Le japonais dans tous les sens

Kone (コネ) : il est rentré par piston lui, tu le connais ?

Ce matin, vous avez eu droit à une blagounette directement dans le titre. Et oui, comme kone (コネ) a une prononciation similaire avec le verbe connaître conjugué au présent de l’indicatif, c’était bien trop tentant. Cela dit, on peut y voir quelques similitudes car si je ne m’abuse, faire marcher le piston se fait à l’aide d’une connaissance. Comment est-ce vu au Japon ?

Emploi du mot kone et image qu’il renvoie

Kone s’écrit en katakana コネ qui est la contraction de l’anglais connection. Son apparition est plutôt récente et remonterait vers le milieu des années 1950. Pour info, le mot anglais connection peut dans certains contextes être synonyme de contact/relation. Par exemple, dans le cas où quelqu’un se fait embaucher through his family’s connectionsc’est à dire “grâce à un contact qu’il a dans sa famille”. C’est principalement ce sens qui a été repris quand le mot a été importé au Japon, ce qui familièrement donne “piston“.

Héhéhé… tu connais la procédure ! 😀

Et un piston, c’est selon le Larousse la “recommandation plus ou moins occulte que l’on accord à quelqu’un pour lui faire obtenir une place/avantage“. C’est donc une pratique plutôt mal vue étant donné qu’elle a lieu en principe de manière cachée. Sur ce point, il n’existe pas de réelle différence au Japon. Kone de nyûsha suru (コネで入社する) = rentrer (dans une entreprise) par piston. Selon un sondage réalisé auprès de japonais en 2014 (500 participants), 20% des interrogés affirment connaitre un collègue pistonné. Ce n’est donc pas rare au Japon, enfin un point commun avec la France ! Cette tradition a même un nom, le kone nyûsha (コネ入社 littéralement “fait de rentrer par piston“).

Inutile de dire qu’on ne s’en vante pas en général et qu’on a recours à d’autres termes plus nobles pour noyer le poisson. Par exemple suisen (推薦 “recommandation“) ou bien jinmyaku (人脈 “relations“). Pour ce dernier, on pense plutôt aux liens que se créent deux personnes entre elles dans un but de coopération/entraide. Ainsi, la proposition jinmyaku/kone ga aru (人脈/コネ がある) peut se traduire par “avoir des relations” mais cela apparaît davantage comme opportuniste avec kone.

Sources : news.mynavi (sondage), naniga-chigauno (différences kone/jinmyaku)

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