Zasshi (雑誌) : le magazine au Japon est-il en fin de vie ?

Un magazine, selon le Petit Larousse, c’est une “publication périodique, le plus souvent illustrée”. Cela peut également être audio, on parle par exemple de magazine littéraire. Est ce que le mot japonais zasshi (雑誌) correspond à cette définition ? Comment se porte le marché du magazine actuellement au Japon ?

Définition de zasshi et particularités japonaises

Zasshi s’écrit en japonais 雑誌 où 雑 signifie “divers/en vrac” et 誌 “document (écrit)/publication”. Ce mot date en réalité de la fin du 19ème siècle, période où le magazine a été importé au Japon. C’est donc une traduction directe et on comprend qu’on a affaire à une revue traitant de sujets variés. C’était en tout cas son intention à l’époque.

Aujourd’hui, selon Wikipedia, les zasshi répondent généralement aux critères suivants :

  • elles sont périodiques. C’est à dire qu’elles peuvent être hebdomadaire shûkan (週刊), bi-mensuel kakugetsukan (隔月間) ou encore mensuel gekkan (月刊).
  • elles ont un lectorat ainsi qu’un éditeur fixe
  • elles sont composées de plusieurs articles répondant à une même forme éditoriale
  • elles sont brochées

Jusque là, on ne note pas de réelle différence avec les magazines français. Je pense que ce qui distingue les japonaises est la variété des suppléments qui les accompagnent. On appelle ça les furoku (付録). C’est souvent un sac mais ça peut être un portefeuille, des chaussons, du maquillage… J’en parlerai plus en détail dans un prochain article 🙂

Magazine de mode japonais avec en supplément un sac. Un classique ! 🙂

Les magazines, un déclin même au Japon ?

On va commencer par quelques chiffres car même si tout le monde s’attend à un “oui” à la question posée, c’est important de savoir dans quelles proportions. Je vais m’appuyer sur trois sondages réalisées en 2008, 2011, 2014 et 2016. La question est à chaque fois “combien de magazines lisez vous chaque mois ?”. Il est précisé que cela concerne également la pratique du tachiyomi (“lire debout”, dans un konbini par exemple) ou encore la lecture dans une salle d’attente.

En 2008, ils étaient seulement 23,5% à répondre “aucun” à la question avec même une proportion d’environ 60% à choisir “plus de deux”. En 2011, on passe respectivement à 29,8% et 53,2% puis 39,3%/39% en 2014. On peut donc constater une baisse qui a tendance à s’accélérer au fil des années. En 2016, on passe carrément à 55% de sondés répondant “je n’en lis pas” alors que le format électronique est également pris en compte.

La cause principale semble être la pénétration du net et plus particulièrement celle des smartphones sur l’archipel. Le format papier a de moins en moins de succès. Du coup, vu qu’on vend moins, on réduit les budgets alloués au sujet exploité. Et qui dit réduction de budget dit zasshi moins intéressant et susceptible de contenir des erreurs. S’ensuit une perte de confiance du lectorat et une nouvelle réduction des ventes. Un cercle vicieux en résumé, vers une fin inévitable ?

Sources : wikipedia (généralités), myvoice (sondages de 2008 à 2014), chosa.nifty (sondage de 2016)

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