Nikkei (日系) : c’est effectivement originaire du Japon, mais…

Le Japon s’est ouvert une bonne fois pour toute en 1868 avec le début de l’ère Meiji et une des conséquences de cela fut l’émigration progressive de japonais vers l’extérieur. C’est avant tout depuis la première moitié du xxe siècle qu’elle s’est accélérée avec deux points de chutes principaux qui sont le Brésil et les USA. C’est dans ce contexte qu’est né par la suite le mot 日系 (nikkei) pour désigner ces populations. Que peut-on en dire ?

Analyse du mot nikkei et traitement réservé aux nikkeijin

Un petit point sur les kanjis de 日系 au préalable : 日 fait ici directement référence au Japon (日本 nihon) tandis que 系 placé en suffixe peut avoir le sens de “système” (太陽系 = système solaire) mais c’est celui de “origine” qu’il faut retenir. Par exemple, un américain d’origine espagnol se dit スペイン系アメリカ人 (supein-kei amerikajin). Ainsi, littéralement, nikkei signifie “d’origine japonaise” ou encore “originaire du Japon“. Au début, il ne désignait que les émigrés japonais et leurs descendants. Ceux-ci sont classés par génération, 一世 (issei) est la première, 二世 (nisei) la seconde et ainsi de suite.

De nos jours, le terme nikkei s’est élargi pour aussi désigner les entreprises étrangères avec un capital japonais. 日系資本の会社 (nikkei shihon no kaisha) : compagnie à capitaux japonais. C’est pourquoi lorsqu’on veut désigner les populations émigrées sans ambiguïté, on emploie plutôt 日系人 (nikkeijin “personne originaire du Japon”). Les dictionnaires japonais donnent la définition “personne qui possède une nationalité étrangère ou un permis de séjour longue durée tout en ayant du sang japonais“. Vous voyez que c’est très large car en gros, si vous avez la nationalité japonais et que vous quittez le Japon durant une très longue durée, vous devenez un nikkeijin.

Par ailleurs, selon la définition du gouvernement japonais, si vous avez une nationalité étrangère, il faut que vous puissiez prouver que vous avez du sang japonais jusqu’à la troisième génération (arrière grand-parent japonais donc) pour faire partie du club des nikkeijin. Sinon, vous descendez au grade inférieur, celui des 外国人 (gaikokujin “étranger”). J’utilise volontairement le mot “grade” par provocation mais il faut savoir que dans les années 1980, les nikkeijin (surtout du Brésil) furent encouragés à revenir au pays (manque de main d’oeuvre) avec comme base ces critères.
Puis au final, vu que ça ne s’est pas passé comme prévu (incompréhensions culturelles, discriminations…) et que la crise de 2008 a pointé le bout de son nez, le gouvernement japonais a décidé en 2009 d’offrir 300 000 yens (2400 euros environ) à ceux qui étaient sans emploi pour qu’ils quittent le Japon.

Bref, c’est un sujet très vaste et je vous encourage à lire l’article Wikipedia en anglais qui est le plus complet si vous voulez en savoir davantage. Celui en français est moins touffu mais il donne un mot intéressant que j’aimerais traiter sur le blog le mois prochain : 出稼ぎ (dekasegi). Rendez-vous est pris ! 🙂

Autre source : Kotobank (dictionnaires japonais)