J’avais dans un premier temps aujourd’hui décidé d’écrire un article sur le mot “beauf” en japonais. Le problème, c’est qu’il n’existe pas vraiment d’équivalent s’en rapprochant de près comme de loin. Du coup, on va plutôt se concentrer sur une caractéristique du beauf : ses blagues pourries. Et là on a bon candidat en version japonaise qui est oyaji gyagu (オヤジギャグ). Après une petite analyse du mot, vous aurez droit à quelques exemples bien sentis… 😀

Analyse du mot oyaji gyagu et quelques exemples

Oyaji gyagu s’écrit habituellement en katakana オヤジギャグ et il y a une raison pour ça. Oyaji désigne en effet dans son sens premier le père/paternel et s’écrit dans ce cas en kanji 親父 où 親= parent et 父 = père. Toutefois, ce mot a évolué avec le temps pour aussi désigner “le monsieur qui a a un certain âge“. En gros, cela commence à 35-40 ans. Cela a certes un côté affectueux surtout si on rajoute le suffixe san.  Mais parfois, cela peut être interprété comme une insulte, un peu comme le français “le vieux pépère”. Et à l’écrit, les katakana rendent bien cet aspect vulgaire/insultant. On a par exemple l’expression oyaji kusai (オヤジ臭い) signifiant “qui fait vieux”.

Voici un stéréotype très parlant du oyaji avec sa bière.

Ainsi, oyaji gyagu désigne des gags peu recherchés et redondants qu’affectionnent particulièrement l’homme japonais moyen qui a la quarantaine. Ce sont la plupart du temps des jeux de mots qui ont l’avantage d’être compréhensibles par tous. Et comme pour nos fameuses blagues beauf, on les comprend certes mais on ne rit pas. Sauf si on est beauf bien sûr ! 😀
Voici donc sans plus attendre quelques exemples trouvés sur Wikipedia :

  • KonbanWAKIGE (こんばん脇毛). Jeu de mots entre konbanwa (bonsoir) et wakige (poils sous les aisselles). Très fin !
  • ArigaTÔGARASHI (ありがとうがらし). Encore un jeu de mots similaire entre arigatô (merci) et le tôgarashi (piment).
  • SumimaSENPÛKI (すみま扇風機). Même logique, mélange entre sumimasen (pardon) et senpûki (ventilateur).
  • Arumikan no ue ni aru mikan (アルミ缶の上にあるみかん). Cette fois-ci, c’est légèrement plus recherché avec la répétition arumikanTraduction : la clémentine qui se trouve sur la boite d’aluminium.

Voilà, n’hésitez pas continuellement d’oyaji gyagu avec les japonais, surtout ceux qui n’ont rien demandé ! 😀

Sources : Ja.Wikipedia (généralités et exemples), facebook.com (illustration)

Guilhem Walter

Rédacteur du site kotoba.fr, je vis au Japon depuis juillet 2012 et je m’intéresse de près à la langue japonaise et la culture dont elle fait partie.