –> français. Et malheureusement, vu qu’on perd des informations en cours de route ce qui donne un résultat pas toujours fiable.

Ici, je n’aborderai pas le cas des traducteurs automatique comme Google Traduction ou encore Reverso. Même si blague à part, ils ne sont pas beaucoup plus mauvais que certains dictionnaires papier. Je vais donc plutôt m’intéresser aux vrais dictionnaires et notamment à ceux participatifs qui incarnent pour moi l’avenir.

WordReference : un dictionnaire japonais-français « virtuel »

Wordreference est connu pour proposer des dictionnaires en ligne assez fiables avec en plus un forum composé de multitudes de sujets passionnants. Moi même je l’utilise pour ce qui est de la traduction français-anglais ou anglais-français. Cependant pour le japonais, c’est un peu différent. Sur la page d’accueil du dictionnaire, il est en effet précisé :

« Le dictionnaire WordReference Français-Japonais est un « dictionnaire virtuel » qui a été créé en combinant les dictionnaires Anglais=>Français et Anglais=>Japonais. Il sera loin d’être parfait mais nous espérons que vous le trouverez utile malgré ses imperfections. »

Au moins, ils annoncent la couleur ! Cependant, à l’instar d’un bon dictionnaire papier, il a le mérite de classer les traductions par sens. Ainsi, pour le mot « poids » par exemple, on obtient ça :

Je précise que par manque de place, je n’ai pas pu mettre tous les résultats. On remarque donc qu’ils commencent par les sens concrets (à gauche) pour finir sur ceux plus abstraits. Seulement, cela manque malheureusement d’explications et il y a des erreurs à commencer par la première phrase d’exemple en français qui correspond pas à la traduction en japonais (où il est question de chats et non d’objets). On peut également noter qu’il faut avoir un bon niveau de japonais car les phrases sont en kanji.

C’est cela dit moins gênant que pour un dictionnaire en papier comme le Concorde (ou électronique) car vous pouvez avoir recours à l’extension Rikaikun (pour Chrome) ou Rikaichan (pour Firefox). Celles-ci permettent d’afficher les kanas en plus des traductions en anglais. A utiliser avec modération car on devient vite dépendant. Voyez plutôt :

Sympa non ? A noter que pour la version Firefox (Rikaichan), on peut apparemment utiliser un dictionnaire en français. Je vous dirai ce qu’il en est lorsque celle-ci sera compatible avec la dernière version de Firefox (Quantum) que j’utilise actuellement. Bref, quoi qu’il en soit, pour le sens français-japonais, WordReference ne s’en tire finalement pas si mal que ça. C’est toujours mieux qu’un mauvais dictionnaire papier même si moins exhaustif et précis qu’un dictionnaire électronique. Par exemple, le mot fundô n’apparaît pas. Quel dommage ! 😀

Par contre, pour le sens japonais-français, cela semble davantage aléatoire. Pour le mot taijû, on obtient uniquement la traduction « poids » sans plus de précision. Pour sensei par contre, c’est déjà beaucoup complet. Voyez par vous même :

Bon là encore, il faut être assez bon en japonais pour parvenir à lire les explications et notre Rikaikun ne peut pas tout. On voit sinon les points faibles de ce « dictionnaire virtuel » parce que certains termes deviennent faux en français. Par exemple, « pédagogue » ne me semble pas bon ni « employé ». Il faut donc être très prudent et j’aurais ainsi du mal à recommander Wordreference pour le sens japonais-français.

Dictionnaire-japonais.com : une bonne idée mais…

On s’attaque maintenant à un dictionnaire de japonais en ligne très connu puisqu’assez ancien (2005) : dictionnaire-japonais.com. L’idée de base est excellente : fonctionnant sur le principe des sites participatifs, chacun est libre d’ajouter un mot japonais avec sa traduction et des explications. Et le problème est donc principalement là : n’importe qui peut ajouter n’importe quoi. Il y a certes un logo vert pour les « fiches certifiées ». Mais bon, ça ne semble pas signifier grand chose vu qu’on ne sait pas comment ces fiches sont certifiées. Regardons le mot sensei par exemple :

Et oui, c’est très limité. Aucune phrase d’exemple, aucune explication, juste les traductions « professeur, maître ». Je pense que pour faire quelque chose de valable, il aurait fallu créer des règles strictes dés le départ. Par exemple proposer au moins une phrase d’exemple, la possibilité d’organiser la fiche avec plusieurs sens… Il est donc selon moi mal pensé dans sa forme mais également dans son fonctionnement. On ne peut pas en effet modifier directement les fiches mais seulement « signaler une erreur, proposer une amélioration ». Ce qui fait qu’on reste dépendant du bon vouloir de l’auteur/des modérateurs. Ce rapport vertical me gêne un peu et je reviendrai dessus avec le cas Wikipedia.

Pour l’anecdote, taijû a été traduit uniquement par « poids » sans plus d’explications. Et la partie français-japonais est totalement bordélique vu que les traductions n’apparaissent pas dans un ordre logique. Si on tape « poids » par exemple, on tombe en premier sur mekata puis taijûomosa, kinme, kinryô… Ce dictionnaire n’est de toute façon pas prévu pour être utilisé dans ce sens donc on peut lui pardonner cet impair. Enfin, vu que le reste n’est pas très bon non plus, au final… :S

Wiktionnaire : Wikipedia, ça a du bon quand même !

On arrive maintenant à mon coup de cœur qui incarne selon moi l’avenir : le dictionnaire en ligne made in Wikipedia. Appelé simplement Wiktionnaire, il s’agit d’un projet qui est décrit comme uniquement « descriptif » et non « normatif » où chacun peut donc ajouter un mot dans n’importe quelle langue (dont le japonais) avec son étymologie, ses différents sens, des antonymes/synonymes, des phrases d’exemple… Comparé à Dictionnaire-japonais.com, cela apparaît comme beaucoup plus ambitieux.

Comme d’habitude, je vais prendre l’exemple de sensei. Je précise que je n’y suis pour rien dans la création de cette fiche mais que je pense la compléter dans les temps qui viennent (comme plein d’autres) :

Première remarque : on a dit « pas de norme » et il semble que cette consigne n’ait pas été prise en compte lorsqu’on lit la partie « note » ! Ah ah. En plus, celle-ci est de toute façon à nuancer car en primaire, il est fréquent que les instits se désignent eux même par sensei (et pas uniquement avec les élèves). Mais vous voyez sinon qu’il y a une partie étymologie bien distincte du reste, des synonymes et un joli tableau à droite avec les transcriptions et la prononciation en phonétique. Si cela vous chante, vous pouvez même accéder à la page de chaque kanji. Au niveau de la forme, je trouve ça personnellement très bien fait. Mais la fiche ne s’arrête pas là :

Et oui, en plus de la catégorie « nom commun », ce mot a été classé dans les suffixes. Avec toujours la même note au passage qui cette fois-ci est pertinente puisqu’il est bizarre d’utiliser sensei comme suffixe avec un nom propre pour soi-même (comme san ou sama). Il va par contre falloir nuancer encore une fois la traduction puisqu’il s’agit simplement dans de nombreux cas d’une simple marque de respect (vous/monsieur). Je vous encourage donc à apporter les modifications nécessaires et d’indiquer si possible la source (sinon quelqu’un risque de recorriger derrière vous). En cas de désaccord, Wikipedia permet aux contributeurs de débattre et chacun a son mot à dire. On est cette fois-ci dans un rapport horizontal contrairement Dictionnaire-japonais.com. Ce dernier est d’ailleurs cité pour une raison inconnue. 😀

Pour ce qui est du sens français-japonais, c’est un peu moins pratique puisqu’on ne peut pas choisir uniquement français-japonais. En traductions, on propose ainsi toutes les langues possibles et inimaginables. Voici ce que ça donne pour « poids » :

C’est moi qui ai ajouté le japonais jûryô (重量) car techniquement, c’est ce qui semble le mieux correspondre à la force exercée par la pesanteur. Mais bon, on peut aussi considérer que omosa convient tout comme jûryoku (重力) littéralement « force de la masse » que l’on traduit par « pesanteur ». En fait le problème ici, c’est que c’est très compliqué d’écrire une définition minimale correspondant à un seul mot de chaque langue. Souvent, une définition en français correspondra à plusieurs mots japonais et inversement. Rappelons que chaque culture a sa propre vision du monde ce qui se traduit dans les mots employés.

En conclusion pour ce Wiktionnaire, je dirais qu’en l’état actuel, il est encore incomplet car trop récent. Mais au fil des années, il va sûrement s’étoffer pour devenir probablement le meilleur dictionnaire japonais-français en ligne. Tout dépend de nous (contributeurs), l’idéal étant d’indiquer pour chaque mot les définitions traduites directement depuis un dictionnaire japonais-japonais ainsi que des phrases d’exemple. L’étymologie n’est pas toujours nécessaire, notamment pour des mots très concrets comme taijû. J’émets quelques réserves par contre avec le sens français-japonais pour les raisons indiquées au dessus.

Conclusions pour les dictionnaires en ligne de japonais

On a pu voir ici qu’il restait encore du travail pour obtenir un bon dictionnaire japonais en ligne pour francophones. Pour ce qui est de la partie français-japonais, WordReference semble actuellement proposer la meilleure solution si on l’utilise avec une extension comme Rikaikun/Rikaichan. Il contient certes des erreurs mais je trouve que comme base de données, il fait l’affaire même si moins exhaustif qu’un dictionnaire électronique.

Concernant le sens japonais-français maintenant, l’avenir repose selon moi sur les épaules de Wikipedia. Si chacun apporte sa pierre à l’édifice, on peut véritablement obtenir le dictionnaire ultime. J’y crois ! 😀
Pour ce qui est de Dictionnaire-japonais.com, le site me semble trop mal pensé en l’état pour obtenir quelque chose de viable.

4) Le dictionnaire japonais intégré à la Kindle d’Amazon

Si jamais vous êtes un lecteur assidu et que vous avez un peu la flemme de sortir un dictionnaire lorsque vous tombez sur un mot inconnu, il existe une solution simple : utiliser une liseuse avec un dictionnaire intégré. Comme je ne possède que la Kindle d’Amazon, c’est uniquement d’elle dont il sera question ici. Cela va aller assez vite vu qu’il n’existe pour le moment qu’un seul dictionnaire japonais-français pour ce support.

Le dictionnaire japonais-français (payant) de Jean-Christian Imbeault

Alors qu’on peut obtenir un dictionnaire japonais-anglais gratuitement et facilement (il s’installe automatiquement lorsqu’on télécharge un ebook en anglais et en japonais), il faut malheureusement payer pour le français. Le prix demandé étant très faible (3,15€ au moment où j’écris ces lignes), j’ai décidé de me sacrifier pour vous avec ce dictionnaire de Jean-Christian Imbeault. Comme l’auteur l’indique, il y a environ 15000 entrées avec 20 000 exemples de phrases. C’est peu par rapport au dictionnaire papier Assimil et ses 24000 entrées. On va voir comment il s’en sort avec les fameux mots tests et je vais débuter par sensei :

Alors trois choses à noter. La première, c’est qu’il est assez limité vu qu’il ne propose qu’une seule définition comme les mauvais dictionnaires papier qu’on a pu admirer. La seconde, c’est qu’il y a certes des phrases d’exemple mais qui sont d’une en kanjis (super pour les débutants…) et qui sont en plus bien trop complexes. Enfin surtout la première phrase, je vous laisse admirer la longueur ! On peut aussi noter qu’elle est traduite avec le mot « enseignant » qui n’est pas indiqué au début (instituteur; maître; professeur). La troisième chose, c’est qu’il m’a étrangement rappelé un dictionnaire en papier en particulier. Il s’agit du Petit Dictionnaire Japonais-Français de la magnifique librairie You-Feng. On va confirmer cette hypothèse avec le mot taijû :

Bingo, c’est exactement la même traduction au mot près : poids (de son corps). C’est peut être un hasard mais j’ai un peu du mal à y croire. Bref, il faudra demander à l’auteur de s’inspirer d’un autre dictionnaire la prochaine fois… :D.
Quoi qu’il en soit, ce dictionnaire ne vaut même pas son prix de 3€. Mal pensé et trop limité, il peut servir pour dépanner mais c’est tout. A noter que c’est avec ce dictionnaire que je vous avais demandé pour le mot yosoyososhii. En effet, ce dernier n’y est pas référencé, tout comme dans celui de la librairie You-Feng. Hasard hasard… :D.

Conclusion concernant la Kindle

A l’heure actuelle, c’est donc la misère concernant les dictionnaires japonais-français pour la Kindle (et probablement pour toutes les liseuses). Néanmoins, j’aimerais attirer votre attention sur le fait qu’il existe un onglet Wikipédia sur les photos. Quand je vais dessus, ça me met soit un message d’erreur soit ça m’envoie directement sur la Ja.Wikipedia (version japonaise) quand le mot dispose d’une page pour lui tout seul. Néanmoins, peut être qu’il est possible d’effectuer un bidouillage pour arriver directement sur Wiktionnaire. Et là ça commencerait à devenir intéressant, à moins d’avoir une connexion internet évidemment.

Par ailleurs, si vous maîtrisez l’anglais, le dictionnaire japonais-anglais intégré (Shogakukan Progressive Japanese-English Dictionary) est de bien meilleure facture avec beaucoup plus d’entrées et de phrases d’exemples. Le problème étant juste que les explications restent en japonais vu qu’il est prévu pour les japonais. Enfin, si vous maîtrisez bien le japonais (au moins JLPT N2 grosso modo), le dictionnaire japonais-japonais intégré fait parfaitement l’affaire. En tout cas parmi tous les livres que j’ai pu lire en japonais, il m’a été bien utile.

C’est pourquoi je recommande tout de même l’achat d’une Kindle pour ceux qui ont un bon niveau car l’aspect pratique et le confort de lecture sont indéniables. Pour ceux qui la posséderaient déjà, il existe un petit roman pour enfant gratuit et facile à lire qui s’appelle Majo Monogatari (魔女物語). Il est disponible dans la boutique Kindle d’Amazon, sur ce lien.

Conclusion générale

Peut être que vous vous dites actuellement « déjà, et les applications pour Smartphone alors ? ». Je comptais en effet faire une partie pour les Smartphone. Malheureusement, vu qu’il n’y a rien du tout en français à se mettre sous la dent si ce n’est l’application du site dictionnaire-japonais.com, j’ai décidé que ça n’en valait pas la peine. D’ailleurs, même en anglais, je n’ai strictement rien vu de vraiment convaincant à première vu. L’application « Jisho » par exemple semble très limitée. Du coup, si vous avez un smartphone, autant aller sur un dictionnaire en ligne japonais-anglais comme Weblio ou Dictionary.goo en attendant que Wiktionnaire s’améliore.

Ensuite, si vous êtes débutant et pas très à l’aise en anglais, le seul dictionnaire papier que je peux vous recommander actuellement est celui d’Assimil qui semble suffisamment explicite d’après mes tests. Pour les autres, je peux vous certifier que pour le reste, c’est de l’argent jeté par la fenêtre et mieux vaut se tourner vers un dictionnaire gratuit en ligne comme WordReference (pour le sens français-japonais du moins).

Enfin si vous avez un bon niveau de japonais et que vous êtes étudiant, la solution du dictionnaire électronique semble être la plus adaptée. Et si vous êtes un gros lecteur comme moi et que vous privilégiez l’aspect pratique, l’acquisition d’une Kindle est également à envisager. Surtout que je n’en ai pas parlé mais les mots que vous recherchez sont directement enregistrés dans un bloc note appelé « Vocabulaire interactif ». Celui-ci est consultable à tout moment, ce qui est sympa pour ceux qui veulent réviser par la suite.

Voilà, j’espère que ce guide vous aura guidé (:p). Je remercie encore ceux et celles qui ont participé à son élaboration en me fournissant des scans. Il sera mis à jour dés que j’aurais la connaissance d’autres dictionnaires dignes d’intérêt. Je vous donne dors et déjà rendez vous pour un futur dossier sur les lecteurs en japonais où nous verrons que cette fois-ci, il y a du concret sur Smartphone ! 🙂

21 commentaires

  1. bonjour,

    merci pour ce gros travail. En suggestion, il pourrait être intéressant de regarder aussi du côté des dictionnaires sur téléphone mobile (application). Personnellement, je les utilise pas mal.

    • Bonjour,

      J’en parle à la fin dans la conclusion générale. Le problème, c’est que je n’ai rien vu de concret pour ce qui est du français. Ce sont à chaque fois des dictionnaires très simplistes qui proposent des traductions sans explications. Pour l’anglais, je n’ai pas beaucoup regardé vu que je comptais me focaliser sur le français dans ce guide. Mais dites moi ceux que vous utilisez et j’irai jeter un oeil ! 🙂

  2. Merci pour cet article intéressant. Sur smartphone j’utilise l’application « imi » comme dictionnaire anglais – japonais. Avez-vous un avis à son propos ?

  3. Merci pour cet article ! 🙂 Je vais continuer à jongler entre les dico, je crois.

    Par contre, il existe une application « dictionnaire hors-ligne » qui propose du japonais – français 🙂

    • Cette application ne semble pas vraiment au point pour le japonais d’après les commentaires que j’ai pu lire. Mais j’irai quand même jeter un oeil d’ici la semaine prochaine. Merci ! 🙂

  4. Merci pour ce guide très complet ! Ça sera utile.
    Sur smartphone j’utilise Takoboto, il est aussi collaboratif, peut s’utiliser hors ligne et peut être couplé à AnkiDroid (ajout automatique de flashcards). Il y a des phrases d’exemple issues du projet Tatoeba et une recherche de kanji par radicaux. On peut écouter la prononciation générée avec la synthèse vocale de Google directement dans l’appli. Toutes les entrées ne sont pas traduites en français, mais comme pour Wikipédia, ça ne tient qu’à nous… 😉

    • Effectivement, cette fonctionnalité avec Ankidroid semble sympa. Après il y a plusieurs choses qui me dérangent. La première, c’est que ça a pas l’air intuitif pour modifier les fiches en traduisant simplement la version anglaise par exemple. Pour sensei, on a trois sens dont « with names of teachers, etc. as an honorific ». Impossible de proposer une version française en dessous… La seconde, c’est le fait de séparer les phrases d’exemple du reste. Pour moi, c’est mieux qu’elles apparaissent en dessous de chaque sens, comme le font les dictionnaires électroniques. Ca peut sembler être un détail mais voir des phrases d’exemple proposées comme ça en vrac, je trouve ça un peu bordélique. On peut faire mieux quoi…

      J’attends donc de voir un projet vraiment bien pensé dés le départ, là j’ai l’impression que c’est toujours un peu confus. Wikitionnaire me semble bien mieux fait à côté, il faudrait donc une application basée sur ce dictionnaire. Ah bien je viens de voir qu’il existait Wiktionary pour Android. Je jetterai un oeil d’ici la semaine prochaine alors… ^^.

  5. Merci pour cet article. Personnellement j’utilise l’application Yomiwa sur android, et la trouve très utile

    • Ah oui, je me rappelle qu’un ami m’avait montré ça quand j’étais à la Fac. C’est pratique effectivement quand on ne sait pas lire les kanjis mais j’ai du mal à voir ça comme un dictionnaire (même s’il propose une fonction dictionnaire). Dommage que ce soit en anglais aussi…

  6. Stéphane

    Merci pour l’article. Personnellement j’utilise Tenjin sur Android. Qu’en penses-tu ?

    • J’avoue que je suis dubitatif là… J’ai téléchargé la version gratuite et je suis incapable depuis tout à l’heure de faire une simple recherche dans le dictionnaire avec le clavier. J’arrive uniquement à faire une recherche en utilisant l’outil pour tracer les kana/kanjis. Donc déjà je le trouve mal pensé dans son ergonomie (ou alors c’est mon téléphone qui bugue) et puis de toute façon, ça m’a paru totalement fouillis en cherchant « sensei ». Bref, je ne suis pas du tout convaincu là… ^^

  7. Yomiya propose aussi une version en français désormais. Vu les commentaires je crois que vous allez devoir faire un article sur les applis !

    • D’accord. Non je ne ferai pas d’article sur les applis mais je compléterai ce dossier, autant avoir un tout en un.
      Et puis entre nous, aucune appli ne me convient vraiment tant au niveau de son « potentiel » que dans ce qu’elle propose actuellement.
      Mais je trouve tout de même intéressant de vous donner mon avis avec des arguments donc ça mérite d’en faire une partie. Si ce que j’écris peut donner des idées aux futurs développeurs, c’est toujours bon à prendre.

      Enfin pour le moment, seul le Wiktionnaire me paraît vraiment prometteur, dommage que son appli associé (Wiktionary) ne soit pas sans défaut. Bien qu’elle soit parfaitement utilisable, je trouve qu’il y encore des améliorations à faire au niveau de l’affichage (par exemple faire une option pour cacher les termes « modifier » qui apparaissent partout).
      Je vais essayer de faire cette partie dés que je peux, laissez moi un peu de temps avant pour souffler un peu, ah ah. 🙂

  8. Pour ma part j’utilise l’application Jsho (Jisho), qui est anglais-japonais mais qui me semble pas mal…
    Tu as un avis à son sujet ?

    • Je l’ai justement trouvé plutôt mauvais celui là alors qu’il est assez connu. Par exemple en tapant 先生 dans la barre de recherche, on a une première entrée « sensei (せんせい) » en premier puis une seconde senjô (せんじょう) sans préciser que ce dernier est un archaïsme. Pas de phrases d’exemple, des traductions indiquées les unes à la suite des autres sans réel logique… C’est bien pour dépanner et c’est toujours mieux qu’un mauvais dictionnaire papier comme le Petit Fujy mais c’est tout.

      Le sentiment général que j’ai, c’est que la plupart des applications pour smartphone se ressemblent sur le fond avec les mêmes traductions reprises un peu partout. Logique parce qu’elles sont « libres de droit » il me semble. Elles se distinguent uniquement sur la forme avec une qui aura plus de fonctions que l’autre, qui s’utilisera plus facilement…

      Bref, on voit qu’elles ont été crées par des développeurs dans leur coin et non en partenariat avec des linguistes ou des lexicologues. Tout d’abord pour une raison de côut mais aussi de temps. Réaliser un dictionnaire est en effet une tâche faramineuse ! Du coup on compte sur l’aspect communautaire pour que les utilisateurs enrichissent la base de donnée, ce qui donnerait au final un dico intéressant. Le problème, c’est que si l’application est mal pensée dés le départ pour la présentation des entrées, c’est peine perdue…

      Moi je pense vraiment qu’il serait utile voir nécessaire d’indiquer une définition même courte pour chaque sens du mot. Par exemple avec « sensei », je trouve ça plus logique d’indiquer dés le départ pour le sens 1 « personne qui enseigne » et seulement après d’indiquer les traductions possibles. Un dictionnaire se doit d’être le plus clair et explicite possible. Lorsqu’on consulte un dictionnaire français, on a bien des définitions. Pourquoi c’est presque jamais le cas pour les dictionnaires bilingues ? Pour les dictionnaires papier, ça s’explique facilement : contrainte de place, on ne peut pas faire un dico à 5000 pages. Mais pour les applis et dicos en ligne, cette excuse ne marche plus.

      Bref, désolé d’avoir dérivé un peu, j’en reparlerai quand j’écrirai la partie sur les applis smartphone je pense ! 🙂

  9. Deliry Geneviève

    Remerciement..oui il n y a pas un véritable dictionnaire “sérieux” français japonais et japonais français
    sur la tablette j ai le petit royal et le robert..du point de vue du japon.
    je n ai pas regardé l assimil aussi
    je m y interesserai lorsque je me rendrai sur Paris début 2018

    • Après j’avoue que j’ai très peu d’informations sur le Petit Royal par exemple, je ne sais pas s’il a été écrit pour des japonais ou pour des français. Vu que la couverture est en japonais (enfin le bordereau autour), j’ai un doute.

  10. Bonjour, merci pour cet article très complet ! Je ferai quelques remarques sur la partie en ligne et smartphone. Pour le papier et dico électronique, je passerai par le mail, car, c’est trop long ici.
    Donc en ligne, je peux dire pour avoir cherché que Rikaichan ne sera malheureusement pas porté sous Firefox quantum, je donnerai mes sources.
    Concernant les applis smartphone, en français, je signale pour iOS, imiwa ? (pas seulement français)
    Et pour Android, il y a Tenjin (dédié au français !) voire Aedict3 (ce dernier pas 100% français).
    Je vous laisserai nous dire ce que vous en pensez dans votre article spécifique.
    Merci !

  11. Salut Guilhem, comme tu m’as fait une très bonne réponse à mon commentaire sur le mot d’aujourd’hui je voulais te rendre la pareille en te transmettant un site que j’utilise comme dictionnaire en ligne : il est en anglais donc il ne rentre pas dans l’étude que tu as faite ici cependant il est pour moi « valable » et vaut au moins le coup d’oeil. http://www.romajidesu.com/dictionary/.
    A demain !

    • J’en prends compte pour la mise à jour de ce dossier alors !
      Je donne mon avis rapidement : dans sa forme, il est pas mal effectivement. Par contre concernant son contenu, c’est pareil que tous les autres dictionnaires : de l’open source pris à droite à gauche. Donc c’est bien l’open source parce que c’est gratuit mais au final, j’ai surtout l’impression que tout le monde propose la même chose… Hors c’est pas comme ça qu’on améliorera les dictionnaires, juste en croisant les bras et en disant « à vous d’ajouter du contenu, youpi ». Encore faut-il que les gens aient envie d’ajouter du contenu et pour ça, je pense qu’il faut créer des règles pour que ce soit propre et que ça ne parte pas dans tous les sens. Bref, j’en reparlerai dans le dossier avec la partie sur les applications mobile je pense ^^.

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