Shinbun (新聞) : le journal papier, ça marche encore au Japon

On se retrouve en ce jeudi avec un objet de la vie quotidienne que les japonais ont encore du mal à se passer : le shinbun qui se traduit en français par “journal”. A différencier du journal télévisé qui se dit nyûsu (ニュース) en japonais. Quelle est l’origine de ce mot et quelle est la place du journal papier dans la société japonaise ?

Shinbun : une origine ancienne mais une utilisation récente au Japon

新聞 est composé du kanji de la nouveauté 新 (shin) et du kanji 聞 (bun) qui signifie “écouter, entendre”. Littéralement, on pourrait traduire ce mot par “les dernières nouvelles entendues” (新しく聞いた話 atarashiku kiita hanashi). Il aurait été utilisé la première fois durant la période de la dynastie Tang (618-907) avec le journal de nán chu (une province chinoise de l’époque).

Au Japon, bien qu’on ait relevé des occurrences du mot shinbun dans des lettres remontant à l’époque d’Edo, le premier journal a voir le jour s’intitulait “The Nagasaki Shipping-list and Advertiser” paru en 1861. C’était en fait un journal écrit par des étrangers pour des étrangers, il était donc entièrement en anglais. Le premier journal en japonais arrivera l’année suivante et le premier quotidien (横浜毎日新聞 Yokohama Mainichi Shinbun) en 1870. A l’époque, pour coller au mot anglais “newspaper“, on a utilisé dans un premier temps la traduction shinbunshi (新聞紙, le troisième kanji signifiant “papier”). Cette traduction n’est plus employée aujourd’hui que pour désigner le papier journal.

Pour être capable de bien lire un journal en japonais, il faut en théorie connaître tous les jôyô kanji (2136). Bon courage ! 😀

Le Japon, pays du journal ?

Vu que j’aime les chiffres, en voici un assez ahurissant : au Japon, on produit environ 70 millions de quotidiens chaque matin soit 546 exemplaires pour 1000 habitants ce qui est tout simplement le plus gros volume mondial (données datant de 2011). Par comparaison, on plafonne à seulement 170 quotidiens pour 1000 habitants en France.

Les moyens mis en place dans le domaine journalistique au pays du soleil levant sont également impressionnants, les quotidiens régionaux affichant parfois un nombre de journalistes supérieur aux plus grand journaux nationaux français. Des reporters attendent ainsi patiemment dans différents endroits stratégiques (aéroports, gares…) prêts à dénicher la moindre infos. Celle-ci est donc relatée à une vitesse hallucinante, parfois retransmise à la télé seulement quelques minutes après les faits (atterrissage forcé par exemple).

Dans un pays sujet à des catastrophes naturelles imprévisibles, on aime avertir et être averti rapidement. Et c’est bien compréhensible !

Sources : Ja.wikipedia (histoire et généralités), “chapitre XIX” du livre Les Japonais de Karyn Poupée

3 réponses

  1. Bonjour,
    n’étant pas sur ce site depuis sa création, chaque jour je remonte pour chercher les articles sur les mots poster le même jour les années précédentes. Depuis peu je n’arrive plus à y accéder via le menu c’est déroutant. J’apprécie tes articles qui m’aide dans mon apprentissage autodidacte de la langue et la culture japonaise. Je n’étais pas fan de manga et d’animation mais j’ai découvert et adorée le jeu de go et c’est par son biais que je me suis intéressé au culture asiatique en général et à la culture japonaise en particulier. Je apprécie donc autant les apports linguistique que culturel et je t’en remercie.

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