Kangoshi (看護師) : infirmier(ère), un métier d’avenir au Japon ?

C’est une profession qui est sous le feu des projecteurs aujourd’hui, le métier d’infirmier kangoshi. Ceux qui ont des vieux manuels de japonais sont peut être tombés sur sa variante kangofu. Celle-ci est désormais archaïque et nous allons voir dans un premier temps pourquoi pour ensuite nous intéresser au métier au Japon.

Analyse et histoire du mot kangoshi

看護師 est composé du kanji 看 qui signifie “veiller sur”, du kanji 護 signifiant “protection” et du kanji du professeur 師. Ce dernier caractère a été rajouté très récemment, en 2002 (suite à une loi de 2001). A l’origine, on utilisait kangoshi (看護士 avec le kanji 士 désignant un maître) uniquement pour les hommes, les femmes s’appelaient kangofu (看護婦 avec le kanji 婦 de l’épouse).

Pourquoi ce changement ? Et bien tout simplement parce que cette différenciation était jugée sexiste et n’avait pas lieu d’être. Le métier est en effet identique quelque soit le sexe et les hommes et les femmes sont censés avoir le même statut. A noter qu’en France, on peut observer qu’il se passe le processus inverse avec la féminisation de certains noms de profession. On a vu ainsi apparaître  “la professeure” ou encore “l’auteure” qui font d’ailleurs toujours débat.

A ce niveau là, le japonais est beaucoup moins souple car si on veut différencier le genre, on est obligé d’avoir recours à un kanji différent. Il n’existe pas en effet de marqueur pour le féminin. Le problème est que lorsqu’on emploie un kanji différent, l’image perçue est également impactée. Et entre 士 “maître/professionnel” et 婦 “épouse qui prend soin de tout le monde”, il y a tout un monde !

Des infirmières après une naissance au Japon

Kangoshi aujourd’hui et demain au Japon

On constate chez les pays industrialisés et particulièrement pour le Japon un vieillissement de la population rôreika (老齢化) où on a actuellement 26% de la population qui a plus de 65 ans, chiffre qui devrait passer à 33% en 2040. En conséquence, on a de plus en plus besoin de mains d’oeuvre dans les hôpitaux et maisons de retraite notamment en kangoshi.

Alors oui, l’introduction des robots devrait devenir une réalité mais cela sera limité dans un premier temps aux tâches les plus difficiles et éprouvante. Une présence humaine paraît toujours indispensable, notamment pour rassurer les patients. Malheureusement, il est très difficile pour un étranger de devenir kangoshi au Japon malgré une pénurie évidente dans le secteur, la connaissance de plus de 6000 kanjis la plupart liés au vocabulaire médicale étant un obstacle pratiquement insurmontable.

On dénombre seulement 2000 personnes venant de l’est de l’Asie en tout et pour tout ayant été reçue au concours. En plus de ça, une bonne partie serait rentrée au pays. Une solution autre que les robots est-elle envisageable ?

Sources : ja.wikipedia, nagoya.qa