Kotatsu (炬燵) : le concept de la table-chauffage

Dans le livre Ni d’Ève Ni D’Adam, Amélie Nothomb prétend avoir dormi sous un kotatsu (炬燵) dans un refuge au sommet du mont Fuji. La classe ! Il ne sera pas question ici de dire si cette histoire est vrai ou non mais de s’interroger sur ce système de chauffage bien japonais.

Le kotatsu, définition et histoire

Kotatsu s’écrit le plus souvent avec les kanji 炬燵 mais on peut trouver aussi 火燵. Dans tous les cas, on retrouve le kanji 燵 tatsu qui a été inventé au Japon (on appelle ça un kokuji) et ne vient donc pas de Chine. Tout ça pour dire que ce concept de table basse avec un système de chauffage en son centre est bien japonais.

Les premières traces de kotatsu remonteraient au 15ème siècle. A l’époque, on utilisait un irori (囲炉裏), c’est à dire un foyer creusé dans le sol situé au centre de la pièce. On y faisait principalement la cuisine mais cela servait aussi pour se chauffer. C’est de là que le horigotatsu (掘り炬燵 hori signifiant “creusé”) serait né. On a en effet commencé à utiliser du charbon afin de limiter la puissance du feu et placé une table munie d’une couverture. Et voilà, le tour est joué !

Depuis, il n’y a pas eu de grande évolution si ce n’est le passage au électrique au cours du 20ème siècle. Plus de trou dans le plancher désormais, le système de chauffage est directement collée à la table. Notre okota (おこた terme familier utilisé surtout par les femmes) est désormais portatif et plus pratique.

Voici un type de kotatsu traditionnel à gauche et un électrique à droite. Pas la même classe ! :p

Et aujourd’hui, on utilise toujours le kotatsu au Japon ?

Avec l’arrivée des systèmes d’air conditionné, on a commencé a délaisser petit à petit le kotatsu. Mais pas totalement, rassurez vous ! Un récent sondage réalisé en 2016 indique qu’environ 35% des jeunes japonais de 20-29 ans continuent à l’utiliser en hiver. Et si on prend les foyers où il y a plus de 2 personnes, ce chiffre passe à 51%. Car oui, l’un des avantages de ce système de chauffage, c’est que c’est convivial. Manger un nabe (pot au feu japonais) les pieds réchauffés, ça n’a pas de prix !

Une bonne bière, un nabe, un kotatsu… <3

On peut y voir également un autre côté positif, comme les économies en énergie. Vu la faible surface réchauffée, cela coûte forcément moins cher qu’un système de chauffage central. Néanmoins, il existe quelques inconvénients à prendre en compte, j’ai listé les principaux cités par les japonais :

  • une fois qu’on s’y installe, difficile d’y sortir. Il peut arriver qu’on s’endorme (comme notre chère Nothomb) ce qui occasionne des courbatures ou encore des rhumes au réveil.
  • cela prend de la place au milieu de la place, pas évident quand on a pas beaucoup d’espace
  • le ménage devient plus pénible
  • la couverture autour du kotatsu est pas simple à nettoyer
  • les pets restent emprisonnés, ce qui fait que quand on bouge la couverture… :S

Bon j’avoue, le dernier point était une invention de ma part. C’était nul, désolé. 😀

Sources : suumo (enquête réalisée en 2016), ja.wikipedia (généralités)

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