En français, le mot coiffeur est un terme assez général désignant un “professionnel procédant aux soins esthétiques et hygiéniques de la chevelure ou de la barbe” (Larousse). Que l’on souhaite une simple coupe ou alors permanente, on dit ainsi généralement “allez chez le coiffeur” et le tour est joué. En japonais, c’est un peu plus complexe et on va le voir aujourd’hui avec le mot riyôshi (理容師). C’est parti ! 😀

Analyse du mot riyôshi et caractéristiques du métier

Riyôshi s’écrit en kanjis 理容師 où on retrouve le suffixe 師 permettant de désigner une profession. On l’avait vu par exemple dans kangoshi (看護師 “infirmier”). 理 quant à lui signifie ici “arranger/remettre en ordre” (seiri 整理 : rangement) et 容 renvoie à l’apparence/silhouette (en particulier la figure). Bref, dans son sens littéral, riyôshi désigne un professionnel ayant pour rôle de “remettre en ordre la figure“. C’est du joli ça ! 😀

En fait, c’est un peu plus précis quand même puisque selon les textes de loi, riyô (理容) se réfère à “l’acte de raser, couper ou arranger les cheveux et la barbe“. Ce mot est assez récent (après guerre) et on utilisait avant plutôt rihatsu (理髪) “arranger la chevelure.  Vous pourrez également trouver sanpatsu (散髪 “couper et disperser les cheveux”) surtout dans le Kansai. Et si on est passé au kanji 容, c’est en parti parce que le métier a évolué. On va désormais chez le coiffeur davantage pour se faire beau que pour se débarrasser de cheveux ingrats.

Un riyôshi avec une vidéo Youtube sur le métier : https://www.youtube.com/watch?v=w4H-Xl8DsrQ

Mais là où c’est assez cocasse avec le Japon, c’est que les riyôshi sont en concurrence avec les biyôshi (美容師). Comme le kanji 美 l’indique, le rôle de ces derniers portent davantage sur la beauté esthétique. Donc si vous voulez une permanente avec rouleaux, seul un biyôshi est en principe habilité à le faire. Par contre, si vous souhaitez qu’on vous rase, c’est dans ce cas le riyôshi qui s’en charge. C’est écrit dans les textes de loi et chaque profession nécessite un diplôme spécifique (2 ans) depuis 1957 ! 😀

Bon heureusement, si vous voulez une simple coupe, l’un ou l’autre fera l’affaire. Par ailleurs, depuis 2016, c’est devenu plus simple d’avoir le double diplôme. C’est passé de 4 ans (2+2=) à 3 ans (2+1). C’est déjà ça… :p

Sources  : detail.chiebukuro (à propos des différents termes), nlab.itmedia (sur les deux professions)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.