Kanningu (カンニング) : la tricherie qui fait appel à la ruse

L’école jusqu’à un certain âge (16 ans en France) possède une caractéristique commune dans la plupart des pays : on n’y va pas par choix mais par obligation. C’est pourquoi il est compliqué pour beaucoup d’entre nous de porter un intérêt pour toutes les matières imposées. Et lorsqu’on n’est pas vraiment motivé, il peut être tentant d’avoir recours à la tricherie.
On va donc voir ce qu’il en est au Japon à ce sujet avec le mot kanningu (カンニング). C’est parti !

Étymologie du mot kanningu et petit sondage au Japon

Kanningu s’écrit en katakana カンニング et vient directement de l’anglais cunning. Enfin… il faudrait plutôt dire “inspiré de l’anglais cunning“. Car ce mot n’a jamais signifié “tricherie” dans la langue de Shakespeare. Lorsqu’il est employé comme un nom, on le traduit en effet par “astuce/ingéniosité/ruse” en français. Alors oui, la ruse est effectivement une qualité nécessaire pour la tricherie. Mais on peut s’en servir pour bien d’autres choses, c’est pourquoi on considère que kanningu est un wasei-eigo (和製英語). C’est à dire qu’on a importé un mot anglais pour finalement l’employer dans un sens sensiblement différent et particulier au Japon.

J’insiste sur le “sensiblement” car dans l’absolu, tous les mots importés de l’anglais en katakana ont une signification/connotation légèrement différente en japonais. On avait vu par exemple jûsu (ジュース) qui pouvait désigner les boissons gazeuses. Il ne rentre cependant pas dans la catégorie des wasei-eigo. Alors que kanningu s’emploie lui exclusivement pour la triche dans le milieu scolaire. Kanningu suru (カンニングする) : tricher (à un examen). Difficile de savoir qui est le premier locuteur de ce mot au Japon mais la première trace que l’on a date d’une revue 1902. Il a été utilisé en tant que traduction de katsushudan (猾手段) “moyens de ruse”.

Image tirée du site http://www.irasutoya.com

D’ailleurs, ils trichent comment les japonais alors ? Et bien comme chez nous, il semble que l’usage de copions appelés kanningu pêpâ (カンニングペーパー ou カペン en abrégé)  soit populaire. On pourrait penser que le système scolaire japonais basé sur le par cœur favorise la triche. Selon un sondage réalisé sur internet en 2014 (1500 participants, 20-70 ans), 25,8% des interrogés avouent en effet avoir triché au moins une fois. Cependant, il ne faut pas sous estimer l’inventivité des japonais concernant les moyens mnémotechniques. J’en parlerai une prochaine fois ! 😀

Sources : sirabee.com (sondage de 2014), ja.wikipedia (généralités)

2 réponses

  1. おはよう!
    Il y a une petite coquille dans le premier paragraphe à “compliqué” 🙂
    J’en profite pour te remercier pour tous ces articles intéressants, le principe de l’appli est vraiment chouette! Merci pour ton travail!
    Vivement l’article sur les moyens mnémotechniques des japonais, c’est un sujet inspirant pour aider à apprendre les kanjis!

    1. Bonjour 🙂

      Merci d’avoir relevé cette coquille, j’oublie tout le temps de relire le paragraphe d’introduction, ça m’apprendra ! 😀
      Pour les moyens mnémotechniques, il va falloir que je refasse quelques recherches. De mémoire, il me semble que c’était ceux sur les dates qui m’avaient impressionnés mais j’imagine qu’ils en ont pour à peu près tout. J’espère en parler le mois prochain ! 🙂

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