Tenbai (転売) : la revente, c’est devenu quelque chose de mal ?

Avec la popularisation d'internet, il est devenu très facile de mettre en vente n'importe quelle produit en atteignant une très large cible. Au Japon, ce sont Yahoo Auction et Amazon qui sont les plus populaires et ils attirent chaque mois respectivement 6 et 10 millions d'utilisateurs. Et en japonais, l'action consistant à revendre ce qu'on a acheté auparavant se dit tenbai (転売).
En quoi sa connotation a t-elle évolué avec les nouvelles pratiques qui ont vu le jour récemment ?

Analyse du mot tenbai et évolution de sa connotation

Tenbai s'écrit en japonais 転売 où 転 signifie "rouler/tourner" et 売 "vendre". Ainsi, on comprend que ce mot désigne simplement à l'origine le fait vendre avec l'idée d'un roulement où le produit passe de main en main. Cela concerne à peu près tous les commerces étant donné que l'on revend désormais rarement ce que l'on a produit soit même. Kuruma wo tenbai suru koto ga dekita. (車を転売することができた。) : j'ai pu revendre ma voiture.

Cependant, comme je l'ai évoqué en introduction, on assiste de plus en plus à un nouveau type de tenbai. C'est celui qui consiste à acheter en masse des produits en quantité limitée et de les revendre plus cher que le prix de vente conseillé. L'exemple le plus récent est celui de la Nintendo Classic Super Famicom Mini. Sur Amazon, elle est passée en rupture au bout de deux minutes (j'y étais !) . Puis quelques heures après, une centaine de revendeurs la proposaient au double. Actuellement, ils sont 515 à la vendre à plus de 11000 yen (contre 8618 yen au départ).

Un bel exemple de tenbai en masse sur Amazon.co.jp. :S

C'est pourquoi aujourd'hui le mot tenbai fait souvent référence à ce type de revente plutôt mal vue. Bien sûr, afin distinguer ces vendeurs des autres, on a créé des nouveaux termes argotiques. Le plus populaire est tenbaiyâ (テンバイヤー ou 転売ヤー)  où on peut voir un jeu de mot avec バイヤー (buyer = acheteur) devenant 売ヤー. Il existe également tenbaichû (転売廚) avec le suffixe 厨 signifiant ici "gamin/imbécile". En français, on traduirait probablement ces deux termes par "crevard". 😀

Pour l'anecdote, c'était surtout les revendeurs de tickets de concerts/événements qui étaient nombreux au début. Ils ont ont donc droit à une appellation spécifique ! Ce sont les dafuya (ダフ屋) où dafu n'est rien d'autre que fuda (札 "ticket") en verlan. Et oui, ça existe aussi le verlan en japonais ! 🙂

Sources : ja.wikipedia (généralités), détail.chiebukuro (définition)